Trouble neurocognitif : identifier les premiers signes 

Un nom oublié, des lunettes introuvables, la date du rendez-vous notée sur… un post-it disparu. Pas de panique, ces petites étourderies relèvent de la normalité. Mais quand ces oublis deviennent envahissants, qu’ils gênent vos activités quotidiennes ou inquiètent vos proches, il est temps d’en parler. Et s’il ne s’agissait pas juste de l’âge ? Certains signes peuvent révéler un trouble neurocognitif débutant. Dans cet article, nous vous aidons à faire la part des choses.

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Modifié le 25 février 2026

Trouble neurocognitif ou simple oubli : de quoi parle-t-on ?

Un trouble neurocognitif, c’est plus qu’un trou de mémoire passager. C’est une atteinte du cerveau qui affecte la mémoire, l’attention, le langage ou encore le raisonnement. Il en existe deux formes : léger et majeur. Dans le premier cas, vous remarquez les difficultés, mais vous continuez à vivre normalement, parfois avec des petites adaptations (noter davantage, s’organiser différemment). Dans le second, ce que l’on appelait auparavant la démence, les troubles deviennent plus marqués et altèrent votre autonomie.

Il ne faut pas confondre le vieillissement cérébral naturel (qui ralentit certaines fonctions sans altérer la qualité de vie) avec un trouble cognitif débutant, qui est une vraie alerte.

Et la maladie d’Alzheimer dans tout ça ? Elle fait partie des troubles neurocognitifs majeurs. Mais ce n’est pas la seule cause. D’autres maladies ou facteurs (AVC, dépression, carences…) peuvent aussi être en cause.

 

TNC : quels sont les premiers signes et signaux d’alerte à ne pas négliger ?

Situation observéePourquoi consulter ?
Vous oubliez régulièrement des événements importants Ces oublis sont inhabituels et impactent votre vie quotidienne
Vous avez du mal à retrouver vos mots ou à suivre une conversation Difficultés de langage et de compréhension : premiers signes possibles d’un trouble neurocognitif
Vous vous perdez dans des lieux connus ou confondez les datesDésorientation dans le temps ou l’espace : à prendre au sérieux
Vous avez des sautes d’humeur fréquentes, vous vous isolezUn changement de comportement peut traduire un trouble cognitif ou une souffrance morale
Vous n’arrivez plus à gérer vos papiers, vos comptes, vos médicamentsDifficultés dans les tâches quotidiennes = perte d’autonomie à surveiller
Vos proches vous disent que vous avez changéL’avis de l’entourage est précieux, même si vous ne vous en rendez pas compte

Que faire en cas de doute ? Le rôle clé de l’entourage

Un proche vous semble plus confus ou moins lui-même ces derniers temps ? Vous hésitez à lui en parler ? C’est normal. Aborder ces sujets sensibles demande doigté, patience… et beaucoup de bienveillance.

Comment en parler avec la personne concernée

Plutôt que de dire « Tu perds la tête » ou « Je pense que tu as un trouble neurocognitif », optez pour : « Je trouve que tu sembles plus fatigué en ce moment, tu veux qu’on en parle ensemble avec le médecin ? » L’idée, c’est de rester dans l’écoute et la proposition, pas dans le reproche. On parle d’un changement de santé, pas d’un défaut de caractère. Si vous n’êtes pas à l’aise dans la démarche, certains ateliers proposés par Alptis Communities aident à trouver les mots juste pour mieux communiquer avec les autres selon les situations.

Attitudes à adopter pour éviter le conflit

Face à une personne en difficulté, inutile de la brusquer. Gardez une posture rassurante : proposez votre aide, valorisez ce qu’elle fait encore bien, encouragez sans infantiliser. Le but : maintenir la confiance.

Repérer les moments où l’autonomie se dégrade

Des repas oubliés, des factures impayées, une hygiène qui se dégrade, des absences inexpliquées… Ces petits signaux doivent être relevés, sans dramatiser, mais en en parlant.

L’importance d’agir tôt

Plus le trouble neurocognitif est détecté tôt, plus les solutions sont efficaces et moins difficiles à installer : aménagements du quotidien, stimulation cognitive, accompagnement médico-social…

Troubles neurocognitifs : vers qui se tourner et comment être bien accompagné ?

Face à des troubles de la mémoire ou du comportement, mieux vaut ne pas rester seul dans le flou. Il existe un parcours de soins clair, conçu pour vous accompagner, vous et vos proches, pas à pas.

Qui consulter en premier ?

Commencez par votre médecin traitant. C’est lui qui coordonne les premières étapes : évaluation des signes, recherche de causes physiques (fatigue, médicaments, carences), et orientation vers des spécialistes si besoin.

Selon le degré du trouble neurocognitif, il pourra faire appel à un gériatre ou à une équipe mobile de gériatrie, notamment pour une évaluation globale de l’autonomie, de l’état nutritionnel et du moral. Si les troubles persistent, un avis spécialisé auprès d’un neurologue, d’un psychiatre ou en consultation mémoire permettra de préciser le diagnostic.

Quels examens sont proposés ?

Le médecin pourra prescrire :

  • un examen neurologique complet,
  • une ponction lombaire pour rechercher les marqueurs biologiques spécifiques de la maladie d’Alzheimer
  • une imagerie cérébrale (IRM ou scanner),
  • un bilan biologique approfondi (TSH, vitamines, fonction rénale, glycémie, etc.),
  • et des tests cognitifs (MMS, GP-Cog).

Selon les résultats, une prise en charge pluridisciplinaire peut être mise en place : rééducation cognitive, stimulation de la mémoire, orthophonie, ou thérapie par réminiscence.

Quel accompagnement pour les proches ?

Être aidant, c’est admirable… mais cela peut être épuisant. Heureusement, des ressources existent :

  • plateformes de répit, pour souffler,
  • thérapies de soutien (médecin formé ou psychologue),
  • l’obtention du statut d’aidant familial pour lequel il est possible de toucher une compensation financière en cas d’assistance à un proche,
  • réseaux d’aidants, accueils de jour, associations locales.

 

Un trouble neurocognitif n’est pas une fatalité, encore moins une honte. C’est une réalité médicale qui se prend en charge, comme on prendrait soin d’un genou douloureux ou d’un cœur fatigué. Le plus important ? Ne pas rester seul, ni dans le doute, ni dans l’accompagnement. Pour anticiper l’avenir, il est aussi possible de souscrire une assurance dépendance et perte d’autonomie. Ce type de couverture permet de financer des aides humaines ou techniques en cas de dépendance lourde, et de préserver sa qualité de vie malgré les difficultés. Chez Alptis, les proches aidants sont aussi accompagnés et peuvent bénéficier de périodes de répit.