Vieillir avec un cerveau en bonne santé, la clé de la longévité

Notre cerveau vieillit, comme nos autres organes. Et comme un muscle, il perd de ses qualités et diminue lorsqu’il est moins utilisé. Cette évolution normale ne nous empêchera jamais de parler, nous souvenir, réfléchir… En revanche, certaines maladies neurocognitives comme la maladie d’Alzheimer peuvent détruire une partie des fonctions du cerveau.

Le vieillissement du cerveau sain VS un cerveau malade 

L’atrophie cérébrale (diminution du volume du cerveau) est inscrite dans le vieillissement cérébral normal. La perte est d’environ 2 % par décennie mais sans rapport avec la perte de fonctions intellectuelles. Nous perdons tous 10 % du poids de notre cerveau entre 50 et 100 ans.

Il faut différencier :

  • les troubles de la mémoire légers liés à l’âge, au stress, à la fatigue, à un choc ou à une anesthésie générale,
  • et la maladie d’Alzheimer, qui provoque des troubles du langage, des comportements répétitifs ou encore des troubles de la reconnaissance de soi. Si les maladies neurodégénératives et leurs troubles cognitifs touchent essentiellement les plus de 65 ans, elles ne constituent pas le vieillissement normal de la mémoire.

Cerveau malade : qu’est-ce qu’une maladie neurodégénérative ?

C’est une pathologie progressive qui affecte les cellules nerveuses du cerveau, voire le système nerveux plus globalement, et qui entraîne des pertes cognitives, motrices ou perceptives. Son origine est multifactorielle.

Parmi les maladies du cerveau qui affectent les personnes âgées, on peut citer les plus connues : la maladie d’Alzheimeret les maladies apparentées (MAMA), dont la maladie à corps de Lewy (MCL), et la maladie de Parkinson.

Quelle prévention contre les maladies neurodégénératives ?

Une étude de 2014 a estimé que plus de 30 % des cas d’Alzheimer en Europe pourraient être évités en réduisant les facteurs de risque suivants : diabète, obésité/sédentarité, cholestérol, dépression, tabagisme, hypertension artérielle et bas niveau d’éducation. Cela vaut pour les maladies dégénératives en général.

Les solutions médicales pour prévenir la maladie d’Alzheimer : s’assurer un suivi des risques vasculaires, d’hypercholestérolémie, se faire aider pour arrêter de fumer… Par exemple, une personne suivie pour hypertension artérielle réduit de 40 % ses risques de déclin cognitif.

 Il faut également lutter contre l’isolement social. Souvent aggravé par l’isolement sensoriel (troubles de la vue ou de l’ouïe), il augmente les risques de déclin cognitif.

Comment compenser un cerveau malade ?

Tous les malades ne sont pas égaux devant les maladies neurodégénératives. Ceux qui ont le plus utilisé leur cerveau, qui se sont cassé la tête (aussi bien sur un problème de mathématique que sur la culture d’un champ) ont constitué des ressources précieuses. Elles sont surdimensionnées pour les activités banales mais se révèlent utiles quand le cerveau fonctionne moins bien.

Cette réserve sert à pallier les détériorations cognitives qui apparaissent avec la vieillesse, mais aussi les prémices des maladies dégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Quelqu’un qui prend l’habitude de mémoriser les noms des rues, par exemple, pourra se débrouiller seul longtemps, même avec des difficultés d’orientation.

Chacun a le pouvoir de stimuler son cerveau afin d’augmenter sa réserve cognitive, même après l’adolescence, car elle sera marquée par l’activité cérébrale qu’on aura pratiquée tout au long de sa vie !

Vieillir avec un cerveau en bonne santé

L’importance de la prévention de la maladie d’Alzheimer

Maï Panchal est docteure en sciences de l’université Paris 6 et directrice scientifique de la fondation Vaincre Alzheimer, qui a publié le guide de prévention Prévenir la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées. Elle a répondu aux questions d’Alptis en matière de recherches sur la maladie d’Alzheimer.

Alptis : Où en est-on dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer ?

Maï Panchal : On sait que la maladie d’Alzheimer se développe silencieusement presque 20 ans avant l’apparition des premiers symptômes. On sait que 30 % des cas seraient liés à une synergie de facteurs de risques modifiables. Par exemple, une mauvaise qualité de sommeil peut contribuer à l’accumulation des plaques amyloïdes (une lésion spécifique de la maladie d’Alzheimer) dans le cerveau. À l’inverse, travailler sa réserve cognitive retarde ce mécanisme.

Alptis : À quoi sert cette « réserve cognitive » ?

M.P. : Un haut niveau d’éducation et beaucoup de responsabilités à gérer au cours de sa vie nourrissent la réserve cognitive. On y puise pour compenser l’effet des lésions cérébrales, ce qui retarde l’apparition des symptômes. Ainsi le président Jacques Chirac a pallié longtemps la maladie d’Alzheimer. Cette réserve cognitive se développe surtout jusqu’à 25 ans, mais on peut la développer tout au long de sa vie surtout grâce aux interactions sociales, plus efficaces que les activités solitaires comme les mots croisés ou la lecture. L’idéal, c’est d’aller au théâtre, au cinéma, avec des amis et surtout d’en discuter après en défendant son avis !

Alptis : Quels sont les traitements en cours ?

M.P. : Plus de 100 molécules sont en cours d’essai clinique. Nous n’avons pas encore de médicament curatif, mais la prise en charge médicale progresse. Une étude épidémiologique finlandaise multidomaine a démontré que les participants ayant suivi un programme alimentation, activité cognitive et activité physique voyaient leurs fonctions exécutives et leur traitement de l’information améliorés de 25 %. La prévention de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées est un succès. Depuis 2010, le nombre de nouveaux cas de maladie d’Alzheimer diminue grâce à une meilleure prise en charge des facteurs de risque, notamment les facteurs de risques cardiovasculaires.

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