Prise en charge d’un arrêt maladie pour un frontalier Suisse
Ces dernières années, le nombre de frontaliers suisses n’a pas cessé d’augmenter. De plus en plus de résidents français s’interrogent par conséquent sur leur prise en charge, puisque plusieurs régimes peuvent les concerner : LAMal et la Sécurité sociale. Cela se complexifie encore davantage en cas d’arrêt maladie, d’où l’importance de bien se renseigner. Indemnités, droits et obligations, assurances, prévoyance, prestations… Découvrez dès maintenant comment se passe la prise en charge en cas d’arrêt maladie, en tant que frontalier suisse. Plusieurs spécificités sont à connaître !
Modifié le 22 décembre 2025
Sommaire de l'article :
- Rappel : quelle prise en charge pour un frontalier suisse ?
- Arrêt maladie d’un frontalier suisse : qui paie ?
- Indemnités d’un arrêt maladie : les conditions à respecter
- Pourquoi souscrire une assurance prévoyance frontalier suisse ?
- Questions fréquentes sur l’arrêt maladie en Suisse pour le travailleur frontalier
Assurance & Complémentaire santé frontalier suisse
Rappel : quelle prise en charge pour un frontalier suisse ?
Les frontaliers suisses sont des personnes qui résident en France et travaillent sur le territoire Suisse. Dans cette situation, les soins de santé peuvent être pris en charge par deux régimes : la Sécurité sociale française ou la LAMal (Loi fédérale sur l’Assurance Maladie). Ce droit d’option permet aux frontaliers suisses de sélectionner eux-mêmes le régime le plus intéressant à leur égard. Ce choix doit obligatoirement être réalisé dans les trois mois qui suivent le début de leur contrat de travail suisse.
En ce qui concerne l’arrêt maladie, il est important de savoir que celui-ci entraîne des règles spécifiques. Cela signifie que les soins prévus dans le cadre d’une maladie sont toujours remboursés par le régime de protection choisi (examens, médicaments, etc.), mais qu’une indemnisation de l’arrêt de travail vient s’ajouter à tout cela. La question du salaire perçu par un travailleur frontalier durant une maladie ou une grossesse se pose donc ici.
Arrêt maladie d’un frontalier suisse : qui paie ?
Entre la France et la Suisse, les systèmes mis en place dans le cadre d’un arrêt maladie sont bien différents. Sur le territoire français, c’est toujours l’Assurance maladie qui verse des indemnités journalières au salarié concerné, tandis que cette tâche concerne essentiellement l’employeur du côté du système Suisse. En effet, la LAMal n’est pas impliquée dans l’arrêt maladie.
Indemnisation de l’employeur
Avant toute chose, il faut savoir que les indemnités journalières ne fonctionnent pas de la même façon pour un salarié que pour un travailleur indépendant. Dans le second cas, le TNS doit souscrire lui-même une assurance perte de gain (APG) pour espérer être indemnisé en cas d’arrêt maladie. Pour les salariés, ce sont leurs employeurs qui s’en chargent, s’ils le souhaitent.
Lorsqu’un frontalier suisse est en arrêt maladie, son employeur doit l’indemniser à hauteur de 100 % de son salaire, si l’entreprise n’a pas souscrit l’APG. Avec la souscription d’une assurance perte de gain, cette indemnisation passe à 80 % de son salaire, sur une durée de deux ans maximum.
En ce qui concerne la durée de cette indemnisation, il faut plutôt regarder du côté du Code des obligations, de l’ancienneté du salarié et du canton suisse auquel est rattachée l’entreprise. Les règles diffèrent en effet d’une région à une autre (Bâle, Berne, Zurich). L’indemnisation se divise alors de la façon suivante :
- Première année de service : 3 semaines dans les trois cantons.
- Deuxième année de service : 2 mois (Bâle), 1 mois (Berne), 8 semaines (Zurich).
- Troisième année de service : 2 mois (Bâle), 2 mois (Berne), 9 semaines (Zurich).
- Quatrième année de service : 3 mois (Bâle), 2 mois (Berne), 10 semaines (Zurich).
- Cinquième année de service : 3 mois (Bâle), 3 mois (Berne), 11 semaines (Zurich).
Ces durées continuent à évoluer les années suivantes, dans la limite de 17 semaines maximum. Ce principe de durée équitable s’applique sur tout le territoire suisse. Sachez par ailleurs que l’échelle de durée d’une entreprise est inscrite dans sa convention collective.
Indemnisation de l’assurance privée
Aujourd’hui, la plupart des entreprises suisses choisissent de souscrire une assurance perte de gain (APG) pour éviter de devoir verser elles-mêmes la totalité de l’indemnisation du salarié en arrêt maladie. Celle-ci n’est pas obligatoire, mais elle s’avère souvent bien avantageuse pour les sociétés.
En souscrivant une telle assurance, des indemnités journalières sont versées au salarié concerné. Celles-ci représentent 80 % de son salaire et sont limitées sur une durée de deux ans, soit environ 720 jours. Lorsqu’il s’agit d’une assurance collective, il faut noter que 50 % des cotisations sont directement prises en charge par l’employeur.
En revanche, l’APG peut être plus défavorable en cas d’arrêt maladie court (inférieur à trois semaines), car sans l’assurance, l’indemnisation est toujours à 100 %, contre 80 % avec l’APG.
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Indemnités d’un arrêt maladie : les conditions à respecter
Pour qu’un arrêt maladie soit parfaitement valide, du côté de l’employeur comme du salarié frontalier suisse, quelques règles ont été mises en place :
- Il ne faut pas travailler ou télétravailler pendant l’arrêt,
- l’arrêt ne doit pas être dû à une faute grave ou à une négligence.
Il est important de bien les respecter pour profiter pleinement de son droit aux indemnités journalières. Un non-respect de ces règles pourrait entraîner des sanctions importantes, comme un remboursement total des indemnités perçues.
Droits du salarié frontalier suisse
Avec ou sans assurance perte de gain, un employeur est dans l’obligation de permettre à son salarié de percevoir des indemnités journalières en cas de maladie (ou grossesse). Sans l’APG, le salaire de son employé doit être maintenu au même niveau durant son arrêt.
Lorsqu’un salarié est en congé maladie, il bénéficie également d’une protection contre le licenciement, hormis au cours de sa période d’essai. La durée de cette protection varie de 30 jours à 180 jours en fonction de l’ancienneté du salarié. Par exemple, elle s’élève à 90 jours entre 2 et 5 années de service effectuées au sein d’une même entreprise suisse.
Obligations du salarié frontalier suisse
Lorsqu’un salarié obtient un arrêt maladie, il a le devoir d’informer son employeur au plus tôt. De plus, dès le troisième jour d’arrêt, l’employeur est en droit d’exiger un certificat médical. Dans certaines entreprises, cela peut même se faire dès le premier jour d’arrêt, d’où l’importance de bien connaître la convention collective de la société.
Au-delà de cela, le salarié qui est en arrêt maladie ne doit pas travailler durant la période concernée. En Suisse, la surveillance des assurés est tout à fait légale. Les indemnités journalières perçues peuvent donc être retirées en cas de non-respect de l’arrêt maladie.
Pourquoi souscrire une assurance prévoyance frontalier suisse ?
Comme vous pouvez le constater, il est bien difficile de garder le même niveau de vie durant un arrêt de travail, en particulier si celui-ci se prolonge. Dans ce cas, de nombreux frontaliers choisissent de se couvrir avec une assurance Prévoyance des Frontaliers suisses.
Alptis vous propose ce contrat à un tarif attractif. Cela permet tout simplement de profiter d’une bien meilleure indemnisation en cas de maladie ou d’accident. Les TNS, comme les salariés, sont ainsi mieux couverts, même en cas d’invalidité, de Perte Totale et Irréversible d’Autonomie (PTIA) ou de décès. De plus, nos prestations ne sont pas déduites de celles versées par les régimes de prévoyance obligatoires ou facultatifs du frontalier. Un atout certain !
Source de l’article : Prise en charge d’un arrêt maladie pour un frontalier Suisse
- https://frontaliers-grandest.eu/accueil/salaries/france-suisse/protection-sociale/maladie-et-soins-pour-les-frontaliers-suisses/que-se-passe-t-il-en-cas-darret-maladie-en-suisse/
- https://www.questiondedroit.ch/conge-maladie-suisse/#Licenciement
- https://www.alptis.org/complementaire-sante/mutuelle-frontalier-suisse/
Questions fréquentes sur l’arrêt maladie en Suisse pour le travailleur frontalier
Si vous êtes frontalier suisse et temporairement inapte à exercer votre activité, vous devez prévenir sans délai votre employeur. Ensuite, consultez un médecin pour obtenir un certificat médical, indispensable pour justifier votre absence.
Selon votre choix de régime d’assurance maladie – LAMal (assurance maladie suisse) ou régime français de sécurité sociale –, ce document doit être transmis à la caisse perte de gain en Suisse ou à la CPAM. Ces organismes détermineront vos droits aux indemnités journalières (IJ). Attention : les démarches et délais peuvent varier d’un régime à l’autre.
En Suisse, la couverture en cas d’arrêt maladie repose souvent sur une assurance perte de gain, que l’employeur est libre de souscrire – ce n’est pas une obligation, mais c’est très répandu. Si votre employeur a souscrit ce type de contrat, vous pouvez percevoir une indemnisation à hauteur de 80 % de votre salaire brut, après un délai de carence précisé dans le contrat.
En l’absence de contrat collectif, il est possible de souscrire une couverture individuelle. À défaut d’assurance suisse, la prise en charge peut être assurée par la CPAM, avec des conditions généralement plus restrictives. Il est essentiel de bien comprendre les modalités de la couverture : durée d’indemnisation, délais de carence, éventuelle franchise ou maladies exclues.
La durée de versement des indemnités dépend du contrat d’assurance perte de gain. En Suisse, les contrats les plus courants prévoient une couverture allant jusqu’à 720 ou 730 jours (soit deux ans). Certains dispositifs, notamment via des conventions collectives ou des contrats renforcés, peuvent aller jusqu’à 900 jours.
Des critères comme l’ancienneté dans l’entreprise, le type de pathologie ou l’âge peuvent aussi faire varier cette durée. Si vous êtes affilié à la sécurité sociale française, la CPAM peut verser des IJ pendant 360 jours sur une période de 3 ans, sauf en cas d’affection de longue durée (ALD).
Le remboursement dépend de votre régime d’affiliation. Si vous avez opté pour la LAMal, vos soins sont pris en charge par une assurance maladie suisse, selon les barèmes suisses. Si vous êtes affilié au régime de sécurité sociale français, la CPAM gère vos remboursements selon les taux français.
Les soins réalisés dans un pays différent de celui de votre affiliation peuvent nécessiter des démarches particulières. Il est conseillé de conserver toutes les factures, et de vérifier en amont auprès de votre caisse si une prise en charge est possible. Certains frais peuvent rester à votre charge si les soins sont hors parcours ou insuffisamment justifiés.
En congé maternité, c’est le régime auquel vous êtes affilié qui détermine les prestations. En Suisse, les allocations maternité sont versées pendant au moins 14 semaines, à hauteur de 80 % du revenu dans la limite d’un plafond légal. En France, la CPAM prend en charge une durée de 16 semaines pour un premier enfant, avec des conditions spécifiques selon la situation professionnelle.
En cas d’incapacité prolongée liée à une maladie, le maintien de salaire dépend là aussi du contrat d’assurance perte de gain. Si l’assurance n’a pas conclu de couverture suffisante ou que la durée d’indemnisation maximale est atteinte, vous devrez vous tourner vers d’autres aides en France. Certains contrats peuvent exclure certaines maladies, d’où l’importance de bien vérifier les garanties souscrites.