Protéger l’écosystème de l’assurance

Par Pascal G

Être utile à soi-même tout en étant utile aux autres, rendre un service en échange d’un autre, se retrouver au sein de communautés d’intérêts mais aussi de valeurs : notre époque numérique connaît l’émergence de nouvelles pratiques basées sur la mutualisation de services, de biens, de données. Bien des initiatives innovantes, où se mêlent échange et partage, reposent aujourd’hui sur le fondement d’une confiance réciproque et font le pari d’une solidarité active.

 Or, cette logique de mutualisation, à la source même du métier de l’assurance, est aujourd’hui souvent remise en cause. Le consomm’acteur achète éthique, solidaire, responsable, équitable… mais, dans le même temps, il voudrait également s’assurer en fonction de ses seuls intérêts du moment, moduler les primes qu’il verse en fonction des remboursements qu’il perçoit, en revendiquant pour lui, quand ça l’arrange, une exception à la règle commune qui assure une redistribution équitable pour tous.

Jean-Paul Babey DG AlptisL’écosystème de l’assurance aurait tôt fait de succomber à un tel changement de perspective. Le rôle des pouvoirs publics est donc d’établir le cadre sécurisant d’une redistribution durable dont l’assureur est le garant. La règle de solvabilité est l’unique responsabilité de l’État qui ne doit pas, par un trop plein règlementaire, induire le parasitage de la relation de l’assuré à son assureur. Il s’agit d’éviter, dans le même sens, toute mesure susceptible de déséquilibrer un ensemble dont la viabilité tient à la cohérence. Le réglage fin d’un programme d’assurance suppose toujours, en effet,  la recherche du juste étiage entre contribution raisonnable et service rendu.

N’ignorons pas le risque qu’il y aurait à rendre l’assurance toujours plus chère pour un nombre toujours plus restreint de contributeurs ! Elle ne procède pas tant d’une logique strictement consumériste que d’un engagement partagé. Contracter une assurance, c’est beaucoup plus qu’acheter un simple produit : c’est d’abord et surtout entrer dans une communauté liée par des intérêts solidaires.

Pour ces raisons, il est essentiel de s’engager sur une priorité simple : l’écosystème de l’assurance doit être protégé de toute dérive consumériste ou mercantile.

Jean-Paul Babey
DG Alptis