Chasser les perturbateurs endocriniens et pesticides de sa maison

Par Alicia

Parmi les produits qui ont un effet sur la santé, les perturbateurs endocriniens font l’actualité depuis quelques années. Qu’ils soient chimiques ou naturels pour certains, leur capacité de modifier le fonctionnement normal des hormones a été démontrée, même à petite dose. Où les retrouve-t-on ? Quels sont les risques ? Comment lutter contre les perturbateurs endocriniens ?

Les perturbateurs endocriniens, toujours plus présents

Les hormones, qui régulent la faim, la libido, la puberté, la température corporelle ou encore la croissance se retrouvent chamboulées par les perturbateurs endocriniens, dont la majorité sont le fruit des activités humaines.

Et en particulier, les produits chimiques en comportent beaucoup, et leur production destinée à un usage industriel, agricole, ou personnel, n’a cessé d’augmenter au cours des 100 dernières années, comme le rappelle Barbara Demeneix, biologiste et professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, auteur du Cerveau endommagé, comment la pollution altère notre intelligence et notre santé mentale. On estime que depuis les années 50, 1 000 nouvelles substances chimiques ont été introduites chaque année, bien que quantité d’experts ait tiré la sonnette d’alarme, et malgré la réglementation sur les substances chimiques, apparemment stricte, dont elles sont censées faire l’objet.

Perturbateurs endocriniens où les trouve-t-on ? PCB, phtalates, bisphénol A, pesticides… Malgré leur nom compliqué, les perturbateurs endocriniens sont présents dans des produits qu’on utilise tous les jours et qui peuvent se montrer particulièrement résistants. On peut en toucher, en avaler et en respirer car les produits organiques sont employés à grand échelle : lubrifiants, fluides de refroidissement, retardateurs de flamme, condensateurs et transformateurs, plastiques…

Perturbateurs endocriniens et santé : quels risques encourt-on ?

Les perturbations hormonales provoquées par les perturbateurs endocriniens sont associés à un plus grand risque de cancers du sein, des testicules, des ovaires ou de la prostate, de stérilités, de pubertés précoces, mais aussi de diabète, d’obésité, de baisse de QI et de maladies neuro-développementales telles les maladies du spectre autistique ou la déficience d’attention et l’hyperactivité. Car pour toutes ces maladies liées aux perturbateurs endocriniens, le système endocrinien peut avoir un rôle majeur.

Les perturbateurs endocriniens peuvent avoir des effets délétères, même à faible dose. « En plus de la liste des produits chimiques à effet perturbateur, il faut aussi considérer les effets potentiels d’une exposition combinée à plusieurs produits chimiques », appelé « cocktail toxique », comme le rappelle le titre de l’ouvrage de Barbara Demeneix, effet qu’elle nomme aussi « soupe chimique ».

Les personnes les plus à risque sont les plus jeunes selon la biologiste : les jeunes enfants en plein développement, les nourrissons qui mettent tout à la bouche et captent toutes les poussières de la maison, mais surtout les fœtus car l’exposition maternelle a le plus fort impact sur l’organisme en devenir. C’est pourquoi les femmes enceintes sont aussi particulièrement concernées par cette question. Ceci étant, nous sommes tous exposés, à la ville comme à la campagne et ceci à tout âge.

Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ?

Comment se débarrasser des perturbateurs endocriniens ? Heureusement, bien que la production chimique ne cesse d’augmenter, on peut essayer d’agir à notre échelle pour limiter l’envahissement de ces substances dans notre quotidien, puisque le choix de notre style de vie peut de réduire notre exposition à certaines catégories d’entre elles qui perturbent notre système endocrinien.

« Cependant, d’après Barbara Demeneix, pour aller plus loin, une législation efficace doit être mise en place afin de protéger ceux qui sont les plus défavorisés. » 

Chasser les perturbateurs endocriniens et pesticides

Bien aérer : éliminer les perturbateurs endocriniens de sa maison

Perturbateurs endocriniens dans les produits d’entretien :
  • Éviter les produits d’entretien avec agents antibactériens 
  • Choisir des produits écologiques et biodégradables 
Meuble non toxique et textile neuf :
  • Acheter un matelas pur laine
  • Laver ses vêtements neufs avant de les porter
Animaux, plantes et jardin :
  • Réduire l’emploi de papiers tue-mouche, poudre anti-puces, shampoings pour chiens et chats et produits de jardin
  • Ne pas utiliser ces produits à proximité des enfants
Revêtements / sols :
  • Éviter les revêtements de sol en PVC
  • Éviter la moquette (surtout dans les chambres d’enfant)
Appareils électroménagers :
  • Veiller à éteindre tout appareil électronique la nuit, surtout s’il se trouve dans la chambre

Perturbateurs endocriniens alimentation : bien manger 

L’alimentation bio pour lutter contre les perturbateurs endocriniens :
  • Préférer les produits issus de l’agriculture biologique, fruits et légumes notamment, afin de réduire l’exposition aux pesticides
Plastiques et perturbateurs endocriniens : matériaux de cuisine et de conservation :
  • Limiter les aliments sous emballages plastiques et abandonner les plats préemballés micro-ondables
  • Préparer un maximum ses propres plats
  • Ne pas boire de boissons chaudes dans des tasses avec revêtement plastique. Utiliser des biberons en verre pour bébé
  • Limiter sa consommation de soda en canette et de conserves (maïs, poisson, soupe)
  • Éviter de cuisiner dans des poêles non adhésives : utiliser de l’acier inoxydable

Perturbateurs endocriniens chez les poissons :
Particulièrement pour les femmes enceintes ou qui allaitent, car les gros poissons sont très chargés en métaux lourds :

  • Limiter à 1 fois par semaine sa consommation de thon et de saumon
  • Ôter la peau de ces poissons avant de les manger
  • Choisir des petits poissons (car ils sont moins concentrés en substances nocives et tout aussi riches en iode)
  • Prendre des compléments minéraux et vitaminiques
  • Utiliser du sel iodé dans ses plats (ajouté après la cuisson) et à table
Eau en bouteille et perturbateurs endocriniens :
  • Boire de l’eau conditionnée en bouteille de verre recyclable
  • Opter pour le filtrage de l’eau à l’aide de systèmes installés à son robinet
  • Tirer l’eau du robinet à boire la veille au soir afin de laisser le chlore s’évaporer. En revanche les nitrates ne s’évaporent pas, il faut éviter de bouillir de l’eau deux fois.
Le lait pour bébé et les perturbateurs :
  • Ne donner du lait de soja qu’en cas de nécessité absolue
  • L’allaitement est recommandé car le lait maternel contient moins de phtalates et de bisphénols A que la plupart des laits maternisés.

Produits de beauté : les cosmétiques sans produits toxiques

  • Limiter les cosmétiques « inutiles » (parfum, vernis à ongles) 
  • Lecture d’étiquette sur les produits essentiels (comme le dentifrice) : veiller à limiter ceux qui comportent phtalates, triclosan et parabènes
  • Remplacer ses produits classiques par des produits naturels : savon doux de Marseille, huile d’argan
  • Limiter l’application de crème solaire : mettre des vêtements couvrants
  • Enceinte, remplacer les crèmes anti-vergetures par de l’huile d’amande bio