Trouver son équilibre grâce à la diététique chinoise
La diététique traditionnelle chinoise vise à rétablir l’équilibre de l’organisme, parfois mis à mal. Plus qu’un traitement, c’est une hygiène de vie à appliquer au quotidien quel que soit son âge. Entretien avec Marie-Emmanuelle Gatineaud, diététicienne.
Modifié le 19 juin 2025
La diététique traditionnelle chinoise vise à rétablir l’équilibre de l’organisme, parfois mis à mal. Plus qu’un traitement, c’est une hygiène de vie à appliquer au quotidien quel que soit son âge. Entretien avec Marie-Emmanuelle Gatineaud, diététicienne.
En quoi consiste la diététique traditionnelle chinoise (DTC) ?
Elle fait partie intégrante de la médecine traditionnelle chinoise. Elle tient compte des énergies de l’individu – le yin et le yang –, ainsi que des aliments qu’il consomme. La DTC exige une écoute de son corps et de ses besoins afin de rétablir l’équilibre de son organisme qui évolue avec le temps. Elle est particulièrement efficace dans l’accompagnement de pathologies chroniques ou aigües et de certains traitements.
Sur quels principes repose la diététique chinoise ?
Elle est basée sur la théorie des cinq éléments, que l’on nomme mouvements en chinois : le feu, la terre, le métal, l’eau et le bois. Chacun d’eux correspond à des organes, des couleurs, des saisons et des planètes. Le principe est d’appliquer cette théorie dans son assiette à travers cinq couleurs et saveurs. Dans l’ordre d’importance, il faut satisfaire l’oeil, afin que les effets physiologiques se mettent en route. Les odeurs arrivent en second, puis les saveurs et enfin la consistance (que détermine la cuisson notamment). À chacun d’adapter son assiette. Une personne qui mange par exemple trop d’épices ou qui boit trop de vin va faire rentrer du feu dans son corps, qui s’en trouvera déséquilibré. La diététique chinoise est à appliquer avec des aliments courants. Aucun n’est proscrit. Seuls l’excès ou le manque sont à bannir.
Comment démarrer la diététique chinoise ?
Un premier rendez-vous chez un spécialiste permet de connaître ses besoins. Lors de la première consultation, les questions posées aux patients concernent leur digestion – l’estomac et la rate représentant un pôle physiologique en médecine chinoise –, leur sommeil – qui aide à comprendre l’énergie du rein et du foie –, leur état de fatigue et, pour les femmes, la régularité et la nature de leurs menstruations. Environ 40 % des patients consultent pour maigrir. Les autres souffrent de divers troubles : cholestérol, insuffisance rénale, trouble du sommeil, douleur articulaire ou ménopause. Que l’on soit victime d’une pathologie ou non, nous sommes tous un peu « déséquilibrés ». La diététique traditionnelle chinoise permet de stabiliser notre organisme afin d’éviter de connaître un problème de santé plus grave.
Ce qu’il faut retenir :
- À chaque couleur, son organe : Chaque couleur d’aliment est reliée à un organe du corps humain : le blanc aux poumons et au gros intestin, le noir au rein et à la vessie, le vert au foie et à la vésicule biliaire, le jaune à l’estomac, à la rate et au pancréas, et le rouge au coeur et à l’intestin grêle.
- Un repas type tout en couleurs : Il peut être constitué d’une escalope de poulet à la crème (blanc), de carottes sautées (jaune), de persil (vert), de poivre (noir) et de fraises en dessert
(rouge). - S’alimenter selon les saisons : L’assurance du respect des cinq éléments dans l’assiette est facilitée par la consommation d’aliments de saison qui apportent les couleurs et saveurs nécessaires.
- Des réserves sèches à proximité : Courge, sésame noir, pois… Les petites graines sont les amis de la diététique chinoise. Elles apportent souvent la couleur qui fait défaut à l’assiette !
- Consultations, mode d’emploi : La première consultation (1 h à 1 h 30) coûte environ 50€. Les rendez-vous suivants, plus courts (30 minutes à 1 h), sont facturés environ 40€. Le nombre de consultations est déterminé avec le patient selon ses besoins.
Questions fréquentes sur les bienfaits et les aliments de la diététique chinoise
La diététique chinoise, branche essentielle de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), repose sur une approche holistique de l’alimentation. Elle considère que les aliments peuvent prévenir les maladies, renforcer l’énergie vitale (qi) et maintenir l’équilibre entre le yin et le yang. Basée sur les cinq éléments et l’étude des natures et saveurs des aliments, cette discipline propose une alimentation personnalisée, adaptée à la constitution, aux déséquilibres, aux saisons, à l’âge et même au climat.
L’origine de la diététique chinoise remonte à plusieurs millénaires. Elle s’est développée aux côtés de la pharmacopée chinoise, du qi gong, de l’acupuncture et des massages dans le cadre plus large de la MTC. Dès les textes fondateurs comme le Huangdi Neijing, on évoque le rôle des aliments pour préserver le jing (essence vitale) et éviter l’épuisement des organes internes. Aujourd’hui encore, elle est transmise par des praticiens en médecine chinoise qui allient tradition et adaptation aux modes de vie modernes.
La diététique chinoise repose sur plusieurs grands principes :
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Chaque aliment a une nature thermique : chaude, tiède, neutre, fraîche ou froide. Par exemple, les aliments froids peuvent affaiblir la rate, tandis que les aliments de nature tiède comme le gingembre ou l’agneau réchauffent et tonifient.
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Chaque saveur influence un organe et une fonction : la saveur douce tonifie, la saveur amère assèche l’humidité, la saveur piquante disperse le qi, la saveur acide astringe, et la saveur salée ramollit les masses.
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Les méthodes de cuisson modifient les propriétés des aliments : les aliments cuits (mijotés, vapeur) sont mieux assimilés que les aliments crus, surtout chez les personnes affaiblies.
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L’alimentation doit s’adapter aux saisons, à l’état énergétique, aux déséquilibres internes (vide de qi, vide de yin, humidité, mucosité…), mais aussi au style de vie.
En MTC, le système digestif est centré sur la rate et l’estomac, appelés les « ateliers de transformation ». Leur bon fonctionnement permet de produire du qi, du sang et des liquides organiques à partir des aliments.
Pour préserver leur efficacité, les recommandations incluent :
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privilégier des aliments tièdes ou chauds, bien cuits et faciles à digérer,
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éviter les aliments froids, crus, gras ou sucrés en excès, qui ralentissent la digestion et favorisent la stagnation du qi ou la formation de mucosités,
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manger à heures fixes, bien mastiquer, et éviter de grignoter,
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adopter une alimentation équilibrée, en limitant les aliments transformés.
Une mauvaise digestion peut provoquer ballonnements, fatigue, constipation, selles molles ou troubles de l’assimilation.
Les aliments sont sélectionnés selon leur nature, leur saveur, leur couleur et leur action sur les organes (zang-fu) :
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Les aliments de nature tiède, comme le gingembre, l’ail, l’avoine, ou le céleri, réchauffent et soutiennent le qi.
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Les céréales complètes, légumineuses, bouillons, tofu, légumes cuits, sucres lents sont appréciés pour leur apport progressif en énergie.
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Les produits laitiers, les plats froids, les excès de sucre ou de graisses sont à limiter car ils peuvent créer de l’humidité interne, affecter la rate, provoquer une prise de poids et favoriser l’hypertension ou la rétention de toxines.
L’alimentation varie aussi selon les saisons : plus légère, fraîche et hydratante en été, plus nourrissante et réchauffante en hiver.
Oui, la diététique chinoise pour maigrir ne repose pas sur des régimes restrictifs, mais sur la régulation des déséquilibres à l’origine de la prise de poids : excès d’humidité, stagnation, vide de qi ou troubles digestifs. En rééquilibrant l’alimentation, en favorisant la satiété, en soutenant la rate, et en limitant les aliments froids, elle aide à perdre du poids durablement tout en maintenant l’énergie vitale.
Elle peut être associée à la pharmacopée ou au qi gong pour renforcer les effets, toujours sous l’accompagnement d’un praticien en médecine chinoise.