Cessation du questionnaire de santé : quelles implications ?

En 2022, les organismes d’assurance ont étudié 4 millions de demandes d’assurances de prêts pour des crédits immobiliers ou professionnels. Ces contrats permettent de vous protéger si vous ne pouvez plus rembourser votre crédit à la suite d’une incapacité de travail ou un décès. Avant de vous couvrir, l’assureur peut vous demander de remplir un questionnaire médical. La loi Lemoine de 2022 instaure la suppression du questionnaire de santé pour certains prêts. Quelles en sont les répercussions ?

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Modifié le 12 janvier 2026

Cessation du questionnaire de santé : quelles implications ?

À quoi sert le questionnaire de santé pour l’assurance emprunteur ?

Au moment de la souscription à une assurance emprunteur, votre assureur vous adresse un questionnaire médical pour en savoir plus sur votre état de santé. Sont pris en compte :

  • L’âge.
  • La morphologie (taille, poids).
  • Le suivi de traitements médicaux.
  • Vos habitudes de vie.
  • La présence d’un handicap ou d’une maladie (hypertension, diabète, etc.).
  • Vos hospitalisations passées ou à venir.
  • Les arrêts de travail antérieurs.
  • Etc.

Ces informations lui servent à déterminer votre niveau de risques. L’assureur est libre d’adapter vos cotisations, ou de refuser de vous assurer. En cas de doute, il peut vous demander des examens médicaux complémentaires.

Il n’a aucun droit de vous poser des questions sur votre orientation sexuelle, votre couleur de peau ou votre religion. De votre côté, vous n’êtes pas obligé(e) de l’informer sur vos traitements ordinaires, vos opérations sans gravité ou votre cancer guéri.

Bon à savoir : Quelles pathologies bénéficient du droit à l’oubli ?

Les maladies saisonnières n’ont pas à figurer dans le questionnaire médical. Il en va de même pour l’hépatite virale C ou les cancers. Ces deux types de pathologie bénéficient d’un droit à l’oubli si la guérison est actée depuis cinq ans, sans la moindre rechute.

En cas de fausse déclaration dans votre questionnaire (article L.113-2 du Code des assurances), l’assureur peut considérer votre contrat comme nul. Il conserve les mensualités déjà versées. En cas d’erreur involontaire, vous pouvez trouver une solution à l’amiable.

Quelles sont les conséquences de la suppression du questionnaire de santé ?

En supprimant le questionnaire de santé, les prêts deviennent plus accessibles. De leur côté, les assureurs ont moins de visibilité sur les risques à couvrir.

Bon à savoir : Une suppression partielle

Le questionnaire de santé reste obligatoire pour deux conditions :

  • Vous souscrivez un prêt supérieur à 200 000 € seul(e), ou 400 000 € à deux.
  • Le remboursement total de votre emprunt ne s’effectuera pas avant votre 60e anniversaire.

Des prêts plus accessibles aux personnes avec une santé fragile

En cas de maladie nécessitant des soins médicaux réguliers, le souscripteur a moins de chances de se voir accorder un prêt. La compagnie d’assurances peut appliquer des surprimes ou des exclusions de garanties. Ces mesures concernent, par exemple, les patients atteints d’une affection longue durée (ALD).

Si les difficultés persistent à cause d’un risque aggravé d’insolvabilité (cancers, etc.), la convention AERAS est à votre disposition.

Des prix d’assurances de prêts qui risquent d’augmenter

L’accessibilité des crédits aux personnes à la santé fragile, sans mesures de compensation financière, entraîne la hausse des prix des assurances emprunteurs. Les assureurs ne pouvant plus demander des informations sur l’état de santé de l’emprunteur, les risques à couvrir sont moins pressentis. Cette mesure les incite à faire preuve de prudence au niveau financier.

Certains assureurs ont augmenté leurs tarifs. Néanmoins, l’impact de la loi Lemoine sur le marché de l’assurance emprunteur reste encore inconnu.

Comment la loi Lemoine permet-elle de résilier à tout moment son contrat ?

En plus de la suppression du questionnaire médical pour des prêts inférieurs à 200 000 €, la loi permet la résiliation de l’assurance emprunteur. L’objectif est d’ouvrir le marché à la concurrence. Les souscripteurs sont libres de changer d’organisme à tout moment, sans régler de frais ni de pénalités. Les organismes d’assurance de prêt sont exhortés à faire preuve de plus de transparence. Cependant, le nouveau contrat doit respecter certains critères d’équivalence avec l’ancien.

La dernière mesure de la loi Lemoine est de réduire le délai de droit à l’oubli pour certaines pathologies graves, comme les cancers. Désormais, il est de cinq ans. La convention AERAS reste plus adaptée pour des maladies particulières comme le sida ou l’épilepsie.

La suppression du questionnaire de santé permet à des personnes à la santé fragile d’accéder aux crédits dont elles ont besoin. Mais cette accessibilité entraîne la hausse des prix des assurances en guise de prévention des risques.