Qu’est-ce la loi de financement de la Sécu (lfss) ?

L’objectif de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) est de maîtriser l’équilibre financier des dépenses sociales et de santé. D’après la loi constitutionnelle du 22 février 1996, elle prévoit les objectifs de dépenses selon les prévisions des recettes. Ce texte complète l’article 34 de la Constitution. Plusieurs acteurs politiques se coordonnent pour préparer cette loi et l’adopter tous les ans. Mais quelles en sont les conditions ?

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Modifié le 26 mai 2025

Qu’est-ce la loi de financement de la Sécu ?

Que contient la loi de financement de la Sécurité sociale ?

La LFSS comprenait quatre parties jusqu’en 2023. L’adoption de la loi organique du 14 mars 2022 a permis la création d’une loi d’approbation des comptes de la Sécurité sociale (LACSS). Cette dernière, appelée article liminaire, remplace la première partie de l’ancienne version destinée à la clôture du dernier exercice. Désormais, il n’y a plus que trois parties pour la LFSS :

  • Les dispositions de l’année en cours, pour que le Gouvernement puisse proposer à l’Assemblée des rectifications de données arrêtées en loi de financement pour l’année à venir.
  • Les prévisions de recettes et de l’équilibre général, afin de déterminer les plafonds d’avances de trésorerie.
  • Les objectifs de dépenses pour l’année à venir, dont le plus important est l’objectif national des dépenses d’Assurance maladie (ONDAM).

Les prévisions de recettes de la Sécurité sociale

Les prévisions de recettes cumulent l’ensemble des régimes obligatoires de base (y compris le régime général) et les organismes finançant ces régimes. Elles sont réparties en plusieurs catégories :

  • Cotisations sociales effectives et fictives.
  • Contributions publiques.
  • Impôts.
  • Taxes affectées.
  • Etc.

Dans le projet de loi 2024, la prévision de solde est de –8,8 milliards d’euros pour 2023 (Première partie, article 1er).

L’objectif national de dépenses d’Assurance maladie (ONDAM)

L’ONDAM correspond à l’objectif de dépenses qu’il ne faut pas dépasser pour les soins en ville et les hospitalisations. Les sommes regroupent :

  • Les soins de ville.
  • Les établissements de santé.
  • Les contributions de l’Assurance maladie.
  • Les dépenses pour les personnes âgées ou handicapées.

En 2023, l’ONDAM s’élève à 247,6 milliards d’euros à cause des mesures de revalorisation salariale et des conséquences de l’inflation.

Les plafonds d’avances de trésorerie, pour encadrer la dette de la Sécurité sociale

Pour chaque régime obligatoire et les organismes les finançant, le Parlement fixe un plafond de recours à l’emprunt. Cela permet de déposer un projet de loi de financement rectificatif en cas de dérives financières des régimes.

Quelles sont les autorités qui préparent le projet de loi LFSS ?

La direction du Budget et celle de la Sécurité sociale préparent en amont le projet de loi de finance de la Sécurité sociale (PLFSS). Cette première étape dure de mi-avril à mi-octobre, et se coordonne avec le projet de loi de finances (PLF).

Les directions du Budget et de la Sécurité sociale peuvent être aidées par les directions des ministères des Affaires sociales et du Travail. Ces institutions récupèrent les propositions des organismes de Sécurité sociale pour les inscrire dans le projet de loi.

Selon l’article 39 de la Constitution, le projet de loi PLFSS est d’abord déposé auprès du Conseil d’État pour obtenir son avis. Il en va de la responsabilité du ministre chargé des comptes de la Sécurité sociale, lui-même sous l’autorité du Premier ministre. Le Conseil des ministres doit accepter le projet de loi avant de le déposer à l’Assemblée nationale, au plus tard le 15 octobre. Le Parlement en débat sur une durée maximale de 50 jours pour l’adopter. Pour cela, les députés et les ministres bénéficient du rapport publié par la Cour des comptes.

Comment la loi de financement de la Sécurité sociale est-elle adoptée ?

La procédure d’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale est décrite dans l’article 47-1 de la Constitution. Une fois déposé auprès du Parlement, le PLFSS est examiné en première lecture dans un délai de 20 jours. Si l’examen ne se conclut pas, le texte est transmis au Sénat sans adoption par l’Assemblée nationale. Les sénateurs disposent d’un délai de 15 jours pour l’examiner en première lecture. Si cette procédure échoue, le texte revient chez les députés. Ces derniers doivent se prononcer sur la validation de la loi dans les 50 jours, sinon le PLFSS risque d’être adopté par ordonnance.

Il est possible de modifier une LFSS en cours d’année par une loi rectificative. Dans ce cas, cette dernière est adoptée selon les mêmes règles décrites ci-dessus. Mais c’est bel et bien le Parlement qui vote et adopte la loi de financement de la Sécurité sociale. Cette mesure se décide en même temps que la loi de finances, visant à déterminer le budget de l’État.

Bon à savoir : qui contrôle l’application de la loi de financement de la Sécurité sociale ?

La Cour des comptes contrôle l’application des LFSS en publiant un rapport sur la Sécurité sociale à chaque mois de septembre. Ce rapport, transmis au Parlement et au Gouvernement, synthétise l’ensemble des comptes des organismes et les résultats de différentes enquêtes.

La commission des Affaires sociales contrôle l’application de la loi sur place auprès des établissements et organismes. Elle récupère toutes les informations, sauf celles concernant le secret médical et celui de la défense nationale. Elle est responsable de la mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (MECSS).

La loi de financement de la Sécurité sociale permet de garantir l’équilibre financier des organismes de santé et sociaux. Elle peut avoir d’autres applications, concernant l’indemnisation des arrêts de travail pour les professionnels libéraux ou les plans Indépendants.