Crise d’épilepsie : reconnaître les signes et adopter les bons réflexes

L’épilepsie touche près de 700 000 Français et chaque année, 4 000 enfants vivent une première crise. Souvent impressionnantes, les crises d’épilepsie peuvent laisser l’entourage démuni. Comment réagir ? Faut-il placer la personne en position latérale de sécurité ou, au contraire, éviter toute manipulation ? Quel doit être mon premier réflexe en tant que témoin (indice : une montre sera la bienvenue) ? Savoir aider, c’est rassurant. Voici les bons gestes à retenir afin d’apporter votre aide si vous êtes témoin d’une crise d’épilepsie.

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Modifié le 13 février 2026

Comprendre ce qu’est une crise d’épilepsie

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique liée à une activité électrique inhabituelle du cerveau. Elle se manifeste par des crises dont la forme, l’intensité et la durée varient fortement selon les personnes. Contrairement aux idées reçues, toutes les crises ne sont pas convulsives ni spectaculaires : certaines sont brèves, discrètes et passent parfois inaperçues.

Une crise d’épilepsie est un épisode bref provoqué par une décharge électrique excessive dans le cerveau, dont les manifestations dépendent de la zone cérébrale concernée.

Dans les crises focales (ou partielles), l’activité anormale débute dans une zone précise du cerveau. Elles peuvent se traduire par des secousses localisées d’un bras ou d’une jambe, des sensations inhabituelles (fourmillements, odeurs ou goûts étranges), des troubles du langage, des impressions de déjà-vu ou des émotions soudaines. La conscience peut être conservée ou altérée, avec parfois des gestes automatiques et une amnésie de l’épisode.

Les crises généralisées impliquent d’emblée les deux hémisphères cérébraux. Certaines prennent la forme de crises tonicocloniques, avec perte de connaissance et mouvements convulsifs. D’autres sont plus discrètes, comme les absences, fréquentes chez l’enfant, qui se manifestent par une interruption brève de l’activité avec un regard fixe. Il existe aussi des myoclonies, faites de secousses musculaires rapides, souvent en pleine conscience.

Il est important de distinguer une crise isolée d’une maladie épileptique. Une crise unique peut survenir dans des contextes précis (fièvre élevée, traumatisme, déséquilibre métabolique) sans qu’il y ait épilepsie. On parle de maladie épileptique lorsque les crises sont répétées et non provoquées, nécessitant alors un suivi médical spécifique.

Au quotidien, l’impact de l’épilepsie dépend du type et de la fréquence des crises. Avec un suivi médical adapté et une bonne information, la majorité des personnes concernées mènent une vie active et équilibrée.

Réagir face à une crise d’épilepsie

Les gestes de premiers secours à adopter

Chez certaines personnes, les crises peuvent être précédées de signes annonciateurs, appelés aura, comparables à ceux observés lors de certaines migraines. Il peut s’agir de sensations inhabituelles, de troubles visuels, d’odeurs étranges ou d’un malaise difficile à décrire. Reconnaître ces signaux permet parfois de se mettre en sécurité avant la survenue de la crise.

Face à une crise d’épilepsie, le plus important est de rester calme et d’agir de manière simple et efficace. Commencez par sécuriser l’environnement : écartez les objets dangereux, desserrez les vêtements au niveau du cou et assurez-vous que la personne ne risque pas de se blesser.

Pendant la crise, protégez la personne sans la contraindre. Laissez les mouvements se produire naturellement, sans chercher à les bloquer. Pensez également à surveiller la durée des convulsions, en regardant l’heure : cette information sera précieuse si un avis médical est nécessaire.

Lorsque les convulsions cessent, placez la personne en position latérale de sécurité. Cela permet de maintenir les voies respiratoires dégagées et de limiter le risque d’inhalation de salive ou de vomissements. Restez à ses côtés jusqu’au retour progressif à l’état de conscience.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Certains gestes sont à éviter absolument. Ne mettez rien dans la bouche : la personne ne risque pas d’avaler sa langue. Ne retenez pas les mouvements, au risque de provoquer des blessures. Enfin, ne donnez ni à boire ni à manger tant que la personne n’est pas pleinement consciente.

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Quand appeler les secours ?

Un avis médical urgent est nécessaire dans certaines situations :

  • Première crise connue,
  • Crise durant plus de cinq minutes,
  • Crises rapprochées,
  • Absence de reprise de conscience ou confusion prolongée au-delà d’une heure,
  • Si la crise survient dans l’eau,
  • En cas de blessure, de vomissements, de grossesse, de diabète, ou de maux de tête inhabituels et très intenses après la crise.
    Certaines crises atypiques peuvent se prolonger et ne pas céder spontanément. Elles nécessitent alors l’administration d’antiépileptiques puissants. Ces situations relèvent d’une urgence vitale et justifient un appel immédiat aux secours.

Surveiller après la crise et la prise en charge

La phase post-critique

Après une crise d’épilepsie, une phase dite post-critique est fréquente. La personne peut ressentir une très forte fatigue, parfois associée à de forts maux de tête, une désorientation, des difficultés à parler ou à se repérer dans le temps et l’espace. Cette période de récupération est normale et peut durer de quelques minutes à plusieurs dizaines de minutes, parfois plus longtemps selon le type de crise.

Il est important de rester auprès de la personne, sans la presser. Parler calmement, expliquer ce qui s’est passé et la rassurer contribue à apaiser l’anxiété souvent ressentie au réveil. Tant que la vigilance n’est pas complètement revenue, il est préférable d’éviter les déplacements et toute activité nécessitant de la concentration.

Suivi médical et prévention

La prise en charge de l’épilepsie repose sur un diagnostic précis et un traitement adapté. Le respect rigoureux du traitement est fondamental : l’oubli de prise peut favoriser la survenue de nouvelles crises. D’autres facteurs, comme le manque de sommeil, le stress intense, la consommation d’alcool ou certaines situations de fatigue, peuvent également jouer un rôle déclencheur.

Enfin, la formation aux gestes de premiers secours, notamment en milieu professionnel, contribue à une meilleure prévention et à un environnement plus serein et inclusif pour les personnes concernées.

Savoir reconnaître une crise, adopter les bons gestes et éviter les réflexes inadaptés permet de sécuriser la situation et de mieux accompagner la personne concernée. Au-delà de l’urgence, la prévention joue un rôle essentiel : suivi médical régulier, repérage des facteurs déclenchants, hygiène de vie adaptée et sensibilisation de l’entourage.

Les ateliers santé durable s’inscrivent pleinement dans cette démarche : ils offrent un cadre concret pour apprendre, s’entraîner aux gestes de premiers secours et renforcer une culture de la prévention au quotidien, au travail comme dans la vie personnelle.