Que deviennent les comptes bancaires au décès du souscripteur ?
Au bout de dix ans d’inactivité, les fonds sur un compte bancaire sont transférés à la Caisse des Dépôts. Les sommes concernées représentaient 6,7 milliards d’euros en 2022 ! La banque du défunt est l’un des premiers interlocuteurs à prévenir après sa disparition. Quelles sont les règles en matière de décès et de compte courant ?
Modifié le 22 décembre 2025
Un blocage automatique des comptes individuels et indivis
Il appartient aux héritiers du défunt de prévenir les établissements bancaires concernés du décès. Il est recommandé d’effectuer cette formalité au plus tôt à compter du jour de la disparition, par courrier simple. Un modèle de lettre d’information de la banque est disponible auprès du site service-public.fr. Il convient de joindre au courrier :
- L’acte de décès délivré par la mairie.
- Les pièces juridiques justifiant la qualité du ou des héritiers : acte de notoriété, certificat d’hérédité…
- Les pièces d’identité du ou des héritiers.
Après avoir eu connaissance du décès, la banque procède au blocage des différents comptes individuels au seul nom du défunt. La procédure est la même concernant les comptes bancaires indivis (« X et Y ») dont la responsabilité est partagée entre plusieurs personnes.
Cette formalité implique l’impossibilité de réaliser des dépôts ou retraits. Cela inclut :
- Les comptes bancaires courants.
- Les comptes à vue.
- Les comptes-titres.
- Le livret A et le livret de développement durable et solidaire (LDDS).
- Le livret d’épargne populaire (LEP).
- Le plan épargne logement (PEL).
Bon à savoir : une annulation des procurations accordées
L’existence antérieure d’une procuration sur un compte individuel, accordée par le défunt à un proche, n’a pas d’incidence. Les comptes concernés font malgré tout l’objet d’un blocage, la procuration est alors révoquée.
Quelles exceptions au blocage du compte ?
Dans le cadre du décès, certaines exceptions au blocage des comptes peuvent être accordées aux proches. Cela leur permet d’assumer différentes charges liées au décès. Ces déblocages sont limités à un montant maximum de 5 000 €. Ils peuvent concerner les dépenses suivantes :
- Frais d’obsèques : pour couvrir les frais relatifs à l’organisation des funérailles et de la cérémonie associée.
- Frais liés aux derniers soins de santé reçus : pour régler les frais médicaux et hospitaliers.
- Impôts restant à payer par le défunt : pour honorer les dernières obligations fiscales de la personne décédée.
Malgré le blocage général des comptes, certaines opérations continuent à avoir lieu. Il s’agit :
- Des virements émanant de tiers, comme le versement de la pension de retraite si la caisse n’a pas encore pris en compte le décès du bénéficiaire.
- Des paiements par carte ou prélèvements automatiques mis en place par le titulaire avant son décès. Ces règlements continuent à intervenir, dans la limite des fonds disponibles au jour du décès.
Que deviennent les comptes bancaires joints ?
Les conséquences du décès d’un des cotitulaires du compte bancaire joint (« X ou Y ») sont normalement prévues dans la convention de compte. La plupart du temps, le décès n’entraîne ni le blocage ni la clôture du compte joint. Ce dernier reste ouvert, mais aussi utilisable par les autres cotitulaires.
Si le compte était détenu par deux cotitulaires – soit par exemple un compte souscrit par le défunt et son conjoint ou sa conjointe –, il devient automatiquement un compte individuel.
Pour rappel, les différents titulaires d’un compte bancaire joint sont responsables solidairement d’un découvert. Dans l’hypothèse d’un solde négatif, les cotitulaires survivants en deviendraient par conséquent les seuls responsables.
Comptes bancaires du défunt et règlement de la succession
Le règlement de la succession du défunt implique d’intégrer l’ensemble de son patrimoine, y compris ses comptes courants, comme ses comptes d’épargne. Supervisée par un notaire, la succession va permettre de clarifier la répartition des fonds disponibles sur le compte entre les héritiers :
- Dans le cas d’un compte bancaire détenu en indivision ou individuellement, les sommes disponibles sont prises en compte dans la succession de façon intégrale.
- Dans le cas d’un compte joint, le notaire va déterminer la part des fonds appartenant au défunt, puis la répartir entre les héritiers.
- Si le compte était déficitaire, la dette doit aussi être assumée par l’ensemble des héritiers légaux du défunt.
Une fois les héritiers identifiés et la succession réglée, le compte peut être clôturé. Dans la majorité des cas, cette démarche est réalisée directement par le notaire. Ce dernier établit un « acte de notoriété », c’est-à-dire un document identifiant tous les héritiers et leur lien de parenté avec le défunt. Il le transmet à la banque pour autoriser la clôture du compte et le transfert des fonds, conformément aux décisions actées dans la succession.
Si le solde du compte est inférieur à 5 000 €, mais aussi si la succession ne comportait par ailleurs aucun bien immobilier, un héritier peut procéder lui-même à la clôture.
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Sources de l’article : Que deviennent les comptes bancaires au décès du souscripteur ?
Questions fréquentes sur le compte bancaire après un décès
Dès que la banque est informée du décès d’un titulaire de compte, elle bloque immédiatement les comptes individuels ou indivis. Cela permet de sécuriser les avoirs du défunt et d’éviter tout mouvement non autorisé. La banque suspend aussi les procurations rattachées aux comptes, sauf exception.
Le service succession de la banque doit être contacté rapidement. Il faut lui transmettre le certificat de décès et une pièce d’identité de l’un des héritiers ou du notaire chargé de la succession. Ces documents sont indispensables pour déclencher le traitement de la succession et officialiser les démarches.
Il est aussi conseillé de solliciter un notaire pour consulter le FICOBA (Fichier des comptes bancaires), afin d’identifier tous les comptes bancaires et assimilés détenus par le défunt au jour du décès. Cela facilite la gestion de l’ensemble de la succession.
Le devenir d’un compte après un décès dépend de sa nature. Le compte joint continue à être le compte des co-titulaires survivants. Il reste donc actif, sauf mention spécifique dans la convention (par exemple, une clause excluant cette continuité). En revanche, un compte indivis est bloqué dès que la banque est informée du décès d’un des co-titulaires.
En cas de litige présumé entre héritiers, la banque peut aussi bloquer temporairement un compte joint. Le solde au jour du décès est alors présumé appartenir pour moitié au défunt, sauf preuve contraire. Cela fait partie du passif de la succession.
ui, les héritiers peuvent demander à la banque de prélever jusqu’à 5 000 € sur les comptes bancaires du défunt pour régler les frais d’obsèques. Ce paiement doit être justifié par la facture des funérailles et le certificat de décès. La demande peut être faite directement par l’un des héritiers ou par l’entreprise de pompes funèbres mandatée.
Par ailleurs, la banque peut également prélever les frais bancaires de traitement de la succession avant de procéder à la clôture du compte, sans demander l’accord préalable des héritiers. Cela fait partie des démarches classiques après un décès.
Pour clôturer un compte bancaire en cas de décès, il faut fournir à la banque l’acte de décès et une preuve de qualité d’héritier : acte de notoriété, attestation d’hérédité ou testament. Le recours à un notaire est obligatoire dès que la succession comprend un bien immobilier ou qu’elle est complexe.
Le notaire centralise alors les démarches : il identifie les ayants droit, établit la liste des avoirs du défunt (comptes, placements), règle les dettes éventuelles et procède au partage. La clôture intervient normalement après le règlement complet de la succession.
Les moyens de paiement (carte bancaire, chéquier, accès en ligne) sont bloqués dès que la banque est informée du décès du titulaire du compte. Ils doivent être restitués ou détruits. Il est aussi important de vérifier les prélèvements automatiques (assurances, abonnements) pour éviter les débits indus après le décès.
Certains prélèvements peuvent encore être honorés s’ils correspondent à des dépenses engagées avant le décès. Les autres seront traités dans le cadre du solde par la banque, au moment du règlement de la succession.