L’aquamation : une nouvelle pratique de crémation funéraire plus écologique

L’aquamation correspond à une inhumation aquatique, s’inspirant d’anciennes traditions vikings et des tribus du Pacifique. Elle représente une alternative à la crémation, cette méthode plébiscitée par les Français (62 % en 2019) pour des soucis écologiques ou économiques. Comment se déroule l’aquamation ? Quels sont ses avantages sur l’écologie ? Quels sont les frais d’obsèques ?

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Modifié le 18 novembre 2024

L'aquamation, nouvelle alternative funéraire

Le principe de l’aquamation : la décomposition du corps dans l’eau alcaline

La technique de l’aquamation consiste à plonger le corps du défunt dans un cylindre contenant de l’eau (95 %) et des produits alcalins (5 %). Les agents des pompes funèbres utilisent généralement un mélange d’hydroxyde de sodium et de potassium, avec une quantité variable selon le poids du défunt. Ce mélange est chauffé aux alentours de 100 °C, le processus dure entre 6 et 12 heures.

L’eau alcaline en mouvement, chauffée dans son contenant, provoque une hydrolyse alcaline des tissus. La matière organique du défunt est décomposée en minéraux solubles nets d’autres molécules, sans libérer du CO2 dans l’atmosphère, contrairement à la crémation classique. Sans gaz à effet de serre rejeté, cette méthode est plus respectueuse dans l’environnement.

À la fin du processus, il reste uniquement les ossements du défunt. Les molécules de sa matière organique se sont assimilées dans la solution aqueuse ; il n’y a aucune trace d’une pollution particulière. L’eau de la cérémonie est traitée comme une eau usée avant de retourner dans la nature. Les os sont réduits en cendres avant d’être remis aux proches du défunt. Ces derniers transfèrent cette poussière dans une urne qu’ils pourront déposer à domicile, inhumer au cimetière ou exposer au columbarium.

Comme cette méthode funéraire se déroule exclusivement à l’étranger, le retour des cendres obéit à la procédure du rapatriement du défunt de l’étranger. La différence réside dans le contenant dans lequel repose la personne décédée, qui n’est pas un cercueil en bois.

Bon à savoir : Quels pays dans le monde pratiquent l’aquamation en guise de funérailles ?

L’aquamation funéraire est une pratique funéraire légalisée dans les États anglophones. Il s’agit de l’Australie, du Canada, de la Grande-Bretagne et de quelques États des États-Unis. La seule région à faire exception à la règle est le Québec, à cause de sa culture francophone.

Les avantages de l’aquamation pour l’environnement et le financement des obsèques

Comme en témoigne sa mise en place dans les pays anglophones, l’aquamation est une pratique funéraire de plus en plus populaire. Elle se distingue de l’inhumation, mais aussi de la crémation grâce à ses avantages écologiques et économiques.

Les avantages écologiques de la dissolution par l’eau par rapport à la crémation

La crémation (mais aussi l’inhumation) rejette du CO2 dans l’atmosphère. L’étude des Services funéraires de la Ville de Paris révèle que la crémation produit 233 kg de CO2, soit 3 % des émissions d’un Français moyen. L’inhumation est plus polluante (830 kilos d’émissions de CO2), car il faut produire la sépulture à partir de matériaux comme le granite.

L’aquamation ne produit pas de combustion, donc pas de rejet de CO2 dans l’atmosphère. Comme il suffit de chauffer l’eau sans atteindre la température d’ébullition, le procédé permet de réaliser 90 % d’économie d’énergie. L’eau décomposant le corps du défunt est inoffensive, car elle contient un mélange d’acides aminés, de sucre, de nutriments et de savon. Elle rejoint l’usine de traitement des eaux usées avant de retourner dans l’écosystème.

Les avantages économiques et sanitaires de l’aquamation par rapport à l’inhumation

L’aquamation est plus économique comparée à l’inhumation, car vous n’avez pas besoin d’acheter un cercueil dans vos frais d’obsèques. Si vous optez pour la conservation de l’urne à domicile, vous économisez une concession au cimetière, au columbarium ou dans un mausolée.

En dissolvant le corps du défunt dans une solution alcaline, les virus, agents pathogènes et formaldéhydes sont neutralisés. L’autorisation de rapatriement des cendres est plus facile à obtenir à partir du moment qu’il n’y a aucun risque de contagion. Les alcalins ne s’attaquent pas aux métaux ; par conséquent, les stimulateurs cardiaques ou autres prothèses peuvent être récupérés et recyclés.

Le prix et la prise en charge de l’aquamation

Dans les pays américains, le coût d’une crémation avec une urne revient à 400 $ avec les options de base. En cas de forfaits personnalisés, les frais montent rapidement jusqu’à une fourchette entre 1 350 $ et 2 000 $. En revanche, l’aquamation permet de faire des économies entre 100 et 250 $ par rapport à la formule de base de la crémation.

En Europe, le prix de l’aquamation revient à 350 €. Il s’agit d’une formule abordable par rapport à la crémation en France, s’élevant, elle, entre 470 et 980 €. Néanmoins, même si vous optez pour une dissolution dans l’eau alcaline, vous avez la possibilité de louer un cercueil uniquement pour la cérémonie des obsèques.

L’aquamation se présente comme une démarche plus respectueuse pour le corps du défunt. En effet, celui-ci semble se dissoudre délicatement dans l’eau au lieu de disparaître totalement dans les flammes. Néanmoins, la technique n’est pas encore légalisée en France à cause des traditions, mais aussi de la pression des entreprises funéraires.

L’aquamation consiste à dissoudre le corps du défunt dans une eau alcaline, sans rejeter du gaz carbonique dans l’atmosphère, ni polluer les ressources en eau. Cette technique funéraire se pratique de plus en plus à l’étranger, mais pas en France. Pensez à souscrire l’assurance décès Alptis pour rapatrier les cendres de votre proche.