Accompagner un proche atteint de la maladie d’Alzheimer

Identifiée en 1907 par le psychiatre et neuropathologiste allemand Aloïs Alzheimer, la maladie d’Alzheimer entraîne progressivement un déclin cognitif et physique, qui se manifeste principalement chez les personnes âgées, mais peut aussi toucher une population plus jeune.

Lorsqu’elle évolue, la maladie d’Alzheimer peut entraîner des difficultés de communication avec la personne qui en est atteinte. Si vous souhaitez accompagner l’un de vos proches touché par cette maladie neurodégénérative, il est important de savoir reconnaître les premiers signes de cette pathologie et de garder un véritable contact avec la personne qui en souffre.

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Modifié le 30 juillet 2025

La maladie d’Alzheimer en quelques chiffres

Résultant d’une dégénérescence progressive des neurones, qui s’initie au niveau de l’hippocampe, une structure cérébrale apparentée à la mémoire, et se développe dans l’ensemble du cerveau, la maladie d’Alzheimer entraîne des troubles de la mémoire immédiate, de l’orientation dans le temps et l’espace, et des fonctions dites exécutives. Cette pathologie touche majoritairement les personnes âgées de plus de 65 ans, mais, dans de rares cas, elle peut aussi se manifester chez des personnes plus jeunes.

Des statistiques en forte croissance

Bien qu’en 2015, la maladie d’Alzheimer concernait environ 46 millions de la population mondiale, une étude réalisée par l’institut BVA X-Sight et la Fondation Recherche Alzheimer a démontré que 1,3 million de personnes seraient atteintes de maladies neurodégénératives en France en 2024, dont la maladie d’Alzheimer et ses pathologies apparentées. Depuis 2019, la maladie d’Alzheimer est considérée comme la 7ᵉ cause de décès dans le monde. D’ici à 2025, 1 800 000 personnes pourraient être touchées par une maladie neurocognitive, dont la maladie d’Alzheimer, ce qui concernerait 9,6% des Français âgés de plus de 65 ans.

Des avancées sur la recherche sur la maladie d’Alzheimer

Néanmoins, des avancées sur la recherche sur la maladie d’Alzheimer aux États-Unis ont permis l’autorisation de deux immunothérapies : l’aducanumab et le lecanumab qui ont une efficacité prouvée sur les plaques amyloïdes, c’est-à-dire les lésions cérébrales qui entraînent le développement de la maladie d’Alzheimer. Ces nouvelles découvertes permettraient ainsi de ralentir la progression de la maladie.

Comment la maladie d’Alzheimer impacte-t-elle le quotidien ?

Si l’un de vos parents ou votre conjoint est atteint de la maladie d’Alzheimer, il connaîtra une réduction progressive de son autonomie du fait de l’évolution des symptômes de cette pathologie. Bien que la maladie d’Alzheimer se manifeste, en premier lieu, par des troubles de la mémoire à court terme, celle-ci peut devenir de plus en plus handicapante et nécessiter la désignation d’un aidant en charge de réaliser certaines tâches et activités quotidiennes. Lorsque les mémoires à long terme (épisodique, sémantique et procédurale) sont affectées et que le stade de la maladie est avancé, les proches de la personne atteinte d’Alzheimer peuvent décider de placer leur parent ou conjoint dans un institut spécialisé.

De cette manière, celui-ci recevra des soins adaptés au stade de sa maladie. Une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer peut progressivement être dans l’incapacité de se nourrir, de se laver ou encore d’habiter seule et devient, parfois, un véritable danger pour elle-même. Du côté de l’entourage, assister à la dégradation de l’état de santé d’un parent ou de son conjoint peut également être difficile à vivre, en particulier lorsque la personne touchée par la maladie ne vous reconnait plus, ou connait des troubles de l’humeur, de la personnalité ou du comportement.

Quels sont les premiers signes de la maladie d’Alzheimer et comment la diagnostiquer ?

Connaître les premiers signes de la maladie d’Alzheimer peut s’avérer nécessaire pour accompagner une personne atteinte de cette pathologie et l’inciter à consulter un professionnel au plus tôt.

Les premiers symptômes

Lorsqu’ils sont isolés, les symptômes, tels qu’une perte de la notion du temps, des changements d’humeur fréquents ou encore des oublis d’évènements récents, ne sont pas forcément le signe d’un début de maladie d’Alzheimer. Néanmoins, dès qu’ils commencent à être répétitifs ou qu’ils s’accompagnent d’autres signes, cela peut être un déclencheur pour inciter une personne à consulter un professionnel de santé afin qu’il effectue un diagnostic précoce. D’autres symptômes de la maladie d’Alzheimer peuvent alors survenir comme :

  • Des difficultés à effectuer les tâches du quotidien et à raisonner
  • Une perte de motivation
  • Des troubles du langage
  • Des pertes fréquentes d’objets
  • Une altération du jugement
  • Un changement de personnalité

Le diagnostic et l’importance d’une détection précoce

Diagnostiquer une personne souffrant d’Alzheimer de manière précoce permet d’instaurer rapidement un plan de suivi et une prise en charge adaptée à l’état du patient avant que celui-ci perde son autonomie. Même s’il n’existe pas de réel traitement à la maladie d’Alzheimer, un diagnostic précoce prépare le patient, tant qu’il est encore lucide, ainsi que la famille ou les proches et leur permet de mettre en place certaines mesures pour accompagner dans les meilleures conditions la personne atteinte de cette pathologie.

Quels sont les différents stades de la maladie ?

Quand une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer, celle-ci peut passer par différentes étapes de déclin cognitif. Le premier stade, appelé le stade asymptomatique, passe généralement inaperçu puisque les éventuels troubles de la mémoire sont associés à l’âge de la personne. Les premiers signes de la maladie d’Alzheimer ont ainsi tendance à apparaître à partir du second stade, même s’ils peuvent parfois être simplement dus à l’âge avancé de la personne. Les symptômes perçus lors du 3ᵉ stade de la maladie d’Alzheimer peuvent, dans certains cas, permettre d’effectuer un diagnostic précoce. Le 4ᵉ stade de la maladie d’Alzheimer dénote des symptômes plus évidents comme l’oubli d’évènements récents ou passés, des troubles de l’humeur ainsi que des difficultés à réaliser des tâches quotidiennes.

À partir du 5ᵉ stade de la maladie d’Alzheimer, la personne qui en souffre nécessitera l’accompagnement d’un aidant du fait de sa perte d’autonomie. Le 6ᵉ et le 7ᵉ stade de la pathologie sont représentés par des troubles de la mémoire plus importants et plus fréquents. Ici, l’individu peut oublier son propre nom ainsi que de nombreux évènements de son passé. Au stade terminal, la personne concernée n’est plus capable d’interagir avec son entourage et peut faire l’objet d’hallucinations ou de troubles obsessionnels compulsifs. Bien que certains stades soient identifiables, il est important de noter que ceux-ci peuvent varier d’un individu à un autre.

Quels sont les soins et traitements de la maladie d’Alzheimer ?

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement curatif à la maladie d’Alzheimer, mais quelques médicaments ont été développés afin de ralentir l’évolution de la maladie tels que la rivastigmine et la galantamine, la mémantine et le donépézil. Les molécules contenues dans ces médicaments agissent aussi sur les troubles du comportement que peut entraîner la maladie d’Alzheimer. Grâce à la prise de ces médicaments, des améliorations en termes de communication, de mémoire et de réflexion, ou encore au niveau de la réalisation des activités quotidiennes ont été observées chez les patients concernés.

Entraînant une perte de repères, la maladie d’Alzheimer est difficile à vivre pour un ’individu comme pour ses proches. La mise en place d’actions thérapeutiques peut alors aider à appréhender les différents stades de cette maladie. Que l’individu atteint d’Alzheimer soit accompagné par un aidant à domicile ou encadré par des professionnels de santé au sein d’un institut spécialisé, des ateliers artistiques peuvent l’apaiser et réduire ses troubles du comportement ou de la personnalité. Des exercices de relaxation ou encore de gymnastique douce, ainsi que des ateliers suscitant la mémoire peuvent aussi améliorer le quotidien des personnes souffrant d’Alzheimer.

Comment prévenir la maladie d’Alzheimer ?

D’après une étude, il serait possible de réduire le nombre de cas de maladie d’Alzheimer de 35 % grâce à une prévention adaptée et une prise en compte des facteurs de risque. Pour prévenir la maladie d’Alzheimer, certaines mesures peuvent alors être prises, à l’échelle individuelle comme collective.

Modifier ses habitudes quotidiennes

Prévenir l’apparition des premiers symptômes de démence peut notamment se faire grâce à l’adoption d’une alimentation saine et équilibrée composée des nutriments essentiels au bon développement et fonctionnement du cerveau. Lutter contre la sédentarité en pratiquant une activité physique régulière comme le vélo, la marche ou encore la course à pied pourra stimuler la production neuronale, ce qui est bénéfique pour les fonctions cérébrales. La prévention de la maladie d’Alzheimer comprend également le maintien d’interactions sociales et la pratique d’activités stimulantes intellectuellement qui augmentent la réserve cognitive.

Réduire les facteurs de risque

Reconnue comme une pathologie multifactorielle, la maladie d’Alzheimer peut se développer par le biais d’un terrain génétique ou de facteurs de risque. D’après une étude, la perte auditive chez les personnes âgées est à surveiller puisque celle-ci peut entraîner l’apparition de signes de démence ou de la maladie d’Alzheimer. Ceci s’explique entre autres par le fait que les personnes âgées malentendantes ont davantage tendance à s’isoler et à réduire leurs interactions sociales.

En demandant au cerveau de fournir un effort supplémentaire pour comprendre et traduire des sons, ce dernier peut s’épuiser et ne plus avoir suffisamment d’énergie pour stimuler la partie cérébrale relative à la mémoire. Pour prévenir l’apparition de la maladie d’Alzheimer, prendre en charge les facteurs de risques environnementaux, dits modifiables, comme l’hypertension artérielle, le tabac, la sédentarité, l’obésité ou encore le diabète, sera également nécessaire.

Quels sont les dispositifs de soutien mis en place pour la maladie d’Alzheimer ?

En France, l’association France Alzheimer est la seule structure à être reconnue d’utilité publique dans le cadre de la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées. Visant à accompagner les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer et leurs familles, France Alzheimer se charge d’informer et d’orienter les aidants sur les démarches à suivre pour faciliter le quotidien de la personne malade.

Différentes structures d’aide pour les malades et les aidants ont également été mises en place par l’État en France telles que les Maisons pour l’Autonomie et l’Intégration des malades Alzheimer (MAIA), les EHPAD, ainsi que les accueils de jour et structures de répit. Les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) proposent notamment des pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) et des unités d’hébergement renforcées (UHR) pour accompagner les malades à travers les différents stades de la maladie.

Pour accompagner un proche atteint de la maladie d’Alzheimer, il est nécessaire de savoir reconnaître les premiers signes de cette pathologie et de comprendre comment celle-ci impactera le quotidien de la personne concernée. Avoir une bonne connaissance des différents stades de la maladie vous permettra par ailleurs de mettre en place les mesures nécessaires visant à soutenir votre proche dans cette épreuve. Faisant partie des maladies de longue durée (ALD), les soins liés à la maladie d’Alzheimer sont pris en charge à 100% par la Sécurité sociale. Toutefois, certaines dépenses de santé au montant particulièrement élevé restent à la charge des familles, ce qui pourra justifier de compléter votre prise en charge avec une mutuelle Alptis.

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