Praticien libéral ou salarié, que choisir ?

Au moment de l’obtention de votre diplôme, il vous sera demandé de choisir le statut sous lequel vous souhaitez exercer votre métier de professionnel de santé. En libéral ou salarié, chaque option présente ses propres avantages et inconvénients qu’il est indispensable de connaître avant de prendre votre décision. Découvrez ici tout ce qu’il y a à savoir sur les deux options qui s’offrent à vous, pour un choix adapté à vos besoins. A noter tout de même que ce choix n’est pas définitif et qu’il vous sera tout à fait possible de changer de statut au cours de votre carrière.

9 min. de lecture |

Modifié le 27 février 2026

Praticien libéral ou salarié, que choisir ?

Libéral ou salarié : deux statuts distincts

En ce qui concerne la rémunération, un praticien en libéral est rémunéré à l’acte, contrairement au salarié qui percevra un salaire mensuel. En tant que praticien libéral, il vous sera demandé de choisir le type d’honoraires que vous souhaitez appliquer, entre les trois secteurs suivants :

  • Le secteur 1 : vos tarifs correspondent à ceux fixés dans la convention médicale et ces tarifs servent de base au remboursement de la sécurité sociale.
  • Le secteur 2 : la sécurité sociale propose une prise en charge basée sur la convention médicale, mais vous décidez du coût de la consultation.
  • Le secteur 3 (ou non conventionné) : vous pouvez fixer librement vos tarifs mais, vos patients seront remboursés sur la base d’un tarif dit d’autorité par l’Assurance Maladie (de 0,43 euro à 0,61 euro pour une consultation de médecine générale, de 0,85 euro à 1,22 euro pour une consultation chez un spécialiste selon la ville de votre cabinet)

Le lieu de travail

En règle générale, un professionnel de santé salarié travaille dans un établissement de santé privé ou public. Il peut s’agir d’un centre hospitalier, comme d’une maison de santé, d’un EHPAD, ou encore d’une clinique.

À l’inverse, un praticien en libéral exerce dans son propre cabinet ou partagé avec d’autres praticiens exerçant sous le même statut. Il est toutefois possible pour un libéral d’exercer dans une clinique privée tout en conservant son statut.

La particularité du praticien hospitalier

Suite au Décret n°2022-134 du 5 février 2022, le praticien hospitalier, soit un professionnel de santé pratiquant en salarié dans un tel cadre, doit “consacrer la totalité de son activité professionnelle à l’établissement de santé et aux établissements, services et organismes liés à celui-ci par convention, sous réserve des dispositions de l’article R. 6152-24”.

Aussi, concernant la gestion du temps de travail, le salarié en milieu hospitalier connaît une réglementation stricte. En effet, l’article R. 6152-26-1 stipule que “Lorsque le praticien souhaite modifier sa quotité de temps de travail, il en fait la demande deux mois à l’avance au directeur de l’établissement et au président de la commission médicale d’établissement, qui se prononcent sur cette demande, après avis du chef de pôle et du chef de service ou, à défaut, du responsable de la structure interne. Cette demande ne peut intervenir qu’une fois par an.”

Les avantages et inconvénients de chaque statut

Le choix du statut repose sur différents paramètres que sont : les contraintes administratives, la gestion du planning, le type de rémunération, etc. Nous vous citons ici les principales distinctions entre les deux modes de fonctionnement.

Nous l’avons évoqué, si vous pratiquez en libéral, vous serez payé à l’heure, tandis qu’un salarié est rémunéré mensuellement. Vous pourrez bénéficier d’honoraires intéressants, suivant le type de secteur sélectionné. D’autre part, un tel statut offre une certaine liberté dans la gestion du planning. Il est possible d’ajuster vos horaires en fonction de la rémunération souhaitée pour une plus grande souplesse dans votre temps de travail.

Néanmoins, en tant que professionnel libéral, vous serez soumis à de nombreuses démarches administratives, ainsi qu’à différentes charges telles que la location d’un local, l’achat de matériel ou encore la souscription aux diverses assurances, ce qui n’est pas le cas d’un praticien salarié, qui exerce dans un espace public et avec un contrat qui comprend plusieurs couvertures.

En fonction de vos préférences et exigences, il est ainsi pertinent de peser le pour et le contre des deux statuts, afin de déterminer le fonctionnement qui vous correspondra le mieux.

Praticiens et auxiliaires médicaux : fonctionnement du régime social

Il est également pertinent de se questionner quant au régime social des professionnels de santé. Là encore, une distinction s’impose entre les libéraux et les salariés.

Nous l’avons évoqué précédemment, lorsque vous souhaitez exercer sous le statut de libéral, vous vous exposez à différentes démarches administratives. C’est notamment le cas quand vous créez votre activité. Dans le cas où vous pratiquez les tarifs conventionnés par l’assurance maladie (secteur 1 ou secteur 2), vous relèverez du statut des PamC (Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés) si vous êtes infirmier, sage-femme, masseur-kinésithérapeute, chirurgien-dentiste, médecin généraliste, ou encore directeur de laboratoire d’analyses médicales. Notez que vous devrez, en parallèle, réaliser une demande d’ouverture de droits à l’assurance maladie, ainsi qu’une demande d’admission à l’assurance volontaire individuelle accidents du travail et maladies professionnelles. Enfin, pour les praticiens qui exercent en libéral, il convient de payer des cotisations sociales à l’Urssaf. Réalisés directement en ligne, lesdits versements peuvent être effectués de façon mensuelle ou trimestrielle. Le montant des cotisations dépend de vos revenus professionnels et varie donc d’un praticien à un autre. Nous précisons que lors de vos premières années de pratique, un calcul automatique est fait sur une base forfaitaire. En 2023, celle-ci s’élevait à 8 358 euros.