Troubles bipolaires : reconnaître les premiers signes
On entend souvent parler de « sautes d’humeur », de « hauts et de bas ». Mais attention à ne pas confondre un trouble bipolaire avec un simple coup de fatigue ou une mauvaise journée. Ici, nous parlons d’une maladie mentale chronique, touchant environ une personne sur 100 selon l’Assurance Maladie, et qui mérite d’être reconnue et prise en charge.
Modifié le 25 février 2026
Troubles bipolaires : de quoi parle-t-on ?
Une maladie psychiatrique chronique
Le trouble bipolaire se caractérise par des épisodes dépressifs et des phases d’excitation anormale de l’humeur. Cela ne signifie pas que la personne est « capricieuse », mais qu’elle traverse des périodes de dépression profonde, entrecoupées de moments où tout semble possible, même l’impossible. Entre ces épisodes, il peut y avoir ce que l’on appelle des intervalles de rémission.
Ce trouble apparaît généralement chez les jeunes adultes, mais peut rester inaperçu pendant des années, ou se déclarer après 60 ans.
Deux types principaux à distinguer
Il n’y a pas un trouble bipolaire, mais plusieurs formes. On distingue surtout deux types :
- Le trouble bipolaire de type 1 : caractérisé par la présence d’au moins un épisode maniaque (excitation extrême) ou mixte. L’épisode maniaque peut être isolé ou accompagné d’épisodes dépressifs.
- Le trouble bipolaire de type 2 : alternance de phases dépressives et de phases d’hypomanie, plus légères que la manie, mais suffisamment marquées pour perturber le quotidien.
Il existe aussi d’autres formes, moins connues : des épisodes mixtes, où dépression et excitation se superposent, ou des cas sans phase dépressive marquée, ce qui complique le diagnostic. D’où l’intérêt de ne pas faire de raccourci et d’en parler avec un professionnel si un doute persiste.
Un trouble étudié de longue date
Le trouble bipolaire n’est pas une lubie moderne. Il était déjà identifié sous le nom de psychose maniaco-dépressive au siècle dernier. Et ce terme, bien qu’abandonné aujourd’hui, reflétait déjà la nature cyclique et intense du trouble.
Les spécialistes ont désormais une meilleure compréhension des origines multiples de la maladie : des facteurs génétiques, des dérèglements biologiques, mais aussi des événements de vie marquants peuvent interagir et provoquer l’apparition du trouble.
On sait aussi que certains éléments peuvent déclencher ou aggraver les épisodes : un stress important, un manque de sommeil, une consommation d’alcool/drogue ou même un changement de rythme de vie brutal.
Comment reconnaître une phase dépressive ou maniaque ?
Signes d’une phase dépressive
Parfois, on se dit que c’est juste un coup de blues. Sauf que là, le moral ne remonte pas. Il s’enfonce. Et tout devient lourd, même les gestes du quotidien.
Une phase dépressive dans le cadre d’un trouble bipolaire, c’est bien plus qu’une simple tristesse. On y retrouve plusieurs dimensions :
- Sur le plan émotionnel, la tristesse est constante. On parle aussi d’anxiété diffuse, de perte d’intérêt pour ce qu’on aimait avant (famille, loisirs, travail…).
- Sur le plan physique, la fatigue est écrasante, le sommeil perturbé, parfois remplacé par des insomnies ou des réveils précoces. L’appétit baisse, le corps peut sembler douloureux ou ralenti sans cause apparente.
- Dans les pensées, la mésestime de soi s’installe. La personne se sent inutile, coupable. Parfois, des idées noires surgissent, jusqu’à des pensées suicidaires, à prendre très au sérieux.
- Comportementalement, on observe un isolement progressif, une lenteur inhabituelle, des difficultés à accomplir des tâches simples : faire les courses, prendre une douche, répondre à un appel…
Les troubles bipolaires ne sont pas une question de volonté. C’est un vrai déséquilibre, qui appelle une vraie aide.
Signes d’une phase maniaque ou hypomaniaque
À l’inverse, la phase maniaque peut, au départ, sembler positive : la personne déborde d’énergie, a mille projets à la seconde, se sent invincible. Mais attention : l’emballement de l’humeur n’est pas une bonne nouvelle.
- L’humeur peut aller de l’euphorie excessive à une irritabilité extrême. On se sent « au-dessus du lot », prêt à tout, voire supérieur aux autres.
- Les comportements changent : dépenses inconsidérées, prises de risque inhabituelles, comportements sexuels impulsifs, décisions professionnelles irréfléchies. La personne n’en a pas forcément conscience sur le moment.
- Les troubles du sommeil apparaissent. Et pourtant, aucune fatigue : la personne dort 2 ou 3 heures… et continue comme si de rien n’était.
- Le discours s’emballe : la personne parle vite, beaucoup, passe d’un sujet à l’autre, ne s’arrête jamais. Ses idées fusent, sans filtre. Dans les cas les plus graves (manie), on peut observer des délires, des hallucinations, ou une perte totale de contact avec la réalité.
Quand l’entourage commence à se dire : « ce n’est plus lui/elle, ce n’est pas normal », il est temps d’agir. Car plus on attend, plus l’épisode peut s’aggraver – et rendre le retour à l’équilibre plus difficile.
Quand consulter ?
| Situation | Consultation conseillée ? |
|---|---|
| Humeur anormalement haute ou basse qui dure > 2 semaines | Oui |
| Retrait social, isolement, perte d’envies | Oui |
| Discours confus, idées délirantes ou comportement risqué | Oui sans attendre |
| Idées noires, pensées suicidaires | Urgence médicale : consulter immédiatement |
| Fatigue passagère | Pas forcement, sauf si cela se répète |
| Irritabilité ponctuelle liée à une situation stressante | Non, sauf si elle s’installe |
Que faire si vous ou un proche êtes concerné ?
Parler, sans attendre
Quand les émotions deviennent envahissantes, ou que les comportements sortent de l’ordinaire, le mieux est de consulter sans tarder. Un trouble bipolaire peut rester silencieux pendant des années, surtout si l’on ne parle que des phases dépressives en consultation. Or, c’est souvent l’alternance entre les moments d’abattement et les périodes d’euphorie qui permet de poser le bon diagnostic.
Le médecin traitant est là pour écouter, évaluer la situation dans sa globalité et, si besoin, orienter vers un psychiatre.
L’importance de l’entourage
Être proche d’une personne concernée par des troubles bipolaires, c’est parfois repérer ce qu’elle-même ne voit pas. Sans juger, l’entourage peut jouer un rôle clé : alerter, encourager à consulter, accompagner dans les démarches.
Un regard extérieur peut aussi prévenir une rechute, en repérant des signaux comme un sommeil raccourci, une agitation inhabituelle ou un discours qui s’accélère. Au quotidien, le soutien passe par des repères simples : horaires réguliers, environnement apaisant, aide à structurer les journées, et parfois… juste une présence bienveillante.
C’est en formant une équipe – patient, médecin, proches – que le trouble devient plus facile à stabiliser.
Parce qu’un trouble bipolaire ne se résume pas à des sautes d’humeur, mieux vaut en comprendre les signes dès les premières alertes. Pour découvrir des activités tournées vers le bien-être et la connaissance de son corps et de son esprit, découvrez les ateliers Santé Durable proposés par Alptis Communities.