« Des risques mesurables pour les populations, très peu pour les individus »

Par Pascal

Coeur et facteurs de risque cardiaque : 2 questions au Dr Pierre Meneton, chercheur à l’INSERM, Paris. Il est l’auteur de Le Sel, un tueur caché, aux Éditions Favre, 2009 (16 €).

Une grand-mère morte d’une crise cardiaque, un frère opéré du cœur à 45 ans : faut-il s’inquiéter ?

Dr Pierre Meneton : Oui, dans le deuxième cas. Même s’ils sont rares, les accidents cardio-vasculaires précoces témoignent souvent de l’existence d’une pathologie qui est causée par un petit nombre de gènes ayant des effets marqués peu sensibles aux facteurs environnementaux et qui se transmet donc avec une forte héritabilité. Non dans le premier cas, qui est le plus fréquent. Les accidents cardio-vasculaires et les facteurs de risque associés (hypertension, dyslipidémie, diabète, obésité, etc.) qui surviennent à un âge avancé ont un déterminisme génétique très différent. Aucun gène n’a un effet marqué, mais une multitude de gènes ont des effets très faibles. À tel point que les études qui cherchent systématiquement les gènes associés à ces pathologies en trouvent péniblement quelques dizaines même dans des populations de plusieurs centaines de milliers de personnes. Et ces quelques dizaines de gènes expliquent à peine plus de 10 % des différences entre les individus pour la pression artérielle, la glycémie, les lipides plasmatiques ou le poids. Ce sont donc des centaines, voire des milliers de gènes qui déterminent ces niveaux et le risque d’accident cardio-vasculaire. Le corollaire est que l’héritabilité de ces pathologies tardives est très faible et que leur apparition dépend plutôt de l’exposition aux facteurs environnementaux.

Les facteurs de risques dans l’environnement sont-ils, eux, plus prédictifs ?

Dr Pierre Meneton : Il est bien établi que le tabagisme, une alimentation déséquilibrée, le manque d’exercice ou le stress augmentent le risque de maladies cardio-vasculaires. Au niveau de la population, réduire la prévalence de ces facteurs de risque permettrait à coup sûr de diminuer le nombre de malades et de morts prématurés. En revanche, au niveau de l’individu, prédire si un accident cardio-vasculaire va survenir à un âge avancé selon l’exposition à ces facteurs de risque est beaucoup plus difficile à cause de la très grande marge d’incertitude liée à la susceptibilité génétique très variable d’un individu à un autre.

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