Combien allez-vous percevoir à la retraite ?
Entre retraite de base, retraite complémentaire et régimes spéciaux, comprendre le calcul de sa future pension peut vite devenir complexe. Pourtant, c’est une étape importante pour anticiper ses revenus et éviter les mauvaises surprises le jour du départ à la retraite.
Dans cet article, nous vous expliquons simplement comment se calcule votre retraite, avec des exemples concrets pour que vous puissiez estimer le montant que vous percevrez.
Modifié le 24 avril 2026
Épargne Retraite
L’offre PERin (Plan d’Epargne Retraite Individuel) est une solution simple, flexible et performante qui s’adapte à vos projets.
Comment fonctionne le système de retraite français ?
Le système de retraite français s’articule autour de trois niveaux :
- Deux niveaux obligatoires : la retraite de base et la retraite complémentaire.
- Un niveau facultatif : l’épargne retraite individuelle, comme le Plan d’Épargne Retraite (PER).
Les régimes obligatoires : trimestres et points
Ces deux premiers régimes reposent sur un principe de répartition : les cotisations versées par les actifs financent directement les pensions des retraités actuels. Ainsi, les droits à la retraite dépendent principalement du nombre de cotisants ainsi que des règles en vigueur au sein du système.
La retraite de base fonctionne en trimestres : chaque année travaillée permet d’en valider jusqu’à quatre, et c’est le cumul de ces trimestres qui détermine si vous pouvez prétendre à une retraite à taux plein.
La retraite complémentaire fonctionne différemment. Elle fonctionne sur un système de points. Chaque année, vos cotisations vous permettent d’acquérir des points, et à la retraite, ces points sont convertis en pension grâce à la valeur du point en vigueur. Plus vous accumulez de points, plus le montant de votre pension complémentaire sera élevé.
Le régime surcomplémentaire : l’épargne individuelle
Le troisième niveau fonctionne sur un principe différent : la capitalisation. Contrairement aux deux premiers niveaux, vous épargnez pour vous-même. Les sommes versées sur un PER par exemple sont investies et fructifient dans le temps, puis sont restituées à la retraite sous forme de capital, de rente, ou des deux.
Bon à savoir : pour comprendre comment fonctionne le PER, ses avantages et comment en bénéficier, consultez notre article : Qu’est-ce qu’un PER ?.
Retraite de base : comment est-elle calculée ?
La retraite de base est obligatoire et est gérée par l’Assurance retraite (CNAV) pour les salariés du privé, la SSI ou la CNAVPL pour les travailleurs non-salariés, et la Mutualité Sociale Agricole (MSA) pour les exploitants et salariés agricoles.
La formule pour calculer sa retraite de base est la suivante :
Pension de retraite de base = Revenu annuel moyen x taux de la pension x (votre durée d’assurance à l’Assurance retraite / durée d’assurance pour obtenir une pension à taux plein).
Le revenu annuel moyen
Le revenu annuel moyen correspond à la moyenne de vos 25 meilleures années de revenus bruts sur lesquels vous avez cotisé à l’Assurance retraite. Si vous avez travaillé moins de 25 ans, la moyenne porte sur l’ensemble de vos années d’activité.
Ces revenus sont toutefois plafonnés au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026. Si vous gagnez plus, seul ce montant est retenu dans le calcul.
Par ailleurs, vos salaires passés sont revalorisés pour refléter leur valeur actuelle suite à l’inflation. Le taux de revalorisation des pensions de retraite de base est fixé à 0,9% au 1er janvier 2026.
La durée d’assurance retraite
Elle correspond à l’ensemble des trimestres retenus par les caisses de retraite, tous régimes de base confondus.
- Pour valider un trimestre, il faut avoir cotisé sur un revenu équivalent à 150 SMIC horaire, soit 1 803 € en 2026.
- Pour valider vos 4 trimestres dans l’année, il faut donc un revenu annuel minimum de 7 212 €.
Attention : on ne peut pas valider plus de 4 trimestres par an, quel que soit le niveau de revenus. Autrement dit, il faut au minimum 40 années de cotisation pour atteindre les 170 trimestres requis pour les personnes nées à partir de 1963.
Au-delà des trimestres cotisés, certains trimestres dits assimilés comptent dans le calcul de votre durée d’assurance, même si aucune cotisation n’a été versée. C’est le cas des périodes de chômage indemnisé, de maladie, d’accident du travail, de service national ou encore de congé maternité.
Les parents bénéficient également d’une majoration pouvant aller jusqu’à 8 trimestres par enfant pour les femmes : 4 trimestres au titre de la maternité et 4 trimestres au titre de l’éducation. Pour les enfants nés à partir de janvier 2010, les 4 trimestres d’éducation sont partageables entre les deux parents, à condition de le déclarer auprès de la CARSAT dans les 6 mois suivant le quatrième anniversaire de l’enfant.
La durée d’assurance pour le taux plein
La durée d’assurance pour le taux plein correspond au nombre de trimestres requis pour obtenir une retraite au taux plein. Elle varie selon votre année de naissance :
| Vous êtes né : | Vous pouvez partir en retraite à partir de : | Nombre de trimestres exigé pour avoir le taux plein |
|---|---|---|
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 (42 ans 3 mois) |
| Entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 (42 ans 6 mois) |
| Entre le 1er avril 1965 et le 31 décembre 1965 | 63 ans | 171 (42 ans 9 mois) |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 (43 ans) |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 (43 ans) |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 (43 ans) |
| A partir du 1er janvier 1969 | 64 ans | 172 (43 ans) |
Taux plein, décote, surcote : quel impact sur votre pension ?
Tout le monde ne part pas avec le même taux de pension. Selon votre situation au moment du départ à la retraite, votre pension peut être réduite (décote) ou bonifiée (surcote).
Le taux plein est fixé à 50 % du revenu annuel moyen. C’est le taux maximum auquel vous pouvez prétendre. Vous en bénéficiez si :
-
- vous partez à l’âge du taux plein automatique (67 ans), quel que soit votre nombre de trimestres,
- ou si vous avez validé le nombre de trimestres requis avant 67 ans.
Si vous partez avant 67 ans sans avoir validé un certain nombre de trimestres, une décote s’applique : une réduction de 0,625 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres.
À l’inverse, si vous poursuivez votre activité professionnelle après l’âge légal de départ à la retraite, une majoration (surcote) de 0,625% par trimestre travaillé au-delà peut être appliquée.
Bon à savoir :
-
une majoration de 10% est appliquée à votre retraite de base si vous avez élevé 3 enfants ou plus.
-
Le régime de base prévoit également une pension de réversion : en cas de décès, votre conjoint peut percevoir une partie de votre retraite de base, sous conditions de ressources.
Exemples calcul retraite
- Départ avec tous les trimestres validés (170/170) : pour un revenu annuel moyen de 38 400 €, la pension est de 38 400 × 50 % × (170/170) = 19 200 € par an, soit 1 600 € brut par mois.
- Départ anticipé à 65 ans sans tous les trimestres (158/170, décote de 12 trimestres) : la décote réduit le taux à 42,5 %. La pension passe à 38 400 × 45 % × (158/170) = 16 060 par an, soit environ 1 338 € brut par mois.
Retraite complémentaire : le système de points
Pour les salariés : l’AGIRC-ARRCO¹
Le régime AGIRC-ARRCO est obligatoire pour tous les salariés du privé. Il fonctionne par nombre de points : chaque année, vos cotisations « achètent » des points, qui sont ensuite convertis en pension grâce à la valeur du point.
Les cotisations à la retraite complémentaire sont calculées en fonction de votre salaire, réparti en deux tranches :
- Tranche 1 (jusqu’au PASS, soit 48 060 € en 2026) : taux global de 7,87% ; dont 3,15% à votre charge et 4,72% à la charge de l’employeur
- Tranche 2 (entre 1 et 8 fois le PASS, soit entre 48 060 € et 384 480 € en 2026 ) : taux global de 21,59% ; dont 8,64% à votre charge et 12,95% à la charge de l’employeur.
Mais attention, cotisations et points acquis sont deux choses différentes.
Le nombre de points que vous accumulez chaque année se calcule ainsi :
(Rémunération × taux de calcul des points) ÷ prix d’achat du point (appelé salaire de référence).
En 2026 :
- Taux de calcul des points : 6,20 % jusqu’à 48 060 € de rémunération annuelle, 17 % entre 48 060 € et 384 480 €.
- Salaire de référence (prix d’achat d’un point) : 20,1877 €.
Exemple de calcul pour une rémunération annuelle de 75 500€ :
- Cotisation versées : (48 060 € × 7,87 %) + (75 500 – 48 060) × 21,59 % = 9 706,62 €
- Points de retraite acquis : (48 060 € × 6,20 %) + (75 500 – 48 060) × 17 % = 7 644,52 €. 7 644,52 € ÷ 20,1877 = 378,67 points acquis en 2026
En 2026, le taux de restitution du point est de 1,4386€. Ainsi, 378,67 points valent environ 544,70€ brut par an en 2026 ; soit environ 45€/mois brut.
Pour les travailleurs non-salariés : des régimes spécifiques
La retraite complémentaire des travailleurs non-salariés dépend de la caisse à laquelle ils sont rattachés. Les artisans et commerçants relèvent de la SSI, tandis que les professions libérales sont affiliées à des caisses spécifiques (CIPAV, CARMF, caisse de vieillesse des professions libérales…), qui dépendent de la CNAVPL.
Le fonctionnement reste basé sur un système de points, mais la valeur du point et les modalités d’acquisition varient selon la caisse. Quel que soit votre statut — salarié, indépendant ou profession libérale — les droits issus des régimes obligatoires (base et complémentaire) seront rarement suffisants pour maintenir votre niveau de vie. C’est pourquoi il est important de se construire une stratégie d’épargne supplémentaire pour compléter ses revenus à la retraite, notamment via un PER.
Calcul retraite : combien allez-vous réellement toucher ?
Votre pension totale = retraite de base + retraite complémentaire.
En reprenant l’exemple d’un salarié avec un revenu annuel moyen de 38 400 € et tous ses trimestres validés :
- Retraite de base : 1 600 €/mois brut
- Retraite complémentaire : 610 €/mois brut
Cela donne un total de 2 210 €/mois brut, contre 3 200 €/mois en activité (soit une baisse de près de 990 €).
Bon à savoir : pour connaître votre situation, connectez-vous sur info-retraite.fr. Ce portail centralise tous vos régimes de retraite (base et complémentaires).
Bien préparer sa retraite avec le PER
Le passage à la retraite entraîne une baisse de ses revenus. Pour combler cet écart et maintenir votre niveau de vie, le Plan d’Épargne Retraite (PER) est l’une des solutions d’épargne la plus adaptée.
Il vous permet de constituer une épargne tout au long de votre vie, puis de la récupérer au moment de votre départ à la retraite sous forme de capital, de rente ou d’un mix des deux.
Si vous souhaitez y voir plus clair, le bon réflexe est d’en parler avec un conseiller Alptis : il pourra analyser votre situation (régime, revenus, horizon de départ, …) et vous orienter vers la solution la plus cohérente pour vous.
Préparer sa retraite
Que vous soyez salarié, indépendant ou sans activité professionnelle, il est crucial de mettre en place une stratégie d’épargne adaptée afin de compléter vos revenus une fois à la retraite. Découvrez notre offre PERin.
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Questions fréquentes : Combien allez-vous percevoir à la retraite ?
La pension de retraite de base ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale applicable l’année de votre départ à la retraite. En 2026, cela correspond à 2 002,50 € par mois. Ce plafond peut être dépassé si vous obtenez une retraite avec surcote.
Oui, sous certaines conditions. Les périodes de chômage indemnisé permettent de valider des trimestres assimilés, qui compte pour le calcul de votre durée d’assurance, tous régimes de base confondus. Concrètement, chaque période de 50 jours indemnisés par France Travail permet de valider un trimestre, dans la limite de 4 par an.
En revanche, ces périodes n’entrent pas dans le calcul de votre revenu annuel moyen (la moyenne des 25 meilleures années), puisqu’aucun salaire n’est perçu. Elles protègent donc vos droits à la retraite en termes de durée, mais pas en termes de montant.
Le moyen le plus fiable est d’utiliser le simulateur disponible sur le site Info Retraite. Cet outil d’estimation prend en compte l’ensemble de vos régimes de retraite (base et complémentaires) et vous permet de simuler différents scénarios : âge de départ, évolution de revenus, interruptions de carrière…
Si vous n’avez pas validé suffisamment de trimestres pour obtenir une retraite à taux plein, par exemple en raison d’études supérieures, d’années à l’étranger ou de périodes d’inactivité, vous pouvez racheter jusqu’à 12 trimestres auprès de votre caisse de retraite.
Source : Combien allez-vous percevoir à la retraite ?
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F21552
- https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A15386
- https://legislation.lassuranceretraite.fr/#/bareme?file_leaf_ref=revalorisation_coefficient_revalorisation_salaire_cotisation%2Frevalorisation_coefficient_revalorisation_salaire_cotisation_01_2026_bar.aspx%3Fcsf%3D1&web=1&e=szXV0f
- https://legislation.lassuranceretraite.fr/#/bareme?file_leaf_ref=salaire_validant_un_trimestre_montant_bar.aspx
- https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037063369/
- https://retraitesdeletat.gouv.fr/actif/le-calcul-de-ma-retraite/la-majoration-pour-enfants
- https://www.agirc-arrco.fr/particuliers/ma-retraite/comprendre-ma-retraite/points-de-retraite-comment-sont-ils-obtenus/
- Lien manquant
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