Santé : ce qui va changer dans les remboursements en 2027
Soins dentaires, médicaments, transports sanitaires, dispositifs médicaux… Plusieurs mesures publiées par le Gouvernement à l’été 2026 vont modifier la répartition des remboursements entre l’Assurance Maladie et les complémentaires santé. Certaines entreront en vigueur dès le 1er octobre 2026, d’autres à compter du 1er janvier 2027.
Voici ce qu’il faut comprendre de ces évolutions et de leurs conséquences sur le financement de vos soins.
Modifié le 30 septembre 2026
Ce qu’il faut retenir
À partir du 1er janvier 2027, les modalités de remboursement de certains frais de santé évoluent. Dans ce contexte et depuis plusieurs années, les complémentaires santé prennent en charge une part croissante des dépenses de santé afin de limiter le reste à charge des assurés. Plusieurs évolutions sont à prévoir :
- Ces mesures concernent le ticket modérateur, c’est à dire la répartition de la prise en charge de certains frais de santé entre l’Assurance Maladie (qui reste le principal financeur des soins en France) et les organismes complémentaires d’assurance maladie.
- Les soins dentaires, certains médicaments, les dispositifs médicaux et les transports sanitaires sont également concernés.
Assurance Maladie, complémentaire santé : qui paie quoi ?
Lorsque vous consultez un médecin, achetez un médicament sur ordonnance ou réalisez des soins dentaires, l’Assurance Maladie et les complémentaires santé interviennent ensemble pour limiter votre reste à charge :
- L’Assurance Maladie rembourse une première partie des frais ;
- Votre complémentaire santé peut compléter ce remboursement selon les garanties prévues par votre contrat.
Ainsi, avec ces deux niveaux de remboursements, l’Assurance Maladie et les complémentaires santé contribuent à rendre les soins financièrement plus accessibles.
Cette répartition des remboursements évolue régulièrement. En août 2026, afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale, le Gouvernement a publié quatre décrets dont l’objectif est de diminuer la part remboursée par l’Assurance Maladie sur certains postes de dépenses de santé.
Pour les assurés disposant d’une complémentaire santé, ces évolutions ne devraient pas entraîner de changement immédiat dans le niveau global de remboursement. En effet, la part des dépenses qui n’est plus prise en charge par l’Assurance Maladie sera désormais davantage financée par les assurances complémentaires. Toutefois cette nouvelle répartition pourrait avoir pour conséquences une augmentation des cotisations des contrats d’assurance santé, les organismes complémentaires ne peuvant à eux seul absorber ce transfert estimé à 1,5 milliards d’euros.
Pourquoi le ticket modérateur est-il au cœur des nouvelles mesures ?
Le ticket modérateur correspond à la part des dépenses de santé qui n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie. Prenons un exemple.
Pour un soin dentaire facturé 23 € :
- Avant la réforme, l’Assurance Maladie remboursait 60 % du montant (13,80 €) et le ticket modérateur représentait 40 % (9,20 €).
- À partir de 2027, l’Assurance Maladie remboursera 50 % (11,50 €) et le ticket modérateur passera à 50 % (11,50 €).
Pour les personnes couvertes par une assurance santé Alptis prenant en charge ce ticket modérateur, le remboursement global (Assurance Maladie + Alptis) peut rester identique. Ce qui changera : la part remboursée par Alptis augmentera alors que celle de l’Assurance Maladie diminuera d’autant.
Quels changements sont prévus ?
Les décrets publiés par le Gouvernement prévoient plusieurs évolutions.
Soins dentaires
La part remboursée par l’Assurance Maladie diminuera. Le ticket modérateur passera de 40% à 50% sur de nombreux soins dentaires courants.
Dispositifs médicaux
Certains équipements et matériels médicaux, comme des pansements ou certains dispositifs inscrits à la Liste des Produits et Prestations, seront également concernés par une augmentation du ticket modérateur.
Transports sanitaires
La prise en charge des transports sanitaire par les complémentaires santé augmentera également. Une première mesure entrera en vigueur dès le 1er octobre 2026.
Certains médicaments
Le remboursement des médicaments dont le service médical rendu (SMR) est jugé faible ou modéré sera également révisé.
Le service médical rendu est une évaluation réalisée par la Haute Autorité de Santé. Il tient compte notamment de l’efficacité du médicament et de son intérêt pour la prise en charge de la maladie.
Pour ces traitements, la part remboursée par l’Assurance Maladie diminuera à partir du 1er janvier 2027. Les médicaments considérés comme ayant un service médical rendu important ne sont pas concernés.
Pourquoi les complémentaires santé sont-elles davantage sollicitées ?
Les transferts de charges ont pour objectif de réduire la part financée par l’Assurance Maladie.
Cela ne signifie pas que les dépenses concernées disparaissent ni que les remboursements sont automatiquement réduits. Lorsqu’une part de remboursement n’est plus assurée par l’Assurance Maladie, la complémentaire santé peut prendre le relais pour financer tout ou partie du montant restant, selon les garanties prévues au contrat.
Ce sont donc moins les soins eux-mêmes que leur mode de financement qui évolue. Les complémentaires santé occupent ainsi une place plus importante pour maintenir un reste à charge limité.
En savoir +
- Décret n° 2026-812 du 21 août 2026 relatif à la soutenabilité de notre système de santé et à la prise en charge des transports sanitaires – Légifrance
- Décret n° 2026-811 du 21 août 2026 permettant le financement de l’accès aux médicaments les plus innovants en tirant les conséquences de l’évaluation du service médical rendu sur les médicaments parmi les moins efficaces – Légifrance
- La liste des produits et prestations – LPP | ameli.fr | Médecin
- Baisses de remboursements des soins : qui paiera la facture ? – Mutualité Française