Prototypo, des polices qui ont du caractère

Par Mathieu

Rendre la création typographique la plus accessible possible : c’est l’objectif de Prototypo, une jeune start-up hébergée au sein du 25, l’incubateur Alptis. Yannick Mathey, Louis-Rémi Babé, Jean-Baptiste Levée et quatre autres collaborateurs constituent l’équipe de Prototypo, qui fête son premier anniversaire. A quelques semaines de leur départ du 25, nous les avons rencontrés.

Créer sa propre typographie, quelle drôle d’idée !

Prototypo est un outil en ligne de création de typographies uniques. En fait, il s’adresse en priorité aux professionnels de la communication, graphistes ou agences. Avec Prototypo, on peut créer toute une typographie à partir du design d’une seule lettre. D’un seul clic, ce design se décline automatiquement sur toutes les autres lettres ainsi que les caractères spéciaux. Prototypo permet à un créatif de se différencier des standards typographiques proposés sur le marché, tout en gagnant du temps dans son travail.

prototypo gif

Comment vous êtes-vous dit que vendre un outil de création de polices de caractères ou des typographies pouvait être un business ?

C’est bien sûr un marché de niche qui concerne finalement assez peu d’acteurs… mais il existe ! Aujourd’hui, nos principaux marchés se situent en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord. Nous envisageons un jour d’aller sur d’autres marchés, notamment en Asie, mais certains alphabets sont aujourd’hui encore trop complexes pour notre solution (chinois, japonais…).

Prototypo, ce n’est pas que des lettres, c’est aussi une rencontre ?

Prototypo, c’est au départ un projet de diplôme quand j’étais aux Arts Déco de Strasbourg en 2010. A l’époque, j’avais mis en ligne une vidéo qui présentait l’outil. Puis, quand j’ai commencé à travailler, j’ai laissé le projet de côté par manque de temps. En 2013, Louis-Rémi, aujourd’hui mon associé, a pris contact avec moi après avoir visionné la vidéo postée trois ans plus tôt. Quelques rencontres et beaucoup de litres de café après, nous avons décidé de travailler ensemble sur Prototypo. Au départ, c’était tous les jeudis, pendant deux à trois heures après le travail, puis au bout de six mois, nous avons franchi le pas et décidé de nous consacrer au projet à temps plein.

prototypo équipe

L’équipe de Prototypo : de g. à d. Alexis Launay, Louis-Rémi Babé, François Poizat, Julien Barret, Yannick Mathey et Yann Guillet.

Du statut de salarié à celui de créateur d’entreprise, qu’est-ce qui vous a fait franchir le pas ?

Avec Louis-Rémi, nous avons lancé en 2014 une campagne de crowdfunding. Un franc succès puisque nous avons récolté 45.000 euros en seulement cinq semaines ! C’est ce qui a propulsé le projet Prototypo. Nous nous sommes dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire, ça nous a galvanisés ! Ça nous a aussi permis de voir que des personnes étaient intéressées par la solution, d’avoir des fonds suffisants pour nous y consacrer à temps plein pendant un an et de commencer à capter de l’audience un peu partout dans le monde. A partir de là, nous avons dû monter une boîte et commencer à vendre l’application. Nous avons fait des prêts bancaires, obtenu des subventions, gagnés des concours pour recruter. Aujourd’hui, nous sommes six chez Prototypo.

Un mentor ou un modèle ?

Peut-être Erik Spiekermann [NDLR : typographe allemand], le « pape » de la typographie. C’est à la fois un mentor côté création typographique et côté business, quelqu’un qui a transformé sa passion en une entreprise devenue une référence dans le domaine. Aujourd’hui, il est respecté et écouté dans le monde de la typographie. Il nous a soutenus au début de notre campagne de crowdfunding. Son soutien à ce moment-là a été un sacré coup de pouce !

Dans quelques semaines, vous allez quitter le 25, qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Avant d’intégrer le 25, nous travaillions chez moi. Avoir de vrais bureaux, ça nous a symboliquement permis de nous sentir travailler dans une vraie entreprise… Le 25, ce sont des moments d’échanges avec les autres start-up de l’incubateur, des temps de respiration qui nous permettent de nous sortir de notre projet. Ici, c’est avant tout un cadre de travail très confortable. Notre challenge est aujourd’hui de pérenniser Prototypo, de trouver comment faire en sorte que nos clients aient envie de passer de la version gratuite de la solution à la version payante. Par ailleurs, Louis-Rémi et moi continuons à contacter et à rencontrer des investisseurs, afin de poursuivre le développement de notre entreprise.


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par Yves et Jacqueline le 10/11/2016 à 11:47

Bonne continuation avec beaucoup de chance dans vos créations. Bises au groupe . Yves et Jacqueline M.