Les réformes impactant la Société d’Exercice Libérale (SEL)

Le statut juridique de la Société d’Exercice Libérale (SEL) a fait l’objet de plusieurs réformes, visant à davantage de lisibilité et d’attractivité pour les professionnels pratiquant une activité réglementée. Décryptage de ces réformes avec Alptis.

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Modifié le 23 décembre 2025

Les réformes impactant la Société d’Exercice Libérale (SEL)

Mieux comprendre la SEL

Les SEL ont été créés par la loi du 31/12/1990, envisageant l’exercice sous forme de sociétés d’exercice libéral des professions libérales soumises à statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé.

Cette forme juridique permet aux professions libérales d’exercer leur activité sous forme de société de capitaux. Il existe 4 types de SEL :

  • SELARL : Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée.
  • SELAS : Société d’Exercice Libéral par Actions Simplifiée.
  • SELAFA : Société d’Exercice Libéral à forme anonyme.
  • SELCA : Société d’Exercice Libéral en Commandite par Actions.

En tant que dirigeant de SEL et en fonction de la forme de société d’exercice libéral que vous aurez choisie, votre régime de protection sociale est différent.

Sont assimilés salariés et relèvent du régime de la Sécurité Sociale :

  • Les gérants non majoritaires des SELARL,
  • Les présidents et directeurs généraux des SELAFA et SELAS

Relèvent du régime des travailleurs non-salariés (TNS) :

  • Les gérants majoritaires de SELARL
  • Les dirigeants de SELARL unipersonnelle
  • Les dirigeants de SELCA

La réforme portant sur l’exercice en SEL des professions libérales réglementées

Concentrons-nous à présent sur la réforme de la société d’exercice libéral, qui entrera en vigueur le 1er septembre 2024. L’objectif de cette réforme est de simplifier les règles régissant les professions libérales réglementées, afin de rendre ce statut plus attractif.

Les origines de cette réforme

Par voie d’ordonnance du 8 février 2023, le gouvernement a permis de créer un nouveau socle plus clair pour l’exercice des professions libérales.

La nouvelle réforme a été décidée afin de rendre la gestion des SEL plus souple. Au fil des années, des textes successifs sont venus réglementer ce statut, le rendant complexe et peu attractif pour les professionnels libéraux.

Les principales mesures de la réforme et les impacts sur le statut de SEL

La réforme apporte plus de clarté à la définition des professions libérales réglementées, pour les définir comme « celles qui groupent les personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et sous leur responsabilité, une activité ayant pour objet d’assurer, dans l’intérêt du client, du patient et du public, des prestations mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées ».

Elle met en place trois grandes familles de professions :

  • Les professions de santé
  • Les professions juridiques ou judiciaires (il peut s’agir d’avocats, de mandataires judiciaires, de commissaires de justices, de notaires, etc.)
  • Les professions techniques et de cadre de vie. Cette famille de professions réunit les autres professions libérales réglementées.

Cette réforme prévoit également l’impossibilité pour certains professionnels du droit de continuer d’exercer leur activité dans le cadre d’une société de droit commun. Avant la réforme, ils avaient la possibilité d’exercer en SARL ou en SAS. À compter du 1er septembre 2024, ils seront dans l’obligation d’exercer leur activité en SEL. Pour les sociétés commerciales de droit commun déjà existantes, elles devront se soumettre aux dispositions de cette ordonnance, peu importe leur appellation et ce d’ici le 1er septembre 2025.

La réforme portant sur le statut fiscal de l’associé des SEL

L’administration fiscale a précisé qu’à compter du 1er janvier 2024, les rémunérations perçues au titre de l’exercice de leur activité libérale des associés de SEL sont imposées dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC).

Bon à savoir : le lien de subordination

Cette obligation d’imposition dans la catégorie des BNC ne concerne pas les sociétés dans lesquelles il existe un lien de subordination entre l’associé et la SEL. Les rémunérations sont alors imposées au titre des traitements et salaires.

Ces règles s’appliquent aussi lorsque ces mêmes rémunérations, tirées de l’exercice de leur activité libérale, peuvent être distinguées de celles qu’ils perçoivent au titre de leurs fonctions de gérance (exemple gérants majoritaires de SELARL ou associés gérants de SELCA). À défaut, les rémunérations tirées de l’exercice de leur activité libérale dans la SEL sont, comme celles perçues au titre de leurs fonctions de gérance, imposées dans les conditions prévues à l’article 62 du Code général des impôts.

Les professionnels en libéral exerçant une activité dans le domaine juridique ou judiciaire seront contraints d’exercer sous forme de SEL dès septembre 2024. Ils sont pleinement concernés par cette réforme. Cette situation présente des avantages et des inconvénients.

Les avantages :

  • Des cotisations sociales plus faibles par rapport au régime général.
  • Un abattement de 34% en micro BNC.
  • La possibilité de bénéficier de la déductibilité des versements avec la loi Madelin.
  • Un plan d’épargne retraite (PER) plus avantageux.

Les inconvénients :

  • Plus de déclarations.
  • Des prestations retraite et des indemnités journalières moins élevées.
  • Nécessité d’adapter les contrats de prévoyance et de retraite facultatifs au statut de SEL.

Pour limiter ces inconvénients, Alptis vous propose des contrats de prévoyance adaptés à votre profil. Contactez, dès à présent, l’un de nos conseillers pour faire le point sur votre besoin et votre statut. Nous saurons vous proposer des offres pour vous prémunir en cas de coup dur et préserver votre avenir financier.