Accident du travail : que faut-il faire ?

Plus de 560 000 accidents du travail ont été déclarés à l’Assurance Maladie en 2022. Allant de la simple entorse aux blessures graves, ces événements doivent être déclarés immédiatement à votre employeur. Comment entamer les démarches ? À quelle prise en charge avez-vous droit en cas de soins ou arrêt maladie ? Le point complet.

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Modifié le 20 janvier 2025

Accident du travail : que faut-il faire ?

Qu’est-ce qu’un accident du travail ?

Un accident du travail se distingue d’un accident classique par deux éléments clés :

  • Vous devez être victime d’un fait soudain et imprévu dans le cadre de votre activité professionnelle. Cet événement se différencie ainsi d’une maladie professionnelle, se développant de manière progressive.
  • L’accident du travail doit nécessairement vous avoir causé un dommage physique ou psychologique. Ce préjudice peut être d’une gravité variable, allant d’une blessure légère à une incapacité permanente. Les troubles psychologiques peuvent également être considérés comme des accidents du travail, à la condition d’être directement liés à cet événement.

Pour être qualifiable d’accident du travail, l’événement doit avoir eu lieu pendant le temps de travail, au moment où vous êtes sous la subordination de votre employeur. Cela inclut les temps de pause, les déplacements professionnels ou même les missions effectuées à domicile pour le compte de l’entreprise.

Vous devez, par ailleurs, être en mesure de dater précisément l’accident du travail. Cela permet d’établir un lien clair entre l’événement et les lésions corporelles ou psychologiques subies.

Accident dans les locaux : une présomption d’origine professionnelle

L’accident est survenu dans l’entreprise, même pendant un temps de pause ? La présomption d’origine professionnelle joue en votre faveur. L’incident sera considéré d’origine professionnelle jusqu’à preuve du contraire. Cette présomption facilite vos démarches administratives et vous permet d’obtenir une prise en charge rapide de vos soins.

Quelles démarches si vous êtes victime d’un accident du travail ?

Sauf urgence médicale, votre premier réflexe après un accident du travail doit être d’informer votre employeur. Vous pouvez procéder à cette notification par n’importe quel moyen : mail, téléphone, SMS, ou même de vive voix si vous en avez la possibilité. Dans tous les cas, veillez à respecter cette formalité au plus tard dans les 24 heures suivant l’accident.

Ce délai strict ne s’applique pas en cas de force majeure, d’impossibilité absolue ou de motif légitime. Par exemple, si vous êtes hospitalisé suite à l’accident, vous ne pourrez pas informer votre employeur dans les délais impartis. Dans ce cas, vous avez la possibilité de le faire par lettre recommandée.

Une fois informé, votre employeur a l’obligation de déclarer l’accident du travail à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ou à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) dans les 48 heures suivant l’accident (hors dimanche et jours fériés). S’il néglige cette formalité, vous avez la possibilité de le faire. Vous disposez d’un délai de deux ans à compter du jour de l’accident.

Votre employeur doit enfin vous remettre une feuille d’accident. Ce justificatif vous permettra de bénéficier de la prise en charge des frais médicaux en tiers payant. Vous devrez la présenter systématiquement à l’hôpital, à la pharmacie ou chez tout autre professionnel de santé.

Quelle prise en charge en cas d’accident du travail ?

L’accident du travail a été déclaré à votre caisse d’assurance maladie ? L’ensemble des soins liés est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale, sur la base des tarifs en vigueur. Cela concerne à la fois :

  • Les soins de ville : consultations médicales, radiographies, examens de laboratoire…
  • L’hospitalisation : vous n’aurez pas à régler le forfait journalier.
  • Les transports sanitaires s’ils sont justifiés d’un point de vue médical. Pour les trajets importants ou fréquents, une entente préalable avec votre caisse d’assurance maladie est nécessaire.

Certaines prothèses dentaires et certains produits d’appareillage font l’objet d’une prise en charge à 150 % du tarif de la Sécurité sociale. Cela concerne notamment les fauteuils roulants, le petit appareillage orthopédique, les générateurs d’aérosol, les appareils électroniques correcteurs de surdité. Ces dépenses, néanmoins, doivent être médicalement justifiées, liées à votre traitement, reconnues par l’Assurance Maladie.

Si votre accident du travail vous contraint à un arrêt de travail sur décision médicale, vous pouvez également percevoir des indemnités journalières pour compenser votre perte de salaire. Le montant de ces indemnités varie en fonction de la durée de l’arrêt :

  • Pendant les 28 premiers jours : l’indemnité journalière correspond à 60 % de votre salaire journalier de base. Elle est plafonnée à 232,03 € au 1er janvier 2024.
  • À partir du 29ème jour : l’indemnité journalière est revalorisée à 80 % de votre salaire journalier de base, avec un plafond fixé à 309,37 € au 1er janvier 2024.
  • Au-delà de trois mois d’arrêt : votre indemnité journalière peut être revalorisée en cas d’augmentation générale des salaires survenue après votre accident.

D’autres aides financières sont disponibles en fonction de votre situation personnelle et de la gravité de votre accident du travail. N’hésitez pas à contacter votre organisme de Sécurité sociale ou un représentant syndical de votre entreprise pour en savoir plus.