Medeo, la révolution des objets connectés de santé est en marche

Par Mathieu

Le 29 janvier 2016, Alptis et l’Université Lyon 3 dévoilaient les nouveaux visages des jeunes entrepreneurs faisant partie de la saison 2 de l’incubateur « le 25 ». Parmi eux, Medeo Santé. Entretien avec un de ses fondateurs, Rémi-Jean Berger, qui ambitionne de révolutionner la santé de demain.

Comment votre projet a-t-il émergé ?

A l’occasion de la fin de nos études à l’Ecole Centrale de Lyon et l’EM Lyon, Yacine [NDLR : l’autre cofondateur de Medeo] et moi avons choisi de travailler sur l’innovation en santé. Nous avons alors débuté une importante veille, réalisé des stages en milieu hospitalier et nous avons fait un constat. Aujourd’hui, alors que tout le monde peut se procurer facilement des dispositifs médicaux connectés, les professionnels de santé ne peuvent pas consulter les données de leurs patients pour mieux les suivre et, par effet de bord, diminuer les dépenses de santé ?
Nous sommes donc allés voir ce qu’il se passait du côté des soignants, accompagnés par notre autre associé, Jean Marie Bournazel, un médecin généraliste. Nous avons constaté que les systèmes d’informations utilisés dans le monde médical n’étaient pas conçus pour une exploitation des données de ces nouveaux dispositifs de santé. Nous avons donc créé Medeo avec l’objectif de construire une interface novatrice entre les objets connectés et les logiciels des médecins.

Medeo, la révolution des objets connectés de santé est en marche

 

 

L’équipe de Medeo Santé

Le réseau est essentiel dans votre projet depuis le début. Que vous apporte le 25, cet espace de coworking ?

Nous avons vraiment besoin de ce lien avec d’autres start-up, en évoluant dans un écosytème pluridisciplinaire. Nous rencontrons beaucoup de problématiques communes, l’échange se crée autour des diverses expériences, c’est là toute la richesse des incubateurs. Nous sommes aussi incubés à l’ECAM [NDLR : école d’ingénieurs] qui nous accompagne sur le côté technique. Au 25, nous venons chercher des connaissances en marketing, en management ou en droit, c’est très complémentaire. En fait, nous naviguons d’un incubateur à l’autre pour aller capter les compétences là où elles se trouvent. Et puis, nous continuons à développer notre réseau en poursuivant nos démarches avec les médecins, les établissements, les facultés… Cette démarche de coworking, c’est vraiment l’ADN de Medeo.

Pour finir, la santé de demain est-elle vraiment à portée de main ? Comment l’envisagez-vous ?

Santé personnalisée, ubérisation de la médecine, big data en santé… Il y a un mouvement d’ampleur qui est en cours… et ça va très vite. On s’aperçoit que l’univers de la santé est en pleine ébullition, qu’il y a toute une communauté qui s’est fédérée et s’investit autour de ces enjeux liés à la santé de demain. Nous nous en inspirons et nous travaillons dans cette dynamique.
Et pourtant, études cliniques, études de résultats, autorisations de mise sur le marché… de longues années seront encore nécessaires pour voir émerger les objets connectés dans nos parcours de santé. C’est un secteur très règlementé et contraint, mais il y a tellement de choses à faire ! Pour une start-up comme nous, ce n’est pas forcément le meilleur domaine pour se lancer, mais c’est un défi qu’on veut relever, parce que la santé connectée est en marche et que cette « révolution » va passer nécessairement par les médecins et les patients.