Comment soigner le trouble de stress post-traumatique (TSPT) ?
Les troubles du stress post-traumatique (TSPT) autrement appelés syndrome de stress post-traumatique (SSPT) ou état de stress post-traumatique (ESPT) se manifestent lorsqu’une personne assiste ou subit une scène violente (les autres personnes peuvent également éprouver des difficultés similaires). Elle revit sans cesse ce bouleversement au point d’altérer ses qualités professionnelles comme personnelles. Les symptômes vont au-delà des troubles de l’humeur. Une étude réalisée 18 mois après les attentats de janvier 2015 en France a recensé 18 % de témoins atteints par ces troubles. Il existe trois grands types de traitement pour soigner son stress post-traumatique.
Modifié le 18 novembre 2024
Sommaire de l'article :
- Soigner son trouble de stress post-traumatique (TSPT) avec un traitement médicamenteux
- Suivre des thérapies psychologiques pour atténuer les effets de son trouble de stress post-traumatique
- S’adonner à une activité physique adaptée pour diminuer son syndrome de trouble de stress post-traumatique
- Questions fréquentes sur le syndrome de stress post-traumatique ?
Soigner son trouble de stress post-traumatique (TSPT) avec un traitement médicamenteux
Les médicaments prescrits pour traiter les troubles du stress post-traumatique sont des sédatifs, des antidépresseurs ou des anxiolytiques. Seul le psychiatre, en sa qualité de médecin, peut décider d’un traitement. Ces remèdes sont recommandés si le stress persiste plus d’un mois après l’événement traumatisant.
Les deux molécules bénéficiant d’une indication officielle pour le traitement du stress post-traumatique sont la paroxétine, la sertraline. Elles font partie des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS). Ces derniers se trouvent dans certains antidépresseurs, comme Déroxat, Divarius, Zoloft. En cas d’échec, d’autres ISRS peuvent être prescrits, comme la fluoxétine ou la fluvoxamine. Les antidépresseurs tricycliques, comme l’amitriptyline ou l’imipramine, sont aussi utilisés.
Le remboursement des antidépresseurs dépend de leur SMR (Service médical rendu). Les médicaments cités ci-dessus à base d’ISRS ont un SMR important pour le traitement de l’état post-traumatique. Par conséquent, l’Assurance Maladie les rembourse avec un taux de 65 %.
Ces médicaments s’accompagnent d’un accompagnement psychologique. L’objectif est d’éviter la dépendance, au risque de subir une rechute. Cette situation concerne un patient sur cinq.
Suivre des thérapies psychologiques pour atténuer les effets de son trouble de stress post-traumatique
Il est recommandé de consulter des professionnels de santé ou des personnes ayant subi des événements de la même gravité. Les psychiatres, les psychologues cliniciens mettent en place des cellules de soutien psychologique d’urgence à la suite d’événements traumatisants. Au-delà de l’hypnose ou de la sophrologie, trois grandes psychothérapies sont recommandées pour soigner le stress post-traumatique.
Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) : agir sur ses symptômes post-traumatiques
Les thérapies comportementales et cognitives se basent sur l’écoute des émotions du patient. Elles reposent sur les théories de l’apprentissage. Le psychiatre ou le psychothérapeute adopte une méthodologie adaptée à son patient reposant sur trois piliers.
- La « technique d’exposition » amène le patient à se confronter à ses stimuli anxiogènes, afin de diminuer leur impact.
- La « restructuration cognitive » le motive à se remettre en question dans le but de résoudre ses problématiques avec un esprit plus ouvert.
- La gestion du stress pour réduire son hyperactivité, restaurer ses capacités cognitives, émotionnelles.
La prise en charge des séances dépend du statut du professionnel de santé. Une séance chez un psychiatre conventionné est remboursée à 70 % si vous respectez le parcours de soin. Sinon, il est de 30 %. Le psychothérapeute peut être reconnu comme psychiatre ou psychologue. Si la dernière option s’applique, tout dépend s’il est conventionné ou pas :
- Dans le premier cas, l’Assurance Maladie rembourse 60% du coût des séances.
- Dans le deuxième cas, soit le psychothérapeute est psychologue libéral non conventionné, soit il n’a aucun statut. Quelle que soit sa situation, il pratique des tarifs libres, non pris en charge par l’Assurance Maladie.
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) : revivre ses souvenirs à travers le mouvement des yeux
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est un traitement thérapeutique pour soigner ses expériences traumatiques non digérées. Plusieurs autorités de la Santé, comme l’OMS ou l’INSERM, reconnaissent son utilité dans le traitement du trouble de stress post-traumatique. Néanmoins, son application nécessite plusieurs séances de préparation où le praticien construit une relation de confiance avec son patient. Ce dernier doit valider cette thérapie en toute conscience avant de commencer le traitement.
Sous les indications de son thérapeute, le patient bouge ses yeux d’un côté puis de l’autre pour se remémorer son traumatisme. Le but est de ressentir à nouveau les sensations physiques. À force de répétition, d’analyse, le patient finit par traiter ses souvenirs avec sérénité. L’alternance de stimulations tactiles ou de bips sonores peut remplacer le mouvement des yeux.
Le patient associe librement ses idées, pensées et émotions lorsqu’il retraite son souvenir. La séance se termine avec l’instauration d’une pensée positive pour apaiser ces douloureuses réminiscences. En général, le patient se sent bien après une heure de traitement.
Comme pour les TCC, la prise en charge des séances d’EMDR concerne uniquement les psychiatres conventionnés ou les psychologues agréés. La mutuelle vous aide à payer votre reste à charge.
La thérapie de reconsolidation : allier la psychothérapie avec la prise d’un médicament
Même si elle fait encore l’objet d’études cliniques, la thérapie de reconsolidation propose de cumuler la psychothérapie avec la prise de médicaments bêtabloquants. Ces derniers se consomment une heure avant la consultation, afin de réguler les éventuels symptômes physiques de l’anxiété. Cette approche tend à désensibiliser le souvenir traumatique au lieu de le nier.
S’adonner à une activité physique adaptée pour diminuer son syndrome de trouble de stress post-traumatique
Entre les prises médicamenteuses, les consultations chez le psychiatre, prenez le temps de vous dépenser avec une activité physique adaptée (APA). Une pratique régulière réduit votre stress tout en améliorant votre humeur. Cela participe à la reconstruction de votre estime de soi. Des sports comme l’escrime ou la natation sont préconisés par les professionnels de santé. Pensez également à couper de temps en temps les écrans, l’électro-hypersensibilité peut aggraver votre stress.
Bon à savoir : Combien de temps peut durer l’état de stress post-traumatique ?
Les troubles varient d’un individu à l’autre, en fonction de leur traumatisme. En général, ils s’estompent au bout de trois mois. Dans le cas contraire, ils peuvent dériver en maladie chronique. Ne négligez pas l’importance de consulter au plus tôt un professionnel de santé afin d’augmenter vos chances d’en guérir. En consultant votre médecin traitant au préalable, vous bénéficiez du parcours de soins coordonnés. Il saura vous guider vers le meilleur psychiatre ou psychologue en fonction de votre diagnostic.
Un stress post-traumatique se soigne efficacement en consultant un professionnel de l’écoute (psychiatre, psychothérapeute) avec l’aide d’un traitement contrôlé. Le renfort Bien-Être de notre complémentaire santé d’Alptis prend en charge les séances de psychologie à hauteur de 25 €.
En cas de problème, pensez à consulter votre médecin.
Sources de l’article : Comment soigner le stress post-traumatique ?
- https://www.inserm.fr/dossier/troubles-stress-post-traumatique/
- https://www.vidal.fr/maladies/psychisme/etat-stress-post-traumatique-espt/traitements.html
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1911https://www.anxiete.fr/stress-post-traumatique/prise-en-charge/
- https://www.has-sante.fr/jcms/c_574424/fr/deroxat-paroxetine-chlorhydrate-de-hemihydrate
- https://www.has-sante.fr/jcms/c_663803/fr/divarius-paroxetine-mesilate-de
- https://www.has-sante.fr/jcms/c_1525539/fr/zoloft-sertraline
- https://www.inserm.fr/dossier/troubles-stress-post-traumatique/
- https://www.theraserena.com/stress/dossiers/stress-post-traumatique-comment-guerir
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34917
- https://www.emdr-france.org/lemdr-cest-quoi/la-therapie-emdr/
- https://www.ifemdr.fr/remboursement-des-seances-demdr/
- https://www.planetesante.ch/Magazine/Medicaments-examens-et-traitements/Psychotherapie-et-autres-traitements/Stress-post-traumatique-ou-chagrin-d-amour-place-a-la-therapie-de-reconsolidation
Questions fréquentes sur le syndrome de stress post-traumatique ?
Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) peut se manifester après un événement traumatique. Les symptômes incluent des cauchemars et des flashbacks qui rappellent l’événement, souvent accompagnés de stress aigu et de troubles du sommeil. Les personnes atteintes de TSPT peuvent également éprouver des troubles anxieux et des troubles du comportement.
Dans le cadre de symptômes d’intrusion, on retrouve l’amnésie traumatique qui se manifeste de manière répétée à travers des souvenirs involontaires et indésirables ou des cauchemars trop fréquents. Certaines personnes peuvent éprouver des flashbacks, durant lesquels elles revivent pleinement l’événement comme s’il se produisait à nouveau, au lieu de simplement se souvenir de celui-ci.
En ce qui concerne les symptômes d’évitement, on comprend ici que la personne chercher à éviter des lieux ou des personnes, pour éviter de se remémorer le traumatisme. Cela peut même se manifester par un évitement de toute pensée ou sentiment liés à la situation du traumatisme.
L’amnésie dissociative quant à elle marque une incapacité à se souvenir de parties essentielles liées à l’épisode traumatique.
Les psychiatres diagnostiquent le trouble de stress post-traumatique (TSPT) en évaluant les symptômes du TSPT chez les personnes ayant vécu des événements susceptibles de provoquer un stress post-traumatique au cours d’un examen clinique. L’exposition à un évènement traumatique, la persistance des symptômes, la souffrance que ressent la personne et l’appartenance à chacune des catégories de symptômes associés au TPST sont des exemples de critères pris en compte durant cet examen. Le médecin contrôle également que les symptômes ne sont pas liés à des troubles liés à l’usage d’une drogue ou à la prise d’un médicament.
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) peut affecter les personnes présentant divers antécédents dans leur santé mentale et physique. Le traitement du TSPT demande souvent une approche personnalisée, incluant des thérapies comme la thérapie de reconsolidation pour se désensibiliser du souvenir traumatique et l’EMDR pour se remémorer des souvenirs par les mouvements oculaires. Les établissements de santé jouent un rôle essentiel dans ce processus au travers des centres régionaux de psychotraumatisme (CRP), ce dispositif qui permet aujourd’hui d’accueillir, orienter et traiter des personnes souffrant de TSPT.
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) chez les enfants peut résulter d’événements spécifiques tels que des catastrophes naturelles ou un accident de la route. Ces événements peuvent être vécus directement, provoquant des reviviscences et affectant leur vie quotidienne.