Professions libérales : vos indemnités d’arrêt de travail
Près de 2,8 millions de Français exercent une profession libérale, réglementée ou non. Autonomes à la fois dans leur activité et leur protection sociale, ils peuvent néanmoins compter sur des indemnités journalières d’arrêt maladie depuis quelques années. Quelles sont les conditions prévues pour en bénéficier ?
Modifié le 13 janvier 2026
Sommaire de l'article :
- Indemnités journalières : pour quels professionnels libéraux ?
- Libéraux : quelles conditions pour être indemnisé en cas d’arrêt de travail ?
- Indemnités journalières pour professions libérales : montant et durée
- Quelle cotisation pour bénéficier d’indemnités journalières ?
- Questions fréquentes sur les indemnités journalières pour les professions libérales
Indemnités journalières : pour quels professionnels libéraux ?
Les indemnités journalières (IJ) en cas d’arrêt maladie sont devenues une réalité pour de nombreux libéraux depuis le 1er juillet 2021. Cela marque une évolution significative dans le système de protection sociale de ces travailleurs indépendants.
La mesure s’adresse à toutes les professions libérales réglementées et affiliées à la CNAVPL (Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse des Professions Libérales), soit :
- Les experts-comptables et commissaires aux comptes rattachés à la CAVEC.
- Les officiers ministériels et publics rattachés à la CAVOM.
- Les agents généraux d’assurance rattachés à la CAVAMAC.
- Les notaires rattachés à la CRN.
- Les vétérinaires rattachés à la CARPV.
- Les médecins rattachés à la CARMF.
- Les pharmaciens rattachés à la CAVP.
- Les chirurgiens-dentistes et sages-femmes rattachés à la CARCDSF.
- Les auxiliaires médicaux rattachés à la CARPIMKO.
- Les professions libérales réglementées rattachées à la CIPAV.
Seuls les avocats, relevant de la CNBF (Caisse Nationale des Barreaux Français), ne sont pas concernés. En effet, la CNBF est indépendante de la CNAVPL et dispose de ses propres modalités d’indemnisation incluant le versement d’indemnités journalières.
Libéraux : quelles conditions pour être indemnisé en cas d’arrêt de travail ?
Vous exercez en libéral ? Pour bénéficier des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail pour maladie ou accident, vous devez remplir plusieurs conditions. Au préalable, vous devez tout d’abord justifier d’une affiliation continue à votre régime de protection sociale depuis au moins 12 mois.
Par ailleurs, trois autres critères spécifiques doivent être remplis :
- Vous êtes dans l’incapacité temporaire de poursuivre ou de reprendre votre activité professionnelle en raison d’une maladie ou d’un accident.
- Un arrêt de travail, prescrit par votre médecin traitant, est indispensable pour bénéficier des indemnités journalières.
- Pendant la période couverte par le certificat médical, vous devez interrompre totalement votre activité professionnelle.
Indemnités journalières pour professions libérales : montant et durée
Les indemnités journalières constituent une compensation financière versée par l’Assurance maladie afin de pallier votre perte de revenu pendant l’arrêt de travail. Sous réserve de remplir les conditions requises, vous pouvez en bénéficier après un délai de carence de trois jours. Vous commencerez donc à toucher vos indemnités journalières à partir du quatrième jour de votre arrêt de travail.
Les indemnités journalières des professions libérales sont versées, en moyenne, tous les 14 jours. Elles sont calculées selon vos revenus cotisés :
- Votre revenu d’activité annuel moyen (Raam) est pris en compte. Il correspond à la moyenne de vos revenus cotisés au cours des trois années civiles précédant la date de votre arrêt de travail.
- Le Raam pris en compte est par ailleurs limité à trois fois le montant du plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) en vigueur au jour du certificat médical. Au 1er janvier 2024, le PASS s’élève à 46 368 € brut.
- Le montant de chaque indemnité journalière est égal à 1/730e du Raam pris en compte, soit une demi-journée de rémunération pour le professionnel. Les IJ couvriront, dans le meilleur des cas, environ 50 % de votre revenu professionnel.
Du fait des plafonds applicables, l’IJ d’un professionnel libéral ne peut pas dépasser un montant maximal de 190,55 € brut au 1er janvier 2024.
Dans tous les cas, les indemnités journalières sont versées jusqu’au 90e jour de l’arrêt de travail. Au-delà, votre régime obligatoire prendra éventuellement le relais. Cela concerne uniquement :
- La CAVEC (experts-comptables et commissaires aux comptes).
- La CARMF (médecins).
- La CARCDSF (chirurgiens-dentistes et sages-femmes).
- La CARPIMKO (auxiliaires médicaux).
Bon à savoir : Et pour les micro-entrepreneurs ?
Les micro-entrepreneurs disposent de leur propre taux de cotisations, fixé à 0,2 %. Cette cotisation, calculée sur le chiffre d’affaires déclaré à l’URSSAF, est acquittée mensuellement ou trimestriellement, selon l’option déclarative choisie.
Quelle cotisation pour bénéficier d’indemnités journalières ?
Depuis le 1er janvier 2022, les professionnels libéraux sont soumis à une cotisation spécifique pour financer le nouveau régime d’indemnisation des arrêts de travail. Le taux de cotisation s’élève à 0,85% en 2024.
L’assiette de cotisation est elle-même soumise à un encadrement précis :
- Sa base minimale correspond à 40 % du PASS. Si votre revenu professionnel est inférieur à ce montant, votre cotisation annuelle sera au minimum égale à 56€ au 1er janvier 2024.
- Sa base maximale est de cinq fois le montant du PASS. Si votre revenu professionnel est compris entre 18 547 (40% du PASS) et 231 840 € (5 PASS), votre cotisation annuelle sera au minimum égale à 140€.
L’amélioration de la protection sociale des professions libérales ne vous dispense pas de prévoir une couverture complémentaire pour couvrir la totalité de votre revenu. Vous pourrez ainsi bénéficier de meilleures indemnités journalières. Découvrez les offres prévoyance Alptis spécifiquement conçues pour les libéraux, mais aussi pour tous les travailleurs indépendants !
Sources de l’article : Professions libérales : vos indemnités d’arrêt de travail
- https://www.entreprises.gouv.fr/fr/professions-liberales/professions-liberales-professions-liberales-reglementees-et-professions-reglementees
- https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/arret-maladie-profession-liberale
- https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15386
- https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F31233
Questions fréquentes sur les indemnités journalières pour les professions libérales
Les professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL peuvent bénéficier d’indemnités journalières en cas d’arrêt de travail temporaire. Ce droit s’applique depuis la loi de financement de la sécurité sociale de 2021, qui a instauré un régime obligatoire en cas d’arrêt de travail, financé par une cotisation spécifique. Le taux de cotisation est fixé à 0,30 % du bénéfice non commercial, dans la limite d’1 PASS.
Les professionnels de santé affiliés à des caisses spécifiques comme la CARPIMKO (orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues, etc.) ou la CIPAV bénéficient d’un fonctionnement similaire, avec des particularités selon chaque caisse de prévoyance. Dans tous les cas, il est indispensable que les cotisations soient à jour pour déclencher les droits.
Un délai de carence de 3 jours signifie que les indemnités journalières ne sont versées qu’à partir du 4e jour d’arrêt de travail. Pendant ces trois premiers jours, aucune indemnité n’est versée, même si l’arrêt est justifié.
Ce délai s’applique à tous les professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL. Certains contrats de prévoyance complémentaires permettent cependant de réduire ou supprimer ce délai, selon les garanties choisies. Cela permet de mieux couvrir les absences de courte durée, souvent imprévisibles.
Le régime obligatoire instauré en 2021 prévoit une indemnisation du 4e au 90e jour d’arrêt, pour les professionnels libéraux à jour de leurs cotisations. Le montant versé est forfaitaire, quelles que soient les professions concernées.
À partir du 91ème jour d’arrêt, le régime de base ne prévoit plus d’indemnisation, sauf exceptions selon certaines caisses. L’indemnisation repose alors sur :
- une rente d’invalidité, en cas d’incapacité reconnue, selon les règles de la caisse de prévoyance,
- ou un contrat de prévoyance complémentaire, qui prend le relais à partir du 91e jour.
Sans couverture supplémentaire, le professionnel libéral n’est plus indemnisé à compter du 91e jour d’arrêt, ce qui expose à une perte de revenus importante.
Depuis 2023, le montant de l’indemnité journalière de base est de 56,35 € par jour, pendant une durée maximale de 87 jours (soit jusqu’au 90e jour d’arrêt de travail). Ce montant reste forfaitaire, quelle que soit la profession exercée, qu’on soit chirurgien-dentiste ou graphiste indépendant.
En complément, un contrat de prévoyance permet de choisir un montant plus élevé :
- soit en fonction d’un revenu annuel déclaré,
- soit sous la forme d’un forfait personnalisé.
Les cotisations versées peuvent être déduites du revenu imposable grâce à la fiscalité Madelin, ce qui permet de se protéger tout en optimisant ses charges. Ce mécanisme est avantageux pour bénéficier d’une protection élargie à moindre coût net.
En cas d’arrêt de travail, le professionnel libéral doit envoyer son arrêt à la CPAM sous 48 heures, même s’il n’est pas affilié au régime général. La CPAM transmet ensuite l’information à la caisse concernée (CARPIMKO, CIPAV, etc.), qui vérifie les droits et engage l’indemnisation.
Depuis 2021, les cotisations pour le financement de la sécurité sociale en arrêt de travail sont intégrées à l’appel à cotisation de l’URSSAF. Ce lien automatisé simplifie les démarches, mais il reste important de vérifier la régularité des versements.
Pour une protection complète, il est recommandé de souscrire un contrat de prévoyance permettant de couvrir :
- les arrêts de plus de 90 jours,
- les situations d’invalidité ou d’incapacité partielle,
- voire le cas de décès, avec un capital garanti aux proches.
Le régime obligatoire offre une base minimale, utile pour les absences de courte durée. Mais au-delà, les professionnels libéraux peuvent se retrouver sans aucune indemnité, en cas d’arrêt prolongé, d’invalidité ou d’événements graves.
La prévoyance complémentaire permet :
- d’avoir un revenu de substitution personnalisé,
- de couvrir jusqu’à 1095 jours d’arrêt de travail,
- de protéger ses proches ou associés si un décès survient,
- d’assurer la pérennité de l’activité.
Cette protection est d’autant plus stratégique qu’elle peut être ajustée selon votre situation professionnelle : revenus, statut marital, âge, etc.