Santé

Bronchiolite : où en est l’épidémie cet hiver

L’épidémie de bronchiolite est particulièrement intense en cet hiver 2025-2026. Les nourrissons sont les plus à risque, suivis des personnes vulnérables (femmes enceintes, très jeunes enfants, personnes âgées ou fragilisées…). De la vigilance doit être observée par tous pendant cette période.

Diffusion dans la population, gestes barrières, vaccination…. faisons ici le point sur ce qu’il faut savoir pour se protéger soi-même et ses proches.

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Modifié le 16 décembre 2025

Bronchiolite : où en est l’épidémie cet hiver

Qu’est-ce que la bronchiolite et qui est concerné ?

La bronchiolite est une infection virale des bronchioles causée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Il se manifeste généralement par un rhume ou une toux légère. Mais chez les tout petits, il peut entrainer des symptômes plus importants. La première infection à l’âge infantile (surtout avant 6 à 12 mois) est souvent la plus sévère, pouvant entraîner une surinfection menant à des troubles respiratoires et de circulation du sang, voire dans les cas les plus graves à une hospitalisation

Plus le tout petit est jeune, plus il est à risque. En France, chaque année, environ 30% des enfants de moins de 2 ans sont atteints d’une bronchiolite. Leur système respiratoire étant immature, ils risquent des détresses respiratoires sévères. Un épisode de bronchiolite pendant les 2 premières années multiplie par 3 le risque de bronchospasmes récurrents ou d’asthme entre 2–4 ans, et accroît la prévalence d’asthme après 5 ans.

Les femmes enceintes (qui peuvent aussi transmettre à leur tour le VRS à leurs nourrissons) et les personnes âgées ou fragilisées (respiratoires, cardiaques, etc.) peuvent aussi être concernées. Et doivent être vigilantes.

Ce virus est généralement bénin pour le reste de la population.

Etat de l’épidémie à l’hiver 2025-2026

La bronchiolite circule activement en France métropolitaine en cette saison hivernale 2025-2026. L’épidémie connait un pic particulièrement marqué notamment chez les nourrissons (la population la plus à risque) mais pas seulement. Selon un récent bulletin de Santé publique France, 12 régions sur 13 sont passées en phase épidémique.

L’Île-de-France fait partie des régions les plus touchées. Face à la pression sur certains services pédiatriques, l’ARS Île-de-France confirme dans un communiqué du 8 décembre le transfert de nourrissons vers des établissements de régions limitrophes.

La semaine du 24 novembre 2025 a enregistré 3 014 nourrissons de moins d’un an aux urgences, dont 974 hospitalisations.

Les gestes à adopter au quotidien

La bronchiolite se transmet par les gouttelettes, le contact rapproché et indirectement via les mains ou des objets contaminés.

En plus de la vaccination, les gestes barrières sont essentiels pour réduire la transmission : hygiène des mains, aération régulière du logement, ne pas partager les couverts non lavés, ne pas fumer à proximité des bébés, limiter les contacts avec des personnes déjà malades, porter un masque en cas de symptômes au contact d’autrui…

En cas de symptômes

En cas de signes de bronchiolite, consultez dans la journée, ou appelez le 15 ou le 112 si vous observez, pour vous-même ou votre proche/votre enfant notamment si vous êtes à risque, les symptômes suivants :

  • Des difficultés ou des pauses respiratoires.
  • Une cyanose (coloration bleue des lèvres ou des extrémités).
  • Une apathie anormale.
  • Pour les nourrissons : des vomissements systématiques, un tirage intercostal, des pleurs incessants ou un refus d’alimentation.

Vaccination : qui est concerné ?

Menée par le Ministère de la Santé, la campagne nationale 2025-2026 de vaccination anti-VRS a démarré le 1er septembre 2025 pour la métropole et plusieurs DROM. Elle repose sur deux piliers : la vaccination des adultes à risque (femmes enceintes et seniors notamment) et des nourrissons.

La vaccination n’est pas obligatoire mais fortement recommandée.

L’injection (acte médical) est remboursée à 70% si effectuée par médecin ou sage-femme, et 60 % par infirmier, sauf cas ALD ou grossesse à partir du 6ᵉ mois où elle est prise en charge à 100 %.

N’hésitez pas à en parler à votre médecin.

La vaccination maternelle – femmes enceintes (vaccin Abrysvo®)

  • Proposée aux femmes enceintes entre la 32ᵉ et la 36ᵉ semaine.
  • Les anticorps maternels protègent le nourrisson dès la naissance et jusqu’à 6 mois.
  • Administrable par : médecin, sage-femme, infirmier en ville, centre PMI, maternité.
  • Le vaccin est remboursé à 100% par l’Assurance Maladie (0€ en maternité).

La vaccination/immunisation des nourrissons (vaccins Beyfortus®)

  • Injection unique offrant 5 mois de protection.
  • Pour tous les nourrissons lors de leur première saison d’exposition (généralement de la naissance à 8 mois) et jusqu’à 24 mois pour les enfants à risque (prématurité, pathologies chroniques).
  • Administrable par : médecins, , infirmiers, sages-femmes, centres PMI dès la naissance ou en hospitalisation.
  • Le vaccin est remboursé à 30% par l’Assurance Maladie, le reste étant possiblement couvert par la mutuelle, selon vos garanties.

La vaccination des seniors (vaccins Arexvy® et Abrysvo®)

  • Elle est recommandée pour les 65 ans et + avec pathologies respiratoires ou cardiaques, et systématique dès 75 ans et plus.
  • Elle bénéficie d’une prescription « C »(comme pour la grippe), avec un remboursement à 65% ou 100% selon le cas (ex. ALD, grossesse, etc.)
  • Elle peut être réalisée en même temps que la grippe saisonnière – permet aussi d’optimiser la reconnaissance et la prise en charge.
  • Administrable par : médecin généraliste, gériatre, pharmacien, infirmier, ou dans certains cas en EHPAD ou clinique spécialisée en soins aux personnes âgée.

Des études montrent une efficacité de 80–83 % pour prévenir les formes sévères nécessitant une hospitalisation chez les seniors.

Le résumé en vidéo

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