Qu’est-ce que l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi (ARE) ?
Versée sous certaines conditions, l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi peut vous être attribuée par France Travail si vous êtes inscrit en tant que demandeur d’emploi. Dans le cas de la perte involontaire de votre poste, cette aide vous permet de disposer d’un soutien financier durant votre recherche de travail. Les critères d’éligibilité, la durée de versement et le montant de l’ARE varient toutefois selon les cas. Découvrez tous les détails concernant l’indemnisation à l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi.
Modifié le 13 août 2025
Les conditions pour bénéficier de l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi
Pour pouvoir prétendre à l’ARE, il vous faut être privé involontairement d’emploi et inscrit en tant que demandeur d’emploi auprès de France Travail. Aussi, vous pouvez aussi bien avoir le statut de salarié, de fonctionnaire ou — depuis 2019 — d’indépendant et être éligible à cette aide au retour à l’emploi. Il y a néanmoins plusieurs conditions à remplir pour pouvoir bénéficier de cette allocation.
La privation d’emploi
Nous l’avons vu, la condition première pour pouvoir toucher l’ARE est la perte involontaire d’emploi. Pour que vous soyez considéré comme privé d’emploi involontairement, il est nécessaire que votre fin de contrat résulte de :
- Un licenciement pour motif économique, motif personnel ou d’une révocation ;
- Une rupture conventionnelle ;
- Une fin de CDD ;
- Une démission considérée comme légitime (déménagement, non-paiement de salaire, formation, harcèlement moral ou physique, reconversion professionnelle, création ou reprise d’entreprise).
Aussi, dès que vous démissionnez sans motif légitime, vous ne pouvez pas bénéficier de l’ARE. Notez, cependant, qu’au bout de 4 mois sans allocation, vous avez la possibilité de faire réexaminer votre dossier et votre droit en présentant les efforts déployés pour trouver un nouvel emploi. En cas d’acceptation de la part de l’instance décisionnaire, vous pourrez toucher l’ARE à partir du 5ᵉ mois suivant votre démission.
La justification d’une activité antérieure
Une autre condition pour pouvoir toucher l’ARE est la justification de votre temps de travail. Vous devez, en effet, avoir travaillé un minimum de 130 jours ou de 910 heures — soit environ 6 mois — pour prétendre à cette allocation.
La période de référence sur laquelle sont recherchés ces jours travaillés dépend de votre âge :
- Moins de 53 ans : 6 mois travaillés dans les 24 derniers mois ;
- 53 ans et plus : 6 mois travaillés dans les 36 derniers mois.
Dans le cas où votre contrat de travail a été suspendu (pour congé sans solde non payé d’au moins un mois, congé sabbatique, pour disponibilité ou pour exercice d’une activité non salariée), les périodes correspondantes ne seront pas prises en compte dans la recherche des jours travaillés.
La recherche d’emploi
Dès lors que vous répondez à ces critères, le versement de l’allocation chômage dépendra, par ailleurs, de votre aptitude et de votre capacité à rechercher un emploi. En effet, en plus d’avoir les habiletés physiques suffisantes pour travailler, vous devez activement essayer de retrouver un nouveau travail ou de créer votre entreprise. Il vous faut donc vous présenter aux rendez-vous avec votre conseiller France Travail, accepter les propositions de formation ou en proposer vous-même, et mettre en place des actions correctement définies avec votre conseiller dans le cadre de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE).
Votre ARE peut ainsi être suspendu pour un délai d’un à plusieurs mois si vous manquez à vos obligations en tant que demandeur d’emploi :
- Incapacité à justifier vos recherches d’emploi ;
- Refus à 2 reprises d’une offre raisonnable d’emploi ;
- Refus d’élaborer votre PPAE ;
- Refus de suivre une formation d’aide à la recherche d’emploi ;
- Refus d’action d’insertion ;
- Refus de répondre aux convocations.
Quel est le montant de l’ARE ?
Revenus pris en compte
L’ARE est calculée à partir de votre salaire de référence, soit le total des rémunérations du ou des contrats de travail de la période de référence. Son montant varie ainsi en fonction des revenus que vous perceviez et de votre contrat de travail (temps plein, partiel…).
Le montant retenu correspond aux revenus bruts que sont les salaires, les primes ou les gratifications. Les indemnités de fin de contrat ne rentrent, quant à elles, pas dans le salaire de référence (indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle, prime de précarité…).
Méthode de calcul de l’ARE
Une fois votre salaire de référence calculé, celui-ci est divisé par le nombre de jours correspondant à la durée de votre indemnisation. Votre salaire journalier est alors obtenu et sert de base au calcul du montant de votre allocation chômage.
Ce montant est calculé de deux façons, le résultat le plus élevé est retenu :
- 57 % de votre salaire journalier de référence (SJR) ;
- 40,4% de votre salaire journalier de référence (SJR) + une partie fixe de 12,95 €.
Notez que le montant obtenu ne peut être inférieur au plancher de 31,59 € ni supérieur au plafond de 75 % de votre SJR.
Quelle est la durée d’indemnisation ?
La durée de versement de l’ARE dépend à la fois de l’âge auquel vous exercez votre demande et de la durée de votre précédent contrat de travail. Quelle que soit votre situation, l’indemnisation ne pourra pas dépasser un certain délai.
Demandeurs d’emploi de moins de 53 ans
Il faut prendre en compte votre période de référence : 24 mois. Si durant ces 24 mois, vous avez travaillé plus de 6 mois, vous pourrez être indemnisé pour une durée allant jusqu’à 730 jours maximum. Cette période sera déterminée en fonction de la durée de votre activité précédente.
Demandeurs d’emploi entre 53 et 54 ans
Il faut également prendre en compte la bonne période de référence — soit 36 mois. De la même façon, si vous avez travaillé plus de 6 mois, vous serez indemnisé pour une durée maximum de 930 jours (plus 137 jours de prolongement dans le cas d’une formation).
Demandeurs d’emploi de plus de 55 ans
La période de référence est, là aussi, de 36 mois. En ayant travaillé plus de 6 mois, l’ARE peut vous être versée 1095 jours maximum, selon la durée de votre contrat précédent.
Si vous avez au moins 62 ans et êtes en cours d’indemnisation depuis déjà 1 an vous pouvez, par ailleurs, prétendre à un maintien de l’ARE pour une durée plus longue que prévu, au plus tard jusqu’à l’âge de la retraite à taux plein.
Source de l’article : Qu’est-ce que l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi (ARE) ?
Questions fréquentes pour connaitre quelles sont les conditions pour l’allocation d’aide au retour à l’emploi
L’ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi) est une allocation journalière versée par France Travail (anciennement Pôle emploi) aux demandeurs d’emploi involontairement privés de leur activité professionnelle. Elle vise à compenser la perte de revenus liée à la fin de contrat de travail, pendant la période où la personne est à la recherche d’un emploi. Elle relève du régime d’assurance chômage, régi notamment par la convention d’assurance chômage et, en partie, par le Code de la sécurité sociale. Elle est financée en tout ou partie par les cotisations des employeurs et des salariés.
Pour bénéficier de l’allocation d’assurance chômage, plusieurs conditions cumulatives doivent être respectées :
- Justifier d’une durée minimale d’affiliation : il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures (soit environ 6 mois) au cours des 24 derniers mois (ou 36 mois pour les personnes âgées de 53 ans et plus).
- Fin de son contrat involontaire : le travail a été rompu pour un motif non volontaire (licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle, etc.). Une démission peut ouvrir des droits s’ils remplissent les conditions de légitimité reconnues.
- Inscription sur la liste des demandeurs d’emploi auprès de France Travail.
- Être à la recherche active d’un emploi, ce qui suppose la mise en œuvre d’un projet personnel d’accès à l’emploi.
- Résider sur le territoire français.
Le montant de l’allocation d’aide au retour à l’emploi dépend du Salaire Journalier de Référence (SJR), basé sur les rémunérations brutes perçues durant les 12 mois civils précédant la fin du dernier contrat de travail.
Le montant brut de l’ARE correspond au plus élevé des deux calculs suivants :
- 40,4 % du SJR + une partie fixe (12,95 € en 2024),
- ou 57 % du SJR.
- Des plafonds et planchers s’appliquent :
- Le montant ne peut excéder 75 % du SJR.
- Un plancher minimum est garanti, notamment pour les bas revenus.
L’allocation journalière versée est soumise à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %), sauf exonération selon situation.
La durée d’indemnisation est déterminée selon l’âge du demandeur et le nombre de jours travaillés :
- Moins de 53 ans : jusqu’à 730 jours (soit 24 mois),
- Entre 53 et 54 ans : jusqu’à 913 jours (soit 30 mois), avec possibilités de formation,
- 55 ans et plus : jusqu’à 1 095 jours (soit 36 mois).
- Depuis la réforme du 1er juillet 2023, une réduction de 25 % de la durée d’indemnisation peut s’appliquer selon la conjoncture économique via le mécanisme de contracyclicité (lié au taux de chômage national).
Le calcul de l’ARE repose sur les étapes suivantes :
1. Calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR) :
- Addition des salaires bruts perçus sur les 12 mois civils précédant la fin du contrat.
- Division par le nombre de jours calendaires compris entre le premier et le dernier jour travaillé, hors jours non travaillés.
- Calcul de l’allocation journalière brute : le montant le plus favorable entre 57 % du SJR ou 40,4 % du SJR + une part fixe (12,95 € en 2024).
2. Ajustements :
- Un plafond de 75 % du SJR est imposé.
- Une allocation journalière supérieure peut être possible selon certaines situations familiales (ex. personnes à charge).
- En cas de mobilisation du compte personnel de formation (CPF) ou d’action de formation, l’indemnisation peut basculer sous le régime ARE Formation (AREF).
- En cas de reprise d’activité rémunérée ou partielle, l’ARE peut être maintenue en tout ou partie sous certaines conditions.