Arrêt cardio-vasculaire : quels gestes de premiers secours ?
Plus connu sous le nom d’arrêt cardiaque, l’arrêt cardio-vasculaire peut survenir à tout moment et à tout âge. Au travail, à la maison ou dans un lieu public, un accident est vite arrivé, et la personne la mieux placée pour agir est toujours le premier témoin. Vous pensez qu’il faut impérativement être formé pour intervenir ? Ce n’est pas tout à fait vrai; que vous soyez formé(e) ou non, vous pouvez effectuer les gestes de premiers secours, qui augmentent les chances de survie en cas d’arrêt cardiaque. Cela demande du courage, mais est à la portée de tous !
Posté le 28 octobre 2026
Qu’est-ce qu’un arrêt cardio-vasculaire (arrêt cardiaque)?
Un arrêt cardio-vasculaire est un arrêt de l’activité mécanique du cœur, qui entraîne l’arrêt de la respiration et de la circulation sanguine. Pour faire simple : le cœur cesse de battre, et toutes les fonctions vitales sont en danger. Si vous entendez parler d’arrêt cardiaque ou d’arrêt cardio-respiratoire, il s’agit de la même chose.
Tout arrêt cardiaque est une urgence médicale absolue : en effet, lorsque notre cœur cesse de battre, l’interruption de la circulation sanguine prive notre cerveau d’oxygène, ce qui peut entraîner la mort. La bonne nouvelle (car il y en a quand même une !) c’est que tout le monde peut intervenir pour maintenir la victime en vie. Les gestes de premiers secours, qui constituent ce que l’on appelle la chaîne de survie, sont simples à exécuter et ne peuvent pas entraîner de lésion grave.
Comment reconnaître un arrêt cardiaque ?
L’arrêt cardio-vasculaire n’est pas toujours lié à un événement déclenchant évident, comme un choc ou un accident. Il peut aussi survenir dans des situations banales de la vie quotidienne : la personne monte les escaliers ou fait un effort modéré, se trouve à un arrêt de bus ou au supermarché…parfois, l’arrêt cardiaque se produit lors d’une simple discussion, ou même devant la télévision.
On reconnaît un arrêt cardio-vasculaire aux signes suivants :
- La personne s’effondre
- Elle perd connaissance (pas de réaction lorsqu’on lui parle ou lorsqu’on la touche)
- Elle ne respire pas, ou sa respiration est très irrégulière.
Dans un certain nombre de cas, l’arrêt cardiaque est une complication de l’infarctus du myocarde, plus connu sous le nom de de crise cardiaque. Celle-ci est reconnaissable à plusieurs signes typiques, qui diffèrent chez l’homme et chez la femme.
Chez tout le monde, l’infarctus se manifeste par :
- Une douleur ou un inconfort thoracique
- Une gêne ou des picotements irradiants dans le bras et/ou la mâchoire
- Un essoufflement prononcé.
Chez la femme, ces symptômes peuvent s’accompagner de signes spécifiques :
- Sueurs froides
- Étourdissement soudain
- Sensation de brûlure d’estomac
- Nausées et/ou vomissements
- Fatigue soudaine et inhabituelle.
Mais attention : l’arrêt cardio-vasculaire n’est pas toujours lié à un infarctus. Connaître ces signes peut vous aider à anticiper, mais gardez à l’esprit qu’une personne peut aussi s’effondrer sans aucun signe avant-coureur.
Que faire en cas d’arrêt cardiaque ? Les gestes qui sauvent
Par une belle journée d’été, à la terrasse d’un café, vous discutez avec un ami qui, apparemment, est en parfaite santé. Et là, sans mauvais jeu de mots, tout bascule : votre ami cesse de parler, se fige soudainement et tombe sur le côté.
Vous êtes ému, c’est tout à fait normal, mais il faut agir vite. Pour éviter les séquelles graves, voici les gestes à effectuer le plus rapidement possible :
1. Observer la victime
Tout d’abord, vérifiez l’état de conscience et la respiration de la victime. Pour ce faire :
- Parlez-lui, prenez-lui la main, et demandez-lui de vous serrer la main si elle vous entend. L’absence de réponse signifie qu’elle est inconsciente.
- Vérifiez qu’elle respire en observant sa poitrine, et en plaçant votre joue près de sa bouche pendant une dizaine de secondes.
2. Alerter les secours et chercher un défibrillateur
S’il y a du monde autour de vous, demandez à quelqu’un d’appeler les secours pendant que vous commencez le massage cardiaque. Si vous êtes seul(e), il faudra composer vous-même le numéro, en mettant le haut-parleur pour gagner du temps. En effet, la priorité est de commencer le massage cardiaque dès que possible; les secouristes vous guideront par téléphone.
Les numéros d’urgence à contacter sont le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro d’urgence européen). Faites de votre mieux pour parler clairement, indiquez l’adresse exacte où vous vous trouvez, et ne raccrochez pas avant d’y être invité par votre interlocuteur. En effet, les services de secours peuvent avoir besoin de renseignements complémentaires, ou de vous guider sur les gestes à réaliser.
Demandez aussi à quelqu’un d’aller chercher un défibrillateur s’il y en a un à proximité. Mais ne vous éloignez pas de la victime !
3. Commencer le massage cardiaque
Voilà le moment que vous redoutez peut-être : le massage cardiaque. Rassurez-vous ! C’est un geste à la portée de tous, qui peut être exécuté sans formation préalable, et qui ne présente aucun danger majeur.
Pour faire un massage cardiaque :
- Allongez la victime sur une surface plane et dure (le plus souvent au sol)
- Mettez vous à genoux à côté d’elle, de sorte à ce que son bras passe entre vos jambes. Cela vous évitera d’être gêné(e) par le bras.
- Placez vos mains l’une sur l’autre au milieu de son thorax, le talon de la deuxième main sur le talon de la première
- Placez-vous bien à la verticale, bras tendus
- Exercez des pressions fortes, de manière à comprimer verticalement le sternum sur 5 à 6 cm sans appuyer sur les côtes
- Entre chaque pression, remontez vos mains pour faire circuler le sang
- Effectuez 30 compressions à un rythme régulier de 100 par minute (soit environ 2 compressions par seconde). Pour les mélomanes : ce rythme correspond à celui de la chanson “Stayin’ Alive” des Bee Gees.
- Après chaque série de 30 compressions, interrompez le massage pour insuffler deux fois de l’air par bouche-à-bouche.
Si vous ne savez pas pratiquer le bouche-à-bouche, la dernière étape est facultative. Poursuivez le massage cardiaque jusqu’à l’arrivée des secours; arrêtez uniquement lorsque les médecins ou les pompiers prennent le relais.
💡On vous a peut-être dit qu’un massage cardiaque peut casser les côtes de la victime. Cette idée reçue est vraie ! Mais elle ne doit pas vous dissuader de porter secours. En effet, bien que l’idée soit dérangeante, une côte cassée se soigne facilement; et c’est un risque à prendre si vous pouvez sauver une vie. Par ailleurs, si vous placez vos mains au milieu de la poitrine sans appuyer sur les côtes, ce risque est normalement écarté.
L’autre idée reçue est que le massage cardiaque peut être dangereux si la victime n’est pas effectivement en arrêt. Là, il s’agit heureusement d’une idée fausse ! Le cœur est un organe robuste; même si on le comprime sans raison valable, il continue de battre.
Faire un bouche-à-bouche
Le bouche-à-bouche permet d’apporter de l’oxygène aux poumons de la victime lorsque celle-ci ne respire plus. Il doit être pratiqué entre chaque série de 30 compressions thoraciques, mais il n’est pas indispensable pour réanimer la personne. Ne le pratiquez que si vous connaissez la technique, dont voici les étapes :
- Basculez la tête de la victime vers l’arrière
- Soulevez son menton
- Placez une main sur son front et pincez ses narines entre le pouce et l’index
- Utilisez l’autre main pour maintenir son menton de manière à ouvrir sa bouche
- Prenez une inspiration normale, puis penchez-vous sur la victime et couvrez sa bouche par la vôtre
- Insufflez l’air dans la bouche de la victime, lentement et régulièrement pendant environ 1 seconde. Sa poitrine est censée se soulever.
- Tout en maintenant la tête de la victime dans la même position (basculée en arrière, menton relevé) redressez-vous pour vérifier que sa poitrine s’abaisse à l’expiration
- Effectuez une deuxième inspiration-insufflation selon le même procédé
- Reprenez le massage cardiaque.
Utiliser le défibrillateur
Le défibrillateur automatisé externe (DAE) est un dispositif médical simple d’utilisation, conçu pour que toute personne puisse réanimer une victime en arrêt cardiaque. Après avoir effectué un diagnostic automatique, le DAE décide si un choc électrique doit être administré. Grâce à une assistance vocale, il vous guide de A à Z, depuis le positionnement des électrodes jusqu’à la réalisation du massage cardiaque.
Pour l’utiliser :
- Mettez le DAE en marche et lisez les instructions sur l’appareil, tout en veillant à ce qu’une autre personne poursuive le massage cardiaque
- Placez les électrodes sur la poitrine, à même la peau. Personne ne doit toucher la victime pendant que l’appareil effectue son diagnostic
- Suivez les instructions vocales
- Si un choc doit être administré, éloignez-vous de la victime
- Si les instructions vocales vous y invitent, effectuez un massage cardiaque comme expliqué plus haut
- Suivez les instructions vocales jusqu’à l’arrivée des secours, ou jusqu’à ce que la victime retrouve une respiration normale.
Attention : même si la personne retrouve une respiration normale, le défibrillateur doit rester allumé, et les électrodes doivent rester en place jusqu’à l’arrivée des secours.
S’il n’y a pas de DAE à proximité, ignorez toute cette étape et poursuivez le massage cardiaque sans interruption.
Vous craignez de ne pas savoir utiliser un DAE ? Pas de panique, cet appareil est conçu pour aider n’importe quelle personne à réanimer une victime en arrêt cardiaque, grâce à un guidage vocal clair et accessible.
Depuis 2007, l’accès aux DAE est facilité sur l’ensemble du territoire; vous en trouverez notamment dans les centres commerciaux, les gares, les entreprises, les mairies…La loi prévoit que toute personne, quel que soit son âge, est habilitée à utiliser ce type d’appareil. Aussi, même en cas de “mauvaise” utilisation, il n’y a aucun risque pour la victime. Il n’y a donc aucune inquiétude à avoir !
Face à un arrêt cardio-vasculaire, l’important est d’agir vite
Si vous êtes témoin d’un arrêt cardio-vasculaire, vous devez agir le plus vite possible. En effet, nos organes ont besoin d’être irrigués en permanence, en particulier le cerveau; après 5 minutes d’arrêt cardiaque, le manque d’oxygène peut entraîner des lésions cérébrales irréversibles. D’où l’importance de réanimer la victime rapidement, idéalement dès la première minute.
Bien sûr, si vous n’êtes pas secouriste, on ne va pas s’attendre à un sauvetage spectaculaire. La réalité n’est pas un film hollywoodien ! En pratique, il est assez rare de réanimer une personne avant l’arrivée des secours; mais un massage cardiaque même imparfait augmente nettement ses chances de survie, grâce au maintien de la circulation sanguine.
La règle d’or est la suivante : mieux vaut intervenir que de rester sans rien faire. Alors, même si c’est impressionnant, prenez votre courage à deux mains !
Faut-il se former aux gestes de premiers secours ?
Vous l’aurez compris, même une personne non formée peut réaliser un massage cardiaque et utiliser un DAE sans risque pour la victime. Cela dit, vous pouvez toujours suivre une formation aux premiers secours pour gagner en confiance, maîtriser les gestes qui sauvent et réagir sans paniquer; en effet, la panique et le manque d’anticipation peuvent ralentir l’intervention.
Les formations aux premiers secours sont relativement courtes, allant de 2 heures à une journée. Dispensées par les organismes agréés comme la Croix-Rouge et les pompiers, elles vous apprennent à :
- Reconnaître une victime en arrêt cardio-vasculaire
- Effectuer un massage cardiaque et un bouche-à-bouche efficaces
- Préserver l’intégrité physique de la victime
- Utiliser facilement un DAE.
Pour une formation à la fois complète et accessible, on recommande souvent la PSC (“Premiers Secours Citoyens”), qui enseigne les bases théoriques et pratiques de la gestion des situations d’urgence. Mais dans tous les cas, ces formations ne sont pas obligatoires. Si demain vous êtes témoin d’un arrêt cardiaque, vous pouvez tenter une réanimation à l’aide des informations données ici. Haut les cœurs !