Frontalier suisse : quelle retraite pour un Français travaillant en Suisse ?
Aujourd’hui, nous savons que plus de 185 000 français et françaises travaillent de l’autre côté de la frontière, en Suisse. Que vous soyez déjà un salarié en Suisse, ou que vous souhaitiez le devenir, il est important de bien comprendre le système de retraite mis en place dans ce pays pour vous organiser. En tant que frontalier suisse, quelques règles et démarches supplémentaires peuvent s’appliquer à votre profil. Cotisations, piliers de la pension de retraite suisse, calcul du montant… Découvrez comment se passe le départ à la retraite pour un travailleur frontalier suisse !
Modifié le 16 décembre 2025
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Travailleur frontalier suisse : comment se passe le départ à la retraite ?
Le système de retraite suisse est plutôt différent de celui actuellement en vigueur en France. Pour vous préparer à ce grand événement, il est essentiel de bien connaître les différences qui séparent ces deux dispositifs. Pour débloquer vos fonds dans de bonnes conditions, prenez le temps de lire les conditions et les démarches qui entourent un départ à la retraite.
Les conditions à respecter pour bénéficier de la retraite Suisse
Avant toute chose, il est important de savoir que l’âge légal de départ à la retraite diffère entre la France et la Suisse, mais aussi entre les femmes et les hommes.
Sur le territoire français, hors cas particuliers, il est possible de percevoir une pension de retraite à partir de 64 ans. Par ailleurs, le nombre de trimestres acquis a un impact considérable sur le montant perçu, puisqu’une décote peut être appliquée s’il est insuffisant, annulant ainsi le taux plein.
En Suisse, l’âge légal de départ à la retraite est aujourd’hui de 65 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes. En revanche, il faut savoir qu’une nouvelle réforme (AVS21) a récemment été votée contre cet écart. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, l’âge de référence des femmes remonte par conséquent progressivement, jusqu’à 65 ans.
Du côté des travailleurs frontaliers suisses, il est essentiel de cotiser <em>a minima</em> un an à l’AVS (Assurance-Vieillesse et Survivants) pour être en mesure de percevoir une pension de retraite suisse.
Les démarches à réaliser pour faire valoir sa retraite
Si vous atteignez prochainement l’âge légal de départ à la retraite, quelques démarches administratives doivent être effectuées. En effet, il faut savoir que l’attribution d’une pension de retraite ne se fait pas automatiquement en Suisse, ni en France. De ce fait, vous devez transmettre votre demande quelques mois avant votre date de départ à la retraite. Il est conseillé de le faire 5 à 6 mois en amont.
En fonction de votre lieu de résidence, plusieurs possibilités s’ouvrent à vous en termes de démarches :
- A uniquement travaillé et cotisé en Suisse : la demande doit être envoyée à la prévoyance professionnelle suisse, ou à la Caisse suisse de compensation, via le formulaire “Demande de rente vieillesse”.
- A travaillé dans plusieurs pays de l’UE/AELE (association européenne de libre-échange) : la demande doit être envoyée à la caisse de retraite du dernier lieu de travail.
Depuis peu, il est aussi possible de s’adresser directement à la Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT) de son lieu de résidence français, dans le cadre d’une carrière mixte. Avec la mise en place d’un formulaire européen (E202) et de la validation d’un accord établi entre les deux pays, les démarches ont ainsi été simplifiées pour les travailleurs frontaliers suisses ayant cotisé en France et en Suisse.
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Les trois piliers de la pension de retraite suisse
En Suisse, l’attribution d’une pension de retraite se divise en trois piliers. Cette particularité suisse est importante à connaître puisqu’elle concerne aussi les frontaliers suisses. Comme vous le savez, il est par exemple nécessaire de cotiser auprès de l’AVS pour espérer recevoir une pension de retraite suisse. Découvrez les spécificités de ces trois piliers !
Le premier pilier de la pension de retraite suisse
Obligatoire pour toutes les personnes qui travaillent sur le territoire suisse, le premier pilier correspond en réalité à l’AVS, c’est-à-dire l’Assurance-vieillesse et survivants. Ce système solidaire de répartition permet de financer les retraites des uns et des autres. Prélevée sur le salaire de tous les travailleurs, cette cotisation obligatoire concerne aussi les frontaliers.
Le second pilier de la pension de retraite suisse
Obligatoire pour tous, le 2ᵉ pilier correspond à la prévoyance professionnelle (rente LPP). Il concerne les travailleurs suisses, mais aussi les frontaliers qui gagnent plus de 22 050 CHF par an dans le pays, ce qui représente 23 590 euros. Les montants récoltés tout au long d’une carrière professionnelle effectuée en Suisse servent ensuite à conserver un bon niveau de vie au moment de la retraite.
Il faut savoir que l’AVS et la prévoyance professionnelle correspondent à environ 60 % du salaire perçu par un salarié avant un départ à la retraite. Nous savons par ailleurs que la rente AVS est de 1 225 francs suisses (1285€) minimum par mois et de 2 450 francs suisses (2569€) maximum.
Le troisième pilier de la pension de retraite suisse
Pour finir, il existe aussi une prévoyance privée (individuelle), l’équivalent du 3ᵉ pilier de la pension de retraite suisse. Contrairement aux deux autres, ce dernier palier est facultatif et fonctionne par capitalisation. Par conséquent, les frontaliers, comme les suisses, sont dans l’obligation de cotiser pour les deux premiers paliers, mais par pour le troisième. En revanche, celui-ci permet de profiter d’un niveau de vie encore plus confortable pendant ses années de retraite.
Calcul et montant de la retraite suisse : comment ça marche ?
Maintenant que vous en savez plus sur le système de pension de retraite suisse, il est important de s’intéresser à ses calculs. Comme vous le savez, les montants perçus durant la retraite dépendent de plusieurs critères. C’est d’ailleurs le même principe en France.
Les différences avec la France
En France, il faut savoir que c’est notamment la moyenne des 25 meilleures années d’un salarié qui est prise en compte dans le calcul (RAM). À cela s’ajoutent aussi le taux de liquidation et la durée de cotisation. Le calcul est par conséquent le suivant :
Salaire annuel moyen x taux de liquidation x (durée de cotisation / durée de référence) = Montant de la retraite.
Pour la plupart des nouveaux retraités français, c’est ce système qui s’applique.
Le calcul de la retraite suisse
En ce qui concerne les frontaliers suisses, les calculs ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre puisque la pension de retraite repose sur de très nombreux critères. En ce qui concerne les paliers, il faut bien prendre en compte le nombre d’années de cotisation, la LPP, l’AVS, le 3ᵉ pilier (si besoin), le taux de conversion et plus encore. Dans ces conditions, il est préférable de réaliser une estimation en ligne pour connaître précisément le montant de votre pension de retraite suisse. Notez qu’une pension à taux plein correspond à 44 années de cotisation.
Si vous avez fait une carrière mixte – une vie professionnelle partagée entre la France et la Suisse – les pensions des deux États concernés s’appliquent. Votre part suisse sera, quant à elle, reçue en tant que rente de vieillesse mensuelle ou sous forme d’un capital unique.
Questions fréquentes sur le système de retraite pour les travailleurs frontaliers suisses
La pension de retraite d’un travailleur frontalier suisse correspond à l’ensemble des prestations perçues au moment du départ à la retraite, après avoir travaillé en Suisse tout en résidant en France. Cette retraite repose sur les trois piliers du système suisse :
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L’AVS (Assurance Vieillesse et Survivants) : c’est le régime de base obligatoire, appelé aussi premier pilier.
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La prévoyance professionnelle (LPP) : il s’agit du deuxième pilier, une retraite complémentaire obligatoire pour les salariés.
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L’épargne individuelle (troisième pilier) : facultative, elle est souvent souscrite volontairement, ou proposée par l’employeur dans le cadre de la préparation de votre retraite.
Ces droits sont constitués en fonction des années de cotisations et des revenus perçus côté suisse. Ils sont ensuite versés sous forme de rente ou de capital selon les choix et les règles applicables.
Le calcul de la pension suisse dépend de plusieurs éléments :
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Le nombre d’années cotisées à l’AVS.
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Le revenu annuel moyen durant cette période.
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Le montant des cotisations LPP, qui influent sur le capital épargné.
Contrairement au système de retraite en France, il n’existe pas de trimestres ni de points. La rente AVS est calculée de manière linéaire, avec un montant plafonné : environ 2 450 CHF/mois pour une personne seule en 2025. La LPP complète la rente AVS selon le capital accumulé, converti en rente selon un taux de conversion défini par la caisse.
L’âge légal de la retraite en Suisse est actuellement :
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65 ans pour les hommes
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64 ans pour les femmes, avec un passage progressif à 65 ans d’ici 2028 dans le cadre de la réforme AVS 21.
Une retraite anticipée est possible dès 63 ans pour les hommes et 62 ans pour les femmes, voire plus tôt selon les caisses de pension, mais cela entraîne une réduction définitive de la rente proportionnelle aux années anticipées.
Cet âge de la retraite est distinct de celui fixé en France, ce qui est à prendre en compte lors de la préparation de votre retraite.
Le frontalier peut percevoir :
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La rente AVS, versée mensuellement à vie depuis la Suisse.
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La rente LPP, qui peut être :
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mensuelle à vie ;
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sous forme de capital, partielle ou totale, selon les dispositions de la caisse.
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Le choix entre rente ou capital doit être mûrement réfléchi, en tenant compte de la fiscalité applicable en France, de l’espérance de vie, et des projets personnels de retraite. Une analyse personnalisée est souvent recommandée pour optimiser sa retraite en Suisse et en France.
Oui, le cumul est tout à fait possible. Chaque pays verse la part de retraite correspondant aux périodes d’activité effectuées sur son territoire :
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La Suisse verse l’AVS et la LPP pour les années travaillées sur son sol.
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La France verse les prestations de son régime de base et de ses régimes complémentaires (notamment l’Agirc-Arrco) pour les périodes travaillées en France.
Les accords bilatéraux et les règlements européens permettent la totalisation des droits pour éviter toute perte de pension. Il est donc essentiel de déclarer toutes les périodes accomplies dans les deux pays au moment de la demande de retraite, afin d’assurer une prise en compte optimale dans le calcul de votre retraite européenne.