Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise : Le dispositif ACRE
Vous avez pour objectif professionnel de créer ou reprendre une entreprise ? Afin de vous accompagner au mieux dans cette nouvelle aventure, l’État a mis en place un dispositif d’exonération de cotisations vous permettant de vous aider financièrement. Il existe toutefois plusieurs conditions pour pouvoir bénéficier de l’ACRE. Définition, montant des exonérations, bénéficiaires, démarches : découvrez tout ce que vous devez savoir au sujet de l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise.
Modifié le 05 août 2025
Sommaire de l'article :
- Qu’est-ce que l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise ?
- Qui peut bénéficier de l’ACRE et sous quelles conditions ?
- Quel est le montant de l’exonération de l’ACRE ?
- Quelles démarches effectuer pour prétendre à cette aide ?
- Questions fréquentes sur les conditions pour bénéficier du dispositif ACRE
Qu’est-ce que l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise ?
Dès lors que vous créez ou reprenez une entreprise, vous avez la possibilité de bénéficier d’une aide financière de l’État afin de pouvoir lancer votre activité. L’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise — ou ACRE — correspond ainsi à un dispositif d’exonération partielle ou totale des cotisations sociales durant, au maximum, les 12 premiers mois d’activité de votre entreprise.
Cette période d’exonération prend effet au moment de la date d’affiliation au régime des travailleurs non-salariés ou, si vous êtes “assimilé-salarié”, au moment de la constitution de votre société.
Qui peut bénéficier de l’ACRE et sous quelles conditions ?
À partir du moment où vous créez ou reprenez une entreprise, vous avez la possibilité de bénéficier de l’ACRE. Il existe toutefois différentes conditions d’attribution en fonction de votre statut juridique (micro-entreprise, régime indépendant, régime général…).
Les conditions d’attribution pour les micro-entrepreneurs
Si vous souhaitez bénéficier de l’ACRE en tant que micro-entrepreneur, il est nécessaire pour vous d’être en début d’activité et de ne pas avoir déjà touché cette aide au cours des 3 années précédentes. Votre situation doit, par ailleurs, correspondre à l’une des suivantes :
- Vous êtes demandeur d’emploi non indemnisé et êtes inscrit sur la liste des demandeurs depuis plus de 6 mois dans les 18 derniers mois précédant votre demande ;
- Vous touchez le RSA (Revenu de solidarité active) ou l’ASS (Allocation de solidarité spécifique) ;
- Vous touchez l’ARE (Allocation d’aide au retour à l’emploi) ou l’ASP (Allocation de sécurisation professionnelles) ;
- Vous avez entre 18 et 25 ans ;
- Vous êtes en situation de handicap et avez entre 18 et 29 ans ;
- Vous avez moins de 30 ans et ne remplissez pas les conditions d’activité nécessaires pour bénéficier de l’indemnisation chômage ;
- Vous êtes sans emploi et vous avez signé un CAPE (Contrat d’appui au projet d’entreprise) ;
- Vous touchez la PrePare (Prestation partagée d’éducation de l’enfant) ;
- Vous êtes salarié ou licencié en procédure de sauvegarde, en liquidation ou en redressement judiciaire et reprenez une entreprise ;
- Vous reprenez ou créez une entreprise au sein d’un quartier prioritaire de la politique de la ville.
Les conditions d’attribution pour les travailleurs indépendants hors micro-entrepreneurs
Si vous créez ou reprenez une entreprise individuelle à titre indépendant (autre que la micro-entreprise), l’ACRE vous est également ouverte. Elle peut aussi être versée à votre conjoint si celui-ci est collaborateur et a opté pour l’assiette avec partage de vos revenus. L’aide s’appliquera alors automatiquement sur la part de revenu de votre conjoint le temps de la durée restante de votre exonération.
Les conditions d’attribution pour les sociétés
Dans le cadre d’une société (SARL, EURL, SAS, SASU, SA…), il est nécessaire que vous en exerciez le contrôle pour pouvoir prétendre à l’ACRE. Pour que ce contrôle soit effectif, vous devez répondre à l’une de ces conditions et la respecter pendant au moins 2 ans à compter de la création ou de la reprise de votre entreprise :
- Vous détenez plus de 50% du capital, dont au moins 35% à titre personnel, que cela soit personnellement, avec votre époux, épouse, partenaire de PACS, conjoint, conjointe, descendant ou ascendant ;
- Vous dirigez et détenez au moins ⅓ du capital, dont au moins 25 % à titre personnel, sous réserve que l’un de vos associés ne détienne pas plus de 50 % du capital. Et cela personnellement, avec votre époux, épouse, partenaire de PACS, conjoint, conjointe, descendant ou ascendant ;
- Vous portez un projet d’entreprise à plusieurs associés et détenez ensemble plus de 50% du capital, un ou plusieurs d’entre vous sont dirigeants et chacun d’entre vous dispose d’une part équivalente à, au moins, 1/10e de la part du principal associé.
Tout comme pour la micro-entreprise et les autres travailleurs indépendants, vous ne devez pas avoir bénéficié de l’ACRE dans les 3 années précédentes pour pouvoir y prétendre.
Quel est le montant de l’exonération de l’ACRE ?
Nous l’avons vu, l’ACRE est un dispositif mis en place pour vous assurer une exonération partielle ou totale de vos cotisations sociales (assurance maladie, maternité, retraite de base, vieillesse, invalidité, décès, prestations familiales). Le montant d’exonération varie toutefois en fonction de votre situation et de vos revenus.
L’exonération pour les micro-entrepreneurs
En tant que micro-entrepreneur, l’aide à la création ou à la reprise d’une entreprise vous permet de profiter d’une exonération de 50% sur vos cotisations sociales, et ce, jusqu’à la fin du 3e trimestre de l’année suivant l’immatriculation de votre entreprise.
Notez, par ailleurs, que le montant de vos cotisations sociales varie selon la nature de l’activité exercée :
- Achat/vente de marchandises : 12,3% ;
- Prestations de services artisanales ou commerciales : 21,2 % ;
- Activité libérale : 21,2% ;
- Autres prestations de services : 21,1%.
L’exonération finale ne sera donc pas la même pour tous les micro-entrepreneurs.
L’exonération pour les autres statuts juridiques
Si vous vous trouvez dans une autre situation, le montant de l’exonération dépendra de vos revenus par rapport au plafond annuel de la Sécurité sociale (montant pouvant varier selon les années). Voici les montants en application pour l’année 2024 :
| Revenus | Type d’exonération | Taux |
|---|---|---|
| Inférieurs à 75% du plafond annuel de la Sécurité sociale (< 34 776 €) | Totale | 100 % |
| Compris entre 75% et 100% du plafond annuel de la Sécurité sociale (entre 34 776 € et 46 368 €) | Dégressive | Variable |
| Dépassent le plafond annuel de la Sécurité sociale (> 46 368 €) | Non applicable | 0 % |
Quelles démarches effectuer pour prétendre à cette aide ?
La demande d’ACRE est automatique pour tous les créateurs ou repreneurs d’entreprise, à l’exception des micro-entrepreneurs. En effet, en tant que micro-entrepreneur et lors de la déclaration de votre activité sur le site du guichet unique, il vous faudra déposer une demande auprès de l’URSSAF, accompagnée des pièces justificatives nécessaires.
Source de l’article : Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise : Le dispositif ACRE
Questions fréquentes sur les conditions pour bénéficier du dispositif ACRE
L’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) est un dispositif de soutien mis en place par l’État français pour encourager la création ou la reprise d’entreprise, en particulier par des publics éloignés de l’emploi. Cette aide consiste principalement en une exonération partielle de cotisations sociales durant la première année d’activité, et peut s’accompagner d’un accompagnement personnalisé dans le montage du projet entrepreneurial.
Elle concerne toute personne créant une entreprise implantée sur le territoire français, notamment si elle est demandeur d’emploi, bénéficiaire de minima sociaux, ou jeune entrepreneur.
Pour bénéficier de l’ACRE, plusieurs conditions d’éligibilité doivent être remplies :
- Être créateur ou repreneur d’une entreprise (y compris en micro-entreprise).
- Ne pas avoir bénéficié de l’ACRE dans les trois années précédentes.
- Exercer le contrôle effectif de l’entreprise (au moins 50 % du capital seul ou conjointement avec le conjoint, partenaire ou collaborateurs).
- Créer ou reprendre l’entreprise en nom propre ou en qualité de mandataire social.
Certaines personnes sont éligibles automatiquement dès la création, à condition qu’elles répondent à une des conditions suivantes :
- Demandeurs d’emploi indemnisés ou inscrits à France Travail (anciennement Pôle emploi) depuis plus de 6 mois.
- Bénéficiaires du RSA, de l’ASS, ou de la prime d’activité.
- Jeunes de 18 à moins de 26 ans, ou jusqu’à 30 ans s’ils sont reconnus handicapés (avec justificatif de reconnaissance de personne handicapée délivrée par la commission départementale des droits et de l’autonomie des personnes handicapées).
- Salariés ou personnes licenciées d’une entreprise en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire.
- Personnes implantant leur entreprise au sein d’un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV).
- Personnes ayant rompu un contrat de travail, y compris en l’absence de droit aux allocations (non indemnisation par le régime chômage), accompagné de toute pièce attestant de cette rupture.
La demande d’ACRE est à effectuer dans les 45 jours suivant la déclaration de création ou de reprise d’activité.
Pour les micro-entrepreneurs :
- La demande s’effectue via le formulaire spécifique Cerfa n°13584*02, à transmettre avec le dossier de création ou séparément sous 45 jours.
- Il faut joindre à ce formulaire une copie de pièce d’identité et, si nécessaire, tout justificatif de situation spécifique (ex. attestation de France Travail, RSA, etc.).
Pour les autres statuts juridiques :
- La demande peut être intégrée à la déclaration de début d’activité auprès du guichet unique ou du Centre de Formalités des Entreprises (CFE).
- Dans tous les cas, le dossier est à adresser à l’URSSAF compétente.