Lutte contre les déserts médicaux : comment continuer à se soigner ?
Trouver un praticien disponible ou obtenir un rendez-vous dans un délai raisonnable est parfois un parcours semé d’embûches. En France, selon le rapport du gouvernement en 2025, 87 % du territoire est ainsi classé en situation de fragilité médicale et 6 millions de personnes ne disposent pas de médecin traitant. Pour les seniors, dont les besoins de suivi augmentent avec l’âge, cette raréfaction de l’offre suscite de l’inquiétude et renforce un sentiment d’isolement. Mais des solutions existent pour rapprocher les soins de ses besoins, notamment par le biais de structures de proximité.
Posté le 04 novembre 2026
Sommaire de l'article :
- Qu’est-ce qu’un désert médical ? Idées reçues et réalité du territoire
- Les origines de la pénurie et ses conséquences sur la santé
- Quelles sont les solutions proximité pour continuer à se soigner
- Anticiper et utiliser les outils numériques pour préserver son autonomie
- L’engagement d’Alptis : vous accompagner au quotidien
Qu’est-ce qu’un désert médical ? Idées reçues et réalité du territoire
L’expression « désert médical » évoque l’image de villages ruraux totalement dépourvus de professionnels de santé. La réalité est bien plus complexe.
Une difficulté d’accès plutôt qu’une absence totale
Un désert médical ne se caractérise pas par une absence absolue de soignants, mais par une inadéquation entre les besoins de la population et le nombre de praticiens disponibles dans un périmètre ou un délai raisonnable.
Les chiffres officiels comptabilisent environ 339 médecins pour 100 000 habitants en moyenne nationale, mais cette présence demeure très inégale. Près de 1,7 million de Français se trouvent en effet dans une situation très défavorisée pour accéder à un généraliste.
Le paysage des déserts médicaux en résumé
- 87 % du territoire français classé en fragilité médicale
- 6 millions de citoyens sans médecin traitant déclaré
- 151 intercommunalités classées en « zone rouge » prioritaire (2,5 millions d’habitants)
- 73 % des Français ont déjà renoncé à au moins un soin au cours des 5 dernières années
Un phénomène qui touche aussi les zones urbaines
La pénurie de praticiens ne concerne plus uniquement les campagnes profondes. Le ministère de la Santé identifie plus d’une centaine d’intercommunalités prioritaires dites « zones rouges », regroupant 2 à 2,5 millions d’habitants. Si ces zones s’étendent le long de la « diagonale du vide » (du Sud-Ouest à l’Est), elles englobent aussi de nombreuses villes moyennes, des banlieues périrurbaines et des territoires d’outre-mer. La vulnérabilité médicale concerne désormais l’ensemble des bassins de vie.
Les origines de la pénurie et ses conséquences sur la santé
Les causes d’un déséquilibre démographique
La situation présente résulte de plusieurs décennies d’ajustements démographiques :
- L’héritage du numerus clausus : la limitation stricte du nombre d’étudiants en médecine pendant plusieurs décennies a créé un déficit de praticiens qui atteint aujourd’hui son niveau le plus critique, au moment où la génération du papy-boom part à la retraite.
- L’évolution des modes d’exercice : les jeunes médecins privilégient l’exercice regroupé, le salariat ou le travail en équipe pluriprofessionnelle, délaissant le modèle traditionnel du cabinet libéral isolé avec des gardes permanentes.
Des délais d’attente allongés et le risque de renoncement
L’allongement des délais d’attente est la conséquence la plus directe de cette pénurie. En moyenne, l’obtention d’un rendez-vous chez un généraliste demande près de deux semaines, contre quatre jours en 2019. Pour les spécialistes, les délais s’étendent à trois mois en cardiologie et quatre mois en dermatologie.
En raison de ces contraintes, le renoncement aux soins progresse. Selon une étude de la Fédération Hospitalière de France (FHF), 73 % des Français déclarent avoir renoncé à au moins un soin au cours des cinq dernières années. Dans plus de la moitié des cas, ce renoncement s’explique par la difficulté à obtenir un créneau plutôt que par des considérations financières.
Les réponses publiques : solidarité territoriale et nouveaux praticiens
Pour enrayer cette crise, les pouvoirs publics déploient des mesures nationales et des plans d’urgence.
La mises en place des « docteurs juniors »
L’une des mesures phares repose sur l’affectation de 3 000 « docteurs juniors », soit des étudiants en toute fin de cursus médical, dans les territoires les plus fragiles. Ces jeunes médecins consultent en autonomie supervisée quatre jours par semaine. Le dispositif pourrait apporter jusqu’à 15 millions de consultations annuelles supplémentaires au cœur des zones sous-dotées.
La solidarité territoriale et la réorganisation des soins contre les déserts médicaux
Le pacte gouvernemental contre les déserts médicaux a pour but de renforcer la solidarité entre territoires. Les praticiens installés dans des zones correctement pourvues sont à ce titre incités à effectuer des consultations avancées dans les secteurs voisins en difficulté. L’ambition affichée est de 30 millions de consultations supplémentaires grâce à ces coopérations.
Quelles sont les solutions proximité pour continuer à se soigner
Au-delà des plans nationaux, les initiatives locales et le redéploiement des compétences apportent des solutions immédiates pour maintenir un suivi de qualité.
Les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) et le salariat médical
Partout en France, des collectivités locales créent des centres de santé publics et recrutent des médecins salariés. En région Centre-Val de Loire, par exemple, le recrutement de 80 médecins salariés au sein de 22 centres a permis de réaliser plus de 90 000 consultations. Ces établissements regroupent généralistes, infirmiers et masseurs-kinésithérapeutes, pour une continuité des soins sur un même site. Cela ne résout pas toutes les problématiques, surtout pour consulter des spécialistes, mais l’effet de désengorgement des cabinets est réel.
Les dispositifs mobiles : l’exemple des médicobus
Pour rompre l’isolement des patients peu mobiles ou résidant dans des hameaux éloignés, des consultations itinérantes se développent. Les « médicobus », équipés du matériel médical nécessaire, arpentent par exemple les routes rurales pour proposer des consultations de suivi, particulièrement aux personnes âgées ou atteintes d’une Affection de Longue Durée (ALD).
Les relais de soins de proximité à mobiliser
- Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) : ces regroupements de professionnels à l’échelle d’un bassin de vie organisent l’accès à un médecin traitant et gèrent les soins non programmés. En cas de besoin urgent ou de recherche prolongée de praticien, contacter la CPTS de son secteur permet d’intégrer un circuit d’orientation prioritaire.
- Les Infirmiers en Pratique Avancée (IPA) : ce sont des professionnels disposant de compétences médicales élargies. Dans le cadre de pathologies chroniques stabilisées (diabète, maladie cardiovasculaire, insuffisance respiratoire), l’IPA réalise des examens cliniques, prescrit des bilans biologiques ou des examens d’imagerie et adapte les traitements quotidiens sans repasser par le généraliste à chaque renouvellement.
- Les pharmaciens d’officine : interlocuteurs accessibles sans rendez-vous, les pharmaciens ne délivrent pas seulement des médicaments. Ils administrent aussi la majorité des vaccins (grippe, Covid-19, pneumocoque, zona), effectuent des dépistages rapides (angine, infections urinaires simples) et peuvent ajuster ou prolonger temporairement une ordonnance pour éviter toute interruption de traitement.
Anticiper et utiliser les outils numériques pour préserver son autonomie
Le manque de médecins ou l’impossibilité de prendre un rendez-vous rapide invitent les patients à trouver des solutions alternatives, mais aussi à organiser le suivi de leur santé.
Organiser son historique de santé
Pour pallier la rareté des créneaux, gérer soi-même ses informations médicales devient un atout :
- Renseigner « Mon espace santé » : ce service numérique national permet de centraliser vos ordonnances, bilans biologiques et comptes-rendus d’imagerie. Tout professionnel consulté peut ainsi accéder rapidement à votre historique.
- Anticiper les renouvellements : n’attendez pas le dernier moment pour planifier les consultations de contrôle ou demander le renouvellement d’un traitement au long cours. Une astuce simple : si vous avez un médecin traitant et un traitement régulier, pensez à prendre le prochain rendez-vous à la sortie du cabinet.
La téléconsultation encadrée
La consultation à distance est une solution complémentaire pertinente pour l’analyse de résultats d’examens ou l’obtention d’un avis rapide. Réalisée depuis chez soi ou via une borne connectée installée en pharmacie avec l’aide de l’officine, elle évite les déplacements superflus tout en maintenant le lien avec le corps médical.
L’engagement d’Alptis : vous accompagner au quotidien
Fidèle à sa démarche de prévention et de protection, Alptis met à la disposition de ses adhérents des outils simples pour avancer dans le système de santé :
- Services de téléconsultation intégrés : des solutions d’assistance médicale à distance permettent de joindre rapidement un praticien pour une orientation ou un conseil.
- Orientation et accompagnement : rendez-vous sur votre espace adhérent, rubrique Contrat > Rechercher un praticien, pour trouver un professionnel de santé près de chez vous.
- Sensibilisation et prévention : des actions locales et des contenus informatifs soutiennent votre autonomie pour vous aider à préserver votre capital santé à tout âge, rendez-vous sur alptis-communities.org/.
Bien que les déserts médicaux soient une réalité, les solutions de proximité, qui s’ajoutent à l’évolution des compétences des soignants et à la solidarité territoriale, permettent d’entrevoir un meilleur maillage. Dans tous les cas, ne laissez pas le manque de praticiens disponibles mettre à mal le suivi de votre santé. Et votre mutuelle est là pour vous accompagner.
Sources de l’article :