Les vertige positionnel paroxystique (VPPB) : manœuvre d’Epley

Se lever du lit et voir la pièce se mettre à tanguer. Se retourner sous la couette et sentir un vertige fulgurant. Baisser la tête pour attraper un objet et devoir s’arrêter net, le temps que « ça passe ». Ces épisodes sont très impressionnants, parfois accompagnés de nausées, et ils font souvent craindre un problème grave.

Dans de nombreux cas, ces vertiges correspondent à un trouble fréquent et bien connu : le vertige paroxystique positionnel bénin, ou VPPB. Il survient autour ou après 50 ans. Le plus souvent sans gravité, il est possible de le soigner par certaines méthodes, dont la manœuvre d’Epley.

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Posté le 26 octobre 2026

Vertiges positionnels

Le VPPB : un vertige très fréquent, surtout après 50 ans

Le VPPB constitue l’une des causes les plus courantes de vertiges chez l’adulte. Sa fréquence augmente avec l’âge : les cristaux impliqués dans l’équilibre deviennent plus fragiles, se détachent plus facilement et migrent vers une zone où ils n’ont rien à faire.

Ce trouble peut survenir sans raison évidente, mais on le retrouve aussi après :

  • Un choc à la tête, même modéré
  • Une période d’alitement
  • Une infection ou inflammation de l’oreille interne
  • Des migraines
  • Une ostéoporose

Le mot bénin mérite une précision : il ne dit rien de l’intensité du vertige, qui peut être très fort. Il indique plutôt qu’on ne parle pas d’une atteinte grave du cerveau.

 

Ce qui se passe dans l’oreille interne

L’oreille interne abrite le système vestibulaire, qui informe le cerveau sur les mouvements de la tête et la position du corps. Deux structures anatomiques comptent ici :

  • Les canaux semi-circulaires, remplis d’un liquide, qui réagissent aux rotations de la tête
  • L’utricule, qui contient de minuscules cristaux de calcium appelés otolithes

En temps normal, ces cristaux participent au repérage de la gravité. Dans un VPPB, une partie de ces cristaux se détache et migre à l’intérieur d’un canal semi-circulaire (souvent le canal postérieur). Lors d’un mouvement de tête, les cristaux déplacés « tirent » sur le liquide et envoient au cerveau un signal erroné : le cerveau croit que la tête tourne fortement alors que ce n’est pas le cas. C’est ce décalage qui déclenche le vertige.

 

Les signes typiques d’un VPPB

Le VPPB présente des signes assez caractéristiques :

  • Déclenchement par un mouvement de tête (se coucher, se lever, tourner la tête, se pencher)
  • Vertige intense mais court (souvent quelques secondes à une minute)
  • Nausées possibles
  • Retour à un état normal entre les crises, même si une impression d’instabilité peut persister un peu

Un détail important : certaines personnes décrivent une sensation de pièce qui tourne, d’autres celle d’une bascule ou d’une chute. Le point commun reste la brièveté et le lien très net avec le changement de position.

 

Pourquoi il faut consulter en cas de vertiges

Même si le VPPB reste fréquent, il ne faut pas conclure seul. D’autres troubles peuvent donner des vertiges, avec des prises en charge différentes : troubles de la tension, effets indésirables de médicaments, atteintes de l’oreille interne, causes neurologiques.

Pour le savoir, il faut d’abord consulter votre médecin généraliste, lequel vous enverra après d’un ORL spécialisé. Ce dernier réalise :

  1. Un entretien précis (déclencheurs, durée, fréquence, signes associés)
  2. Un examen clinique
  3. Des tests positionnels, dont le plus connu est le test de Dix-Hallpike

Ce test reproduit brièvement le vertige et permet d’observer un signe très utile : un mouvement involontaire des yeux appelé nystagmus, dont la direction aide à identifier le canal concerné. Cette étape compte beaucoup : la manœuvre à utiliser dépend du canal impliqué.

manœuvre d’epley

La manœuvre d’Epley : pourquoi elle fonctionne si bien

La manœuvre d’Epley a pour but de ramener les cristaux au bon endroit, en les faisant progresser dans le canal jusqu’à l’utricule, où ils cessent de déclencher les vertiges.

Il s’agit d’une séquence de positions successives, tenues pendant un temps précis, qui utilise la gravité comme alliée. L’efficacité est souvent rapide : beaucoup de personnes ressentent un soulagement net après une séance, parfois même immédiatement. D’autres observent une amélioration sur 24 à 72 heures, le temps que le système vestibulaire se recalibre.

Comment se passe une manœuvre d’Epley en consultation

Le professionnel vous installe sur une table d’examen. Il place votre tête à un angle déterminé, puis vous guide dans différentes positions (allongé, tête tournée, puis rotation progressive du corps). Vous restez quelques dizaines de secondes dans chaque position. Des vertiges peuvent survenir pendant la manœuvre : c’est fréquent, et cela ne veut pas dire que quelque chose ne va pas. Cela signale surtout que les cristaux bougent.

La manœuvre ne demande pas d’effort physique. Elle peut néanmoins être inconfortable si vous avez des douleurs cervicales. Dans ce cas, le professionnel adapte la technique ou choisit une autre approche.

 

Après la manœuvre : quoi attendre et comment récupérer sereinement

Après la séance, certaines personnes se sentent vidées ou un peu flottantes pendant quelques heures. Il ne faut pas s’inquiéter : le cerveau réapprend à faire confiance aux bons signaux d’équilibre.

Selon les recommandations du praticien, il peut vous être proposé :

  • D’éviter les mouvements brusques de tête pendant 24 heures
  • De dormir avec la tête légèrement surélevée
  • De reprendre progressivement les activités

Si le vertige revient, une nouvelle manœuvre ou une répétition peut suffire. Le VPPB peut récidiver : ce n’est pas rare, surtout chez les personnes plus âgées. L’avantage, c’est qu’une fois le diagnostic connu, la prise en charge est facilitée.

 

Et si ce n’est pas le canal concerné ?

Epley traite surtout le VPPB du canal postérieur, le plus fréquent. Si un autre canal est impliqué, le médecin, l’ORL directement ou un kiné spécialisé, peut proposer une autre manœuvre (par exemple Semont ou Lempert, selon le cas).

Une rééducation vestibulaire peut aussi aider à diminuer l’instabilité résiduelle et la crainte de bouger, notamment si vous avez évité certains mouvements pendant plusieurs jours.

 

Limiter le risque de chute pendant la période de vertiges

Même s’il reste bénin, le VPPB augmente le risque de déséquilibre et de chute, par exemple au moment du lever, lors des déplacements nocturnes ou quand la tête change brusquement de position. Ce risque concerne particulièrement les personnes de plus de 60 ans, chez qui une chute peut avoir des conséquences plus sérieuses.

Pendant la phase où les vertiges sont encore présents, quelques précautions permettent de se déplacer avec plus de sécurité et de conserver une bonne autonomie :

  • Prendre le temps de s’asseoir au bord du lit pendant quelques secondes avant de se lever, afin de laisser au système de l’équilibre le temps de s’adapter
  • Se lever lentement, sans mouvement brusque de la tête, surtout après une période allongée
  • Garder une lumière douce la nuit, par exemple avec une veilleuse, pour mieux se repérer en cas de lever nocturne et éviter les désorientations soudaines
  • Éviter les rotations rapides de la tête, en particulier les mouvements vers l’arrière ou sur le côté qui déclenchent le plus souvent les vertiges.
  • Sécuriser l’environnement immédiat : retirer les tapis glissants, porter des chaussons antidérapants, maintenir les passages dégagés
  • Demander de l’aide pour les gestes exposés, comme monter sur un escabeau, prendre une douche sur un sol mouillé ou porter une charge lourde pendant cette période

Quand reconsulter sans attendre ?

Il faut reprendre contact rapidement avec un professionnel de santé si :

  • Les vertiges persistent malgré les manœuvres
  • L’équilibre se dégrade franchement
  • Des signes inhabituels apparaissent : troubles de la parole, faiblesse d’un côté du corps, maux de tête violents, vision double, ou perte de connaissance.

Ces signes ne correspondent pas au VPPB classique et nécessitent une prise en charge rapide pour traiter ou écarter d’autres pathologies.

Vertiges positionnels paroxystique bénin (VPPB) : l’essentiel en un coup d’œil

ÉlémentCe qu’il faut savoir
DéfinitionTrouble fréquent de l’équilibre lié au déplacement de minuscules cristaux de calcium dans l’oreille interne, provoquant des vertiges déclenchés par les mouvements de la tête.
Personnes concernéesAdultes de tous âges, avec une fréquence plus élevée après 50 ans.
Signes caractéristiquesVertige bref et intense lors d’un changement de position (se lever, se coucher, tourner la tête), parfois accompagné de nausées. Retour à un état normal entre les crises.
Origine du troubleDéplacement des cristaux (otolithes) dans un canal semi-circulaire, envoyant de faux signaux au cerveau.
GravitéTrouble impressionnant mais bénin, sans atteinte cérébrale.
DiagnosticPosé par un professionnel de santé à l’aide de tests positionnels.
Traitement de référenceManœuvre d’Epley ou autre manœuvre de repositionnement selon le canal concerné.
EfficacitéAmélioration nette dans la majorité des cas, parfois dès la première séance.
Autres prises en charge possiblesRééducation vestibulaire en cas d’instabilité persistante ou de récidives.
Risque principalChute pendant les épisodes de vertige.
Quand reconsulterSi les vertiges persistent, reviennent fréquemment ou s’accompagnent de signes inhabituels (troubles neurologiques, perte de connaissance, maux de tête intenses).
PronosticTrès favorable avec une prise en charge adaptée.

Les vertiges positionnels (VPPB) impressionnent, mais ils relèvent le plus souvent d’un trouble bénin de l’oreille interne. Ils apparaissent lors de mouvements de tête, durent peu de temps et se traitent grâce à des manœuvres de repositionnement. La manœuvre d’Epley, réalisée par un professionnel, soulage dans une grande majorité des cas. Quel que soit le remède, consulter est toujours important, car cela permet de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.