Loi Eckert du 13 juin 2014 : gestion des comptes inactifs et assurance-vie en déshérence
Les contrats d’assurance-vie en déshérence, « non réclamés » ou « non réglés » désignent les contrats dont les capitaux n’ont pas été versés au(x) bénéficiaire(s) lors du décès de l’assuré. Promulguée le 13 juin 2014, et entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2016, la loi Eckert est une nouvelle disposition relative aux avoirs financiers déposés auprès des compagnies d’assurance. Son but est d’assurer une meilleure protection des bénéficiaires d’un contrat d’assurance-vie, notamment en recensant l’ensemble des contrats en déshérence.
Modifié le 22 mai 2025
Sommaire de l'article :
- La loi Eckert : vers une meilleure protection des épargnants
- Les obligations des organismes d’assurance
- Qu’advient-il d’un contrat restant en déshérence ?
- Questions fréquentes sur la Loi Eckert, les obligations des organismes assureurs et la gestion des assurances vie en déshérence et des comptes inactifs
La loi Eckert : vers une meilleure protection des épargnants
Instaurée en 2014, la loi Eckert a pour mission principale de réduire la déshérence et l’inactivité des comptes en obligeant les établissements bancaires et d’assurance à informer correctement les bénéficiaires de l’existence de leur contrat.
Quel est l’objectif de cette loi ?
Avant la mise en place de la loi Eckert, il n’y avait pas d’obligation légale sommant les banques et les assurances de rappeler l’existence d’un compte inactif à son bénéficiaire. Cela pouvait donc conduire à des situations dans lesquelles certains titulaires ou ayants droit oubliaient l’existence d’un contrat bancaire ou d’une assurance-vie et où les avoirs et une partie des dépôts d’argent étaient, après un certain délai, conservés par les établissements.
Cette loi du 13 juin 2014 a donc été instaurée dans le but de renforcer la protection du droit de propriété des épargnants en les informant mieux quant à l’inactivité de leur compte bancaire ou à la déshérence de leur contrat d’assurance-vie.
Comment sont définies l’inactivité d’un compte et la déshérence d’un contrat ?
Si la loi Eckert rend obligatoire l’identification des comptes inactifs et la recherche de leur propriétaire, elle vient également définir précisément ce qui caractérise un “compte inactif”. Dès lors que vous êtes titulaire d’un compte, sa non-activité est désignée par :
- Le non-fonctionnement du compte : aucune opération n’a été effectuée (versement, retrait, etc.) ;
- La non-manifestation du client : le titulaire, ou son représentant légal, ne s’est jamais manifesté auprès de l’établissement et aucune opération n’est à relever sur un autre compte à son nom.
Ces deux critères sont pris en compte par les banques sur une période de 12 mois pour les comptes courants et les comptes de dépôt et sur une période de 5 ans pour les produits d’épargne, les comptes sur livrets, les comptes titres et les comptes à terme d’épargne salariale. En cas de décès du titulaire, les ayants droit disposent, eux aussi, d’un délai de 12 mois pour faire valoir leurs droits auprès des organismes.
En ce qui concerne le contrat d’assurance-vie, il est dit en “déshérence” lorsque son bénéfice (allocations obsèques, capital décès…) n’est pas versé par les organismes d’assurance aux bénéficiaires au moment du décès de l’assuré, ni réclamé au bout d’un an suivant le terme du contrat.
Les obligations des organismes d’assurance
Depuis la mise en place de la loi du 13 juin 2014, les organismes d’assurance doivent répondre à plusieurs obligations en ce qui concerne les contrats d’assurance-vie et respecter différents délais sous peine de pénalités.
La recherche du bénéficiaire au moment du décès de l’assuré
En effet, les établissements doivent tout d’abord identifier et se renseigner régulièrement sur le décès de leurs assurés. Ils sont, par ailleurs, dans l’obligation, en cas de décès avéré, de rechercher les bénéficiaires du contrat et de payer les capitaux décès, sans attendre la demande de ces derniers.
Les assureurs disposent d’un délai de 15 jours suivant la connaissance du décès de l’assuré ou le terme du contrat pour informer le bénéficiaire et lui demander les documents nécessaires pour régler les prestations. Pour faciliter cette démarche, ils ont la possibilité d’interroger l’administration fiscale afin d’obtenir les coordonnées d’un bénéficiaire.
À la réception des pièces justificatives demandées aux ayants droit, l’assureur disposera d’un mois pour effectuer le paiement du capital dû. Dans le cas où ce délai ne serait pas respecté, la loi PACTE prévoit, depuis le 24 mai 2019, des pénalités de retard au double du taux légal durant deux mois, puis au triple du taux légal d’intérêt.
La revalorisation des sommes dues au bénéficiaire en cas de décès
Une autre des obligations des établissements d’assurance est la revalorisation du capital garanti à la date du décès de l’assuré. Celle-ci s’applique aux contrats d’assurance décès dont le bénéficiaire est une personne physique. Elle est effectuée à compter du décès de l’assuré jusqu’à réception des pièces nécessaires au paiement du capital ou jusqu’au dépôt du capital à la Caisse des Dépôts et Consignations (taux de revalorisation fixé par décret).
Qu’advient-il d’un contrat restant en déshérence ?
Si, malgré les recherches menées par l’organisme d’assurance, le capital reste en déshérence, la loi Eckert met en place un mécanisme de transfert des fonds à la Caisse des dépôts et consignations.
Ainsi, 10 ans à compter du jour de la connaissance du décès ou de l’échéance du contrat, les assureurs devront remettre les sommes non réglées à la Caisse des dépôts et consignations dans un délai d’un mois. Les informations et documents relatifs aux contrats de prévoyance (assurance décès) seront toutefois conservés par les assureurs.
6 mois avant le transfert des fonds à la Caisse des dépôts, l’assureur doit informer par tout moyen les bénéficiaires du contrat d’assurance décès de ce transfert.
20 ans après ce dépôt, les sommes non réglées sont remises à l’État par la Caisse des dépôts et consignations et sont affectées au fond de réserve des retraites. C’est ce qu’on appelle la prescription trentenaire applicable aux contrats d’assurance-vie.
Questions fréquentes sur la Loi Eckert, les obligations des organismes assureurs et la gestion des assurances vie en déshérence et des comptes inactifs
La loi n° 2014-617 du 13 juin 2014 relative aux comptes bancaires inactifs et aux contrats d’assurance vie en déshérence, dite loi Eckert, est entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Elle a pour objectif de protéger les titulaires de comptes bancaires et les bénéficiaires de contrats d’assurance vie en imposant aux établissements financiers des obligations strictes.
Cette loi impose notamment de recenser les comptes bancaires inactifs et les contrats d’assurance vie non réclamés, de contacter leurs titulaires ou ayants droit, et en dernier recours, de transférer les fonds à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Elle vise à lutter contre la déshérence financière et à assurer une restitution plus efficace des sommes aux bénéficiaires légitimes.
La loi Eckert encadre deux grandes familles de produits :
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Les comptes bancaires inactifs, incluant : comptes courants, livrets d’épargne, comptes titres, comptes à terme, etc.
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Les contrats d’assurance vie ou de capitalisation dont les prestations ne sont pas versées, généralement faute d’identification ou de manifestation des bénéficiaires après le décès du titulaire du contrat.
Les assureurs ont l’obligation, dès la réception de l’avis de décès, d’engager des recherches actives pour retrouver les ayants droit, notamment par consultation du RNIPP (Répertoire national d’identification des personnes physiques).
Un compte est considéré comme inactif si :
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Aucune opération (hors inscription d’intérêts ou de frais) n’y a été effectuée pendant 12 mois consécutifs.
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Et si le titulaire du compte ne s’est pas manifesté auprès de la banque (par courrier, en ligne, ou en agence).
Pour les comptes titres ou produits d’épargne, ce délai est porté à 5 ans. À l’issue de 10 ans d’inactivité, les fonds doivent être déposés à la Caisse des Dépôts, où ils sont conservés pendant 20 ans supplémentaires, avant d’être définitivement acquis à l’État si aucun bénéficiaire ne se manifeste.
Les bénéficiaires d’un contrat en déshérence peuvent toujours réclamer les sommes garanties, même après le transfert à la CDC. Ils doivent pour cela :
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Justifier leur identité et leur qualité de bénéficiaire (actes d’état civil, certificat de décès, etc.).
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Se manifester dans un délai de 30 ans à compter du décès (10 ans chez l’assureur, puis 20 ans auprès de la CDC).
Cette loi renforce la protection des ayants droit en imposant aux organismes assureurs des obligations de diligence dans la recherche des bénéficiaires. Ils doivent par exemple croiser leurs fichiers avec ceux du RNIPP de manière régulière.
Les banques doivent respecter plusieurs dispositions de la loi Eckert, notamment :
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Recenser les comptes bancaires inactifs chaque année.
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Informer les titulaires ou leurs ayants droit au moins 6 mois avant l’expiration du délai de 10 ans.
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Transférer les fonds à la CDC après 10 ans d’inactivité.
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Conserver l’historique des opérations pour garantir la traçabilité et faciliter la restitution des fonds.
En complément, elles ont l’obligation de publier annuellement le nombre de comptes concernés et les montants transférés, contribuant ainsi à une meilleure transparence dans la gestion des comptes bancaires inactifs.