Prévoyance collective : les obligations de l’employeur
La souscription d’une couverture collective est devenue courante dans les entreprises. 88% des salariés du privé bénéficient d’une prévoyance collective en 2023. S’agit-il d’une obligation ? Quelle est l’étendue exacte de votre responsabilité en la matière ? Le point complet pour tout comprendre.
Modifié le 08 janvier 2026
Dans quels cas devez-vous souscrire une prévoyance collective ?
La prévoyance collective a pour objectif de protéger vos salariés et leurs familles contre les risques plus lourds, comme :
- Un décès.
- Une perte d’autonomie.
- Une invalidité permanente totale ou partielle.
- Une incapacité temporaire de travail.
Vous n’avez en principe pas l’obligation de proposer un tel contrat à vos collaborateurs. Cette particularité distingue la prévoyance de la complémentaire santé, rendue obligatoire pour tous les employeurs depuis le 1er janvier 2016. Deux exceptions importantes sont à souligner.
Couverture décès obligatoire pour les cadres
Votre entreprise compte parmi ses effectifs des salariés bénéficiant du statut de cadre ? Vous devez respecter les dispositions de l’ANI du 17 novembre 2014 relatif à la prévoyance des cadres qui impose à tous les employeurs du secteur privé de souscrire un contrat de prévoyance pour les cadres de leur entreprise. La cotisation à un contrat de prévoyance pour les cadres doit représenter 1,5% de la T1 de leur salaire. Cette cotisation est financée entièrement par l’employeur, dont au moins la moitié, soit 0,76% doit servir à financer la couverture décès. Le reste de la cotisation peut être alloué librement aux différentes garanties offertes par le contrat (invalidité, incapacité…).
Prévoyance rendue obligatoire par votre convention collective
Votre entreprise peut aussi être tenue de souscrire une prévoyance collective pour l’ensemble de ses salariés – y compris les non-cadres – si votre convention collective ou un accord de branche le prévoit.
Dans ce cas, toutes les entreprises relevant de cet accord collectif doivent souscrire à une couverture collective pour leurs collaborateurs. Le texte conventionnel va généralement préciser les modalités spécifiques de la prévoyance à souscrire :
- Les risques couverts peuvent vous obliger, par exemple, à inclure le décès ou l’incapacité temporaire de travail, voire la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA).
- Un socle de garantie est souvent prévu concernant les prestations versées. Cela peut inclure par exemple les indemnités journalières complémentaires.
- Le montant de la participation financière minimale de l’employeur est souvent défini. Elle peut être par exemple de 50 %, ou d’un autre montant.
Maintien de salaire : une prévoyance à la charge de l’employeur
L’un de vos collaborateurs est en arrêt de travail ? En complément des indemnités journalières de la sécurité sociale (IJSS), la loi de mensualisation du 19 janvier 1978 prévoit un « maintien de salaire » à la charge de l’employeur. Cette mesure vise à garantir un niveau de revenu stable pour vos salariés pendant les premiers mois de leur absence due à la maladie. Le régime de base couvre à peine 50 % de leur rémunération habituelle.
Pour bénéficier de ce maintien de salaire, les salariés doivent remplir certaines conditions, dont :
- Une ancienneté d’au moins un an dans votre entreprise.
- L’éligibilité aux IJSS.
- Le suivi des soins en France.
- La remise d’un certificat médical sous 48 heures.
Le montant du maintien de salaire dépend à la fois de la durée de l’arrêt maladie et de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise. Il s’élève :
- À 90 % de sa rémunération brute (soit une part employeur de 40 %) pendant les 30 premiers jours d’arrêt.
- À 66,66 % de sa rémunération brute (soit une part employeur de 16,66 %) pendant les 30 jours suivants.
Ces deux périodes sont prolongées de 10 jours supplémentaires pour chaque tranche de 5 ans d’ancienneté dans l’entreprise. Par exemple, un salarié avec 15 ans d’ancienneté pourra bénéficier de 60 jours à 90 %, puis de 60 jours à 66,66 %.
Bon à savoir : Maintien de salaire : pris en charge par la prévoyance collective ?
Une prévoyance complémentaire peut inclure un contrat de mensualisation. Dans ce cadre, l’assureur va prendre à sa charge l’obligation légale de maintien de salaire s’imposant à l’employeur. Cette garantie peut représenter un réel atout pour limiter les risques financiers liés aux arrêts de travail dans votre entreprise.
Alptis : à vos côtés pour instaurer une prévoyance collective
La mise en place d’une prévoyance collective peut s’avérer complexe, en raison du cadre réglementaire et conventionnel en vigueur. Les dispositions conventionnelles elles-mêmes peuvent s’appliquer différemment selon les secteurs ou les entreprises.
Alptis Assurances vous fait bénéficier de plusieurs services et avantages :
- Des contrats construits pour s’adapter à chaque secteur d’activité, conformes au cadre conventionnel.
- Des garanties modulables respectant le cadre en vigueur, pour personnaliser en détail votre contrat collectif.
- Un accompagnement dans la mise en place du contrat collectif, notamment dans le respect de vos obligations conventionnelles.
À vos côtés, Alptis garantit l’instauration d’une complémentaire collective conforme à vos obligations d’employeur, aussi bien en matière d’assurance que de prévoyance collective.
Sources de l’article : Prévoyance collective : les obligations de l’employeur
- https://www.ifop.com/publication/barometre-de-la-prevoyance-collective-regards-croises-salaries-et-dirigeants/
- https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F33754
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F3053
- https://code.travail.gouv.fr/contribution/en-cas-darret-maladie-du-salarie-lemployeur-doit-il-assurer-le-maintien-de-salaire
Questions fréquentes sur les obligations de la prévoyance en entreprise
Non, la prévoyance d’entreprise n’est pas obligatoire pour tous. Elle devient une obligation uniquement lorsque la convention collective ou un accord de branche l’impose. C’est souvent le cas dans des secteurs comme le BTP, la métallurgie ou les assurances. Dans ce cadre, l’employeur doit proposer une couverture prévoyance à ses salariés, notamment pour les protéger en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
En dehors de ces obligations, une prévoyance d’entreprise reste facultative. Elle peut tout de même être mise en place par décision unilatérale de l’employeur, par référendum ou via un accord collectif. À noter que cette assurance prévoyance ne doit pas être confondue avec la mutuelle obligatoire d’entreprise, qui concerne exclusivement le remboursement des frais de santé.
Un régime de prévoyance vise à protéger les salariés contre les conséquences financières d’un accident de la vie ou d’une absence prolongée. La couverture s’articule autour de trois garanties principales :
La garantie incapacité de travail complète les indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie en cas d’arrêt prolongé.
La garantie invalidité prévoit le versement d’une rente si le salarié perd partiellement ou totalement sa capacité à exercer une activité.
La garantie décès assure le versement d’un capital ou d’une rente à la famille (conjoint, enfants).
Certaines entreprises proposent également des garanties optionnelles, comme la rente d’éducation ou de conjoint. Grâce à la prévoyance, le salarié peut ainsi préserver un niveau de vie, malgré des situations imprévues et souvent difficiles.
Il est essentiel de ne pas confondre mutuelle et prévoyance : elles répondent à deux besoins complémentaires. La mutuelle (ou complémentaire santé collective) intervient sur les dépenses de santé quotidiennes : consultations, hospitalisation, soins dentaires ou optiques.
La prévoyance d’entreprise, elle, couvre les risques lourds liés à l’incapacité, l’invalidité ou au décès. Elle permet aux salariés de bénéficier d’une protection financière en cas d’événement grave affectant leur activité ou leur famille. Dans certaines entreprises, ces deux couvertures sont proposées séparément. D’autres optent pour une offre globale intégrant à la fois la prévoyance santé et la complémentaire santé collective.
Même si une prévoyance d’entreprise est obligatoire, certaines situations permettent une dispense. Un salarié peut la refuser notamment :
– s’il bénéficie déjà d’un régime de prévoyance collectif obligatoire via un autre employeur ;
– s’il est en CDD ou en mission d’intérim de courte durée ;
ou encore s’il travaille à temps très partiel ou est apprenti, sous conditions.
Pour cela, il doit effectuer une demande écrite auprès de l’employeur et joindre les justificatifs nécessaires. Les modalités précises de dispense figurent dans la convention collective ou le contrat collectif mis en place dans l’entreprise.
Quand la prévoyance d’entreprise est obligatoire, l’employeur doit respecter certaines obligations : mettre en place un contrat conforme aux exigences conventionnelles, financer au moins 50 % des cotisations, informer les salariés sur les garanties souscrites, les modalités d’adhésion et les cas de dispense.
De leur côté, les salariés bénéficient d’une couverture prévoyance qui complète efficacement les prestations des régimes obligatoires. Ils peuvent consulter à tout moment les détails du contrat et vérifier que leur situation est bien prise en compte, notamment en cas de maladie ou d’accident entraînant une incapacité ou un décès.