Qu’est-ce que l’électro-hypersensibilité (EHS) et l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques ?

En 2020, le marché des équipements électroniques atteint 1,2 milliard de produits en France, soit 2,2 millions de tonnes de produits. Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), un citoyen français dispose de 15 équipements connectés. Cette omniprésence d’objets électroniques peut provoquer différents troubles physiologiques chez des personnes déclarant souffrir d’électro-hypersensibilité.

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Modifié le 03 mars 2026

Qu’est-ce que l’électro-hypersensibilité (EHS) ?

Quels sont les appareils générant des ondes électromagnétiques ?

Le champ électromagnétique est lié au passage du courant électrique. Il résulte de la combinaison entre un champ électrique et un champ magnétique. Par conséquent, il concerne uniquement les appareils électriques allumés.

La fréquence (le nombre de variations du champ par seconde, exprimé en hertz) est un paramètre essentiel du champ électromagnétique. Un kilohertz (kHz) correspond à 1 000 hertz ; un mégahertz (MHz), à 1 000 000 hertz ; et 1 gigahertz (GHz), à 1 000 000 000 hertz.

Appareils électriques ou électroniquesTypes de fréquences (en hertz)
plaques à induction culinaires20 kHz
radio FM88 – 107 MHz
téléphone mobile300 – 400 MHz
téléphone analogique, télévision400 – 800 MHz
mobile 2G (GSM)900 – 1800 MHz
mobile 3G (UMTS)1900 MHz – 2,2 GHz
four à micro-ondes, Wi-Fi, Bluetooth2400 MHz – 2483,5 MHz
mobile 5G7 GHz – 26 GHz

Cette profusion d’appareils interconnectés entre eux apporte une pollution électromagnétique affectant les personnes, la faune, l’environnement. Le principe de précaution recommande aux enfants, aux femmes enceintes ou aux personnes dites « électrosensibles » de limiter leur exposition aux ondes électromagnétiques.

Que ressentent les personnes qui déclarent souffrir d’électro-hypersensibilité ?

L’exposition prolongée à des ondes de très basses fréquences (entre 50 Hz et 9 kHz) peut déclencher divers symptômes chez les personnes souffrant d’hypersensibilité électromagnétique :

  • Des troubles dermatologiques : rougeurs, picotements au niveau du visage, sensations de brûlure à cause de l’échauffement des tissus biologiques.
  • Des troubles sensoriels : vertige, nausées, troubles visuels, acouphènes.
  • Des troubles végétatifs : troubles digestifs, troubles du rythme cardiaque (palpitations).
  • Des troubles neurasthéniques : fatigue, difficultés de concentration, lassitude, maux de tête, fatigue chronique, anxiété ou dépression.

La majorité des personnes ne ressentent pas ces symptômes lorsqu’elles restent exposées à des champs électromagnétiques de basse fréquence. Les personnes souffrant de troubles du rythme cardiaque, des porteurs d’implants électroniques (pacemakers) ou les professionnels travaillant avec des appareils électriques peuvent être considérés comme sujet à risque.

En plus des effets potentiels sur leur organisme, les professionnels travaillant avec des appareils électriques composent avec le risque d’un incendie ou d’une explosion du matériel à cause d’une étincelle ou d’un arc électrique. L’article L. 4121-2 du Code du travail impose des principes généraux comme la limitation des niveaux d’exposition ou l’évaluation des risques. L’employeur doit prendre des mesures de prévention pour protéger la santé de ses salariés. Les protections sur le lieu du travail peuvent être individuelles ou collectives.

Bon à savoir : Quelques astuces pour limiter les ondes électromagnétiques de vos appareils

En dehors du milieu de travail, il est recommandé d’éteindre son téléphone durant la nuit ou de ne pas le garder à ses côtés. Les champs électromagnétiques peuvent perturber votre sommeil.

Les champs électromagnétiques sont-ils réellement responsables de l’EHS ?

L’OMS (Organisation mondiale de la santé) reconnaît l’existence des symptômes des personnes « électrosensibles ». Toutefois, elle émet des doutes sur le lien de causalité entre ces symptômes et l’électro-hypersensibilité.

Plusieurs études ont été réalisées à ce propos. En 2018, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) constate l’absence de preuve pour ce lien de causalité. Selon ses experts, les personnes déclarant souffrir de leur électro-hypersensibilité peuvent, en réalité, être atteintes d’une autre maladie chronique. Le stress professionnel et stress post-traumatique, les mauvaises conditions de travail (mauvaise qualité de l’air, lampes à fluorescence, etc.) constituent des facteurs aggravants à leur état.

L’OMS confirme leurs conclusions en réalisant des essais cliniques sur ces personnes hypersensibles. Ces dernières ne font pas la différence entre des ondes électromagnétiques réelles ou simulées. Elles présentent un effet « nocebo ». Ces personnes sont tellement persuadées des dangers des ondes électromagnétiques qu’elles développent inconsciemment les symptômes. De son côté, l’OMS préfère identifier leur trouble comme une intolérance environnementale idiopathique, d’origine psychologique ou somatique.

Ces conclusions ne remettent pas en question ni la souffrance des malades ni les effets négatifs de la pollution électromagnétique. Face aux décisions des personnes hypersensibles de déménager ou de changer de travail à cause d’une exposition prolongée, les recherches restent en cours.