Analyses de sang : pourquoi certaines sont remboursées et d’autres non ?
Les analyses de sang ne sont pas toujours lisibles, au même titre que leur remboursement. Pour obtenir la prise en charge d’une biologie médicale, trois critères cumulatifs sont nécessaires : une ordonnance valide, l’inscription de l’examen à la Nomenclature des Actes de Biologie Médicale (NABM) et la part remboursée par l’Assurance Maladie au taux en vigueur. Si un test est classé Hors Nomenclature (HN), la Sécurité sociale ne verse aucune prestation, laissant le coût à votre charge ou à celle de votre complémentaire santé selon les garanties de votre contrat. Découvrez ici en détail toutes les conditions.
Modifié le 08 octobre 2026
Sommaire de l'article :
- Comment fonctionnent les remboursements d’analyses de sang ?
- Exemples concrets : ce qui est pris en charge ou non
- Le montant réel de la prise en charge en laboratoire
- La fausse idée de gratuité du tiers payant
- Liste des points à vérifier avant le prélèvement sanguin :
- Check-list des documents pour le tiers payant :
- À lire aussi
- Que faire en cas de perte de carte de mutuelle ou de tiers payant ?
- Mon bilan prévention : un point sur sa santé avec un professionnel
- Remboursements de frais de santé : qu’est-ce que la participation forfaitaire ?
Comment fonctionnent les remboursements d’analyses de sang ?
Passer la porte d’un laboratoire de biologie médicale semble être une simple formalité administrative grâce à l’usage généralisé de la carte Vitale pour toute personne, quand il est question de surveiller son cholestérol, de contrôler son diabète ou autres. Mais, parfois, se pose la question du remboursement de certaines prises de sang. Or, comprendre pourquoi une facture grimpe alors qu’une autre reste nulle permet de mieux piloter son budget santé.
La prescription indique le niveau de prise en charge
Le premier rempart contre les dépenses santé imprévues est la prescription médicale. Sans ordonnance rédigée par un médecin, une sage-femme ou un dentiste, aucune demande de remboursement ne peut aboutir auprès de l’Assurance Maladie. Cette feuille de soins atteste en effet que l’examen s’inscrit dans un parcours de soins coordonné. Sans elle, le biologiste traite la demande comme une convenance personnelle, laissant la totalité des frais à la charge du patient.
La NABM : le document officiel des actes
En complément de cette prescription, un outil administratif régit les tarifs : la Nomenclature des Actes de Biologie Médicale (NABM). Il s’agit d’un répertoire officiel qui recense l’intégralité des examens que la Sécurité sociale accepte de financer. Si une analyse figure dans cette liste, elle possède un code spécifique et un prix de référence. Si elle n’y figure pas, elle sort du champ de la solidarité nationale.
Dans certains cas, des tests sanguins récents qui s’appuient sur des innovations technologiques n’ont pas rejoint cette liste officielle, et ne la rejoindront peut-être jamais selon les cas. Par conséquent, une analyse peut éventuellement s’avérer utile pour la santé tout en restant absente dans les textes officiels.
Exemples concrets : ce qui est pris en charge ou non
Il est utile de différencier les examens sanguins habituels de ceux qui génèrent régulièrement des frais supplémentaires pour le patient.
Les analyses couramment remboursées (inscrites à la NABM)
Ces examens sont à la base du suivi médical et bénéficient d’une prise en charge standard :
- Numération Formule Sanguine (NFS) : pour détecter anémie, infection ou troubles de la coagulation.
- Bilan lipidique (Cholestérol et Triglycérides) : pour évaluer les risques cardiovasculaires.
- Glycémie et Hémoglobine glyquée (HbA1c) : pour le diagnostic et le contrôle du diabète.
- Bilan rénal (Créatinine, Urée et DFG) : pour surveiller la capacité de filtration des reins.
- Dosage de la TSH : pour vérifier le bon fonctionnement de la glande thyroï
- PSA (Antigène Prostatique Spécifique) : pour le suivi de la prostate chez l’homme.
- Bilan hépatique (ASAT, ALAT, Gamma-GT) : pour s’assurer de la bonne santé du foie.
- Vitesse de Sédimentation (VS) et CRP : pour identifier une inflammation ou une infection.
- Ionogramme sanguin (Sodium, Potassium, Chlore) : pour surveiller l’équilibre chimique du corps.
- Ferritine : pour mesurer les réserves de fer et prévenir l’ané
- Vitamines B9 (Folates) et B12 : indispensables pour le système nerveux et les globules rouges.
- Acide urique : pour dépister la goutte ou certains troubles métaboliques.
- Calcium et Phosphore : pour le suivi de la santé
- INR / TP : pour les patients sous traitement anticoagulant.
- Électrophorèse des protéines : pour rechercher certaines anomalies immunitaires ou inflammatoires.
Les examens Hors Nomenclature ou soumis à conditions
Certains dosages, bien que prescrits, ne donnent pas lieu à un remboursement automatique par l’Assurance Maladie :
- La vitamine D : contrairement aux idées reçues, son dosage n’est remboursé que pour des situations précises (ostéoporose, chutes répétées, transplantation, etc.). En dehors de ces cas, le coût reste à votre charge.
- Le magnésium : le dosage sanguin du magnésium est très régulièrement facturé hors nomenclature car son utilité clinique est jugée limitée par les autorités de santé.
- Les vitamines B1, B6 ou E : hors pathologies lourdes ou dénutritions graves, ces dosages sont rarement pris en charge.
- Les tests d’intolérance alimentaire : ces analyses ne figurent presque jamais dans la nomenclature de la Sécurité
🔎Zoom sur la participation forfaitaire : la franchise médicale
La retenue de 2 euros par acte de biologie peut interroger au moment de consulter ses décomptes de Sécurité sociale. Rappelons que cette franchise est prélevée de manière automatique par l’Assurance Maladie sur l’ensemble des analyses effectuées. Si vous bénéficiez du tiers payant, vous ne réglez rien sur le moment. Cependant, la Sécurité sociale récupère cette somme sur vos remboursements ultérieurs, que ce soit pour une consultation chez un médecin ou pour l’obtention de médicaments en pharmacie.
Sachez néanmoins qu’un plafond protecteur permet de limiter l’impact financier : la retenue ne peut pas dépasser 8 euros par jour pour un même laboratoire. Si une ordonnance impose une dizaine de tests différents le même matin, le prélèvement reste bloqué à ce seuil journalier.
Le montant réel de la prise en charge en laboratoire
Le schéma de financement s’appuie sur un partage entre l’Assurance Maladie et la complémentaire santé. En règle générale, le régime obligatoire prend en charge environ 60 % du tarif de référence pour la plupart des actes. Pour certains cas spécifiques, comme les examens liés à une Affection de Longue Durée (ALD), cette part atteint 100 %.
La mutuelle intervient ensuite pour couvrir jusqu’aux 40 % restants, ce que l’on nomme le ticket modérateur. Pour les contrats les plus performanst, ce reste à charge disparaît. Néanmoins, toutes les garanties ne sont pas identiques. Certains contrats de base suivent le tarif officiel sans couvrir les dépassements d’honoraires du praticien ou les actes non répertoriés.
Que se passe-t-il en cas d’analyses complémentaires ?
Il arrive que des analyses complémentaires soient déclenchées automatiquement par le biologiste. Si un premier test révèle une anomalie importante, le professionnel peut décider d’approfondir l’examen pour affiner le diagnostic. Bien que médicalement justifiés, ces examens ajoutés ne sont pas toujours prévus sur l’ordonnance initiale. Le laboratoire doit vous informer si ces actes entraînent un surcoût non remboursé.
La fausse idée de gratuité du tiers payant
Le tiers payant est un confort majeur en France que beaucoup de pays nous envient. En présentant la carte Vitale et l’attestation de mutuelle, le patient quitte le laboratoire sans sortir son portefeuille. Cette facilité masque pourtant la réalité des coûts.
Il est fréquent de découvrir, quelques semaines plus tard, un courrier de la mutuelle indiquant un refus de prise en charge sur une ligne précise. En effet, le tiers payant ne garantit pas la gratuité, il propose « seulement » une avance de fonds. Si l’un des organismes refuse de payer sa part (par exemple pour un acte HN), le laboratoire est en droit de réclamer la somme due. Lire le détail de la facturette remise au guichet du laboratoire est donc une habitude salutaire pour éviter les surprises.
Liste des points à vérifier avant le prélèvement sanguin :
- L’ordonnance est-elle complète ? Assurez-vous que tous les examens souhaités par le médecin y figurent.
- La mention Non Remboursable (NR) est-elle présente ? Certains médecins l’indiquent directement pour vous prévenir.
- Le laboratoire pratique-t-il des dépassements ? Posez la question dès votre arrivée au secrétariat, notamment pour les prélèvements à
- Quels sont les actes HN prévus ? Demandez au biologiste le montant précis de ces analyses avant de donner votre accord écrit.
- La mutuelle prévoit-elle un forfait « actes de prévention » ? Certains contrats remboursent des actes HN dans la limite d’un montant annuel.
Check-list des documents pour le tiers payant :
Avant de vous rendre au laboratoire, vérifiez que vous avez ces documents :
- L’original de l’ordonnance médicale valide et lisible.
- La carte Vitale à jour : utilisez les bornes de mise à jour en pharmacie ou au laboratoire.
- L’attestation de mutuelle en cours de validité pour l’année en cours.
- Le justificatif d’ALD si l’examen est lié à une pathologie de longue durée pour bénéficier de l’exonération du ticket modérateur.
Pour le remboursement optimal d’une analyse sanguine, il est important de réunir une ordonnance valide, un acte inscrit au catalogue de la Sécurité sociale et une couverture complémentaire adaptée à vos besoins. Le système de santé français, bien que protecteur, ne couvre en effet pas tous les types d’analyses de sang. Tout dépend de votre état de santé et du type d’analyse réalisée. N’hésitez pas à vous renseigner par ailleurs auprès de votre mutuelle pour en savoir plus sur les remboursements Hors Nomenclature auxquels vous auriez éventuellement droit.