Assurance emprunteur et sports à risque : les règles du jeu
Selon l’institut de veille sanitaire (InVS), environ 910 000 accidents annuels sont liés à l’activité physique et sportive en France. Une réalité bien connue des assureurs, souvent peu disposés à couvrir le prêt immobilier des sportifs les plus audacieux. Des solutions existent cependant pour trouver une assurance emprunteur adaptée à votre passion.
Modifié le 23 février 2026
Sommaire de l'article :
- Sports dangereux : un risque peu apprécié des assureurs
- Pratique de sports à risque : une obligation de transparence
- Sports à risque : quelles conséquences pour votre contrat ?
- Refus d’assurance emprunteur pour sport à risque : quelles solutions ?
- Questions fréquentes sur l’assurance de prêt et les sports à risque
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Sports dangereux : un risque peu apprécié des assureurs
La souscription d’une assurance emprunteur peut se révéler délicate pour les amateurs de sports à risque. Conçu pour sécuriser à la fois l’emprunteur et la banque en cas de défaut de remboursement, ce contrat suppose d’évaluer le niveau de risque de chaque assuré. La pratique de certains sports est perçue comme un facteur aggravant. Elle peut augmenter significativement la probabilité :
- D’un décès.
- D’une invalidité.
- D’un arrêt de travail prolongé…
En pratique, les compagnies d’assurance évaluent le risque associé à chaque activité sportive en se basant sur certains critères objectifs, comme le nombre d’accidents annuels, leur degré de gravité ou le taux de mortalité.
Des disciplines populaires, comme le football ou la natation, ne soulèvent donc généralement pas de problèmes lors de la souscription du contrat. D’autres, considérés comme plus risquées, peuvent rendre la situation plus délicate. Cela inclut, par exemple :
- Les sports de montagne : ski, snowboard, freeride…
- Les sports nautiques : surf, plongée sous-marine, canyoning…
- Les sports aériens : parapente, deltaplane, ULM, base jump, saut à l’élastique, parachutisme…
- Les sports de combat : boxe, lutte, MMA…
- L’équitation et le saut d’obstacles.
- Les sports automobiles.
- Certains hobbies, comme la chasse et la spéléologie.
Pratique de sports à risque : une obligation de transparence
Dans tous les cas, vous devez prévenir la compagnie d’assurance de vos activités sportives potentiellement dangereuses.
À défaut, vous courez le risque d’un refus de toute indemnisation pour fausse déclaration. En cas d’invalidité ou de décès résultant de la pratique non déclarée, le contrat peut être résilié. Vous ne bénéficierez alors d’aucune aide pour continuer à rembourser les mensualités.
L’information concernant votre pratique sportive est susceptible d’être communiquée à deux moments clés :
- Lors de l’adhésion, il est courant de remplir un questionnaire médical détaillé incluant les éventuelles pratiques sportives à risque.
- En cours de contrat, vous pouvez commencer à pratiquer un sport à risque. Vous devez alors également en informer votre assureur, car il s’agit d’un changement de situation entraînant une aggravation du risque.
Bon à savoir : Baptêmes de l’air et sportifs occasionnels
Les exclusions de garantie d’une assurance emprunteur concernent uniquement la pratique régulière d’un sport, par exemple en club ou en fédération. Vous n’avez pas l’obligation de prévenir votre assureur si vous vous offrez un saut en parachute ou à l’élastique avec un professionnel !
Sports à risque : quelles conséquences pour votre contrat ?
La pratique de sports jugés à risque peut avoir plusieurs effets majeurs sur votre contrat d’assurance emprunteur :
Les sports considérés comme les plus dangereux font souvent l’objet d’une exclusion de garantie. En clair, la compagnie d’assurance peut refuser de vous couvrir si vous pratiquez l’une des disciplines mentionnées dans la clause d’exclusion. Il faut cependant distinguer deux situations :
- L’exclusion est rachetable. Dans ce cas, l’assureur peut accepter de couvrir finalement ce risque supplémentaire, contre le paiement d’une surprime.
- L’exclusion n’est pas rachetable. L’assureur n’est pas prêt à couvrir le risque de votre pratique sportive, même si vous payez davantage. Le contrat proposé ne peut alors pas vous convenir : vous devrez rechercher une autre offre.
En complément de la surprime, l’assureur peut vous imposer une franchise importante pour les sports à risque. Votre reste à charge sera plus important en cas d’indemnisation. Le délai de carence avant prise en charge par l’assureur, notamment en cas d’arrêt de travail, peut aussi être beaucoup plus long (jusqu’à 6 ou 12 mois par exemple).
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Refus d’assurance emprunteur pour sport à risque : quelles solutions ?
Face à un refus d’assurance pour pratique sportive à risque, un candidat à l’emprunt se retrouve souvent dans une impasse. Plusieurs alternatives peuvent cependant être envisagées :
- Comme indiqué plus haut, l’assureur peut tout d’abord être ouvert à la possibilité de racheter l’exclusion de garantie. Dans ce cas, vous pourrez, malgré tout, obtenir une assurance à un tarif plus élevé.
- La souscription complémentaire d’une garantie accidents de la vie (GAV), couvrant votre pratique sportive, peut débloquer la situation. Cette précaution va rassurer la compagnie d’assurance et peut la convaincre de couvrir votre prêt.
- La plupart des contrats d’assurance de prêt immobilier excluent la pratique d’un sport à titre professionnel. Dans ce cas, l’emprunteur concerné peut se tourner vers un contrat spécifique dédié aux sportifs professionnels.
- Certaines compagnies proposent des assurances emprunteur sans aucune exclusion de garantie. Cette option est donc à privilégier si vous pratiquez des sports dangereux, même si cela entraîne, bien sûr, des conditions tarifaires moins avantageuses.
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Sources de l’article : Refus d’assurance emprunteur pour sport à risque : quelles solutions ?
Questions fréquentes sur l’assurance de prêt et les sports à risque
Oui. Lors de la souscription d’une assurance emprunteur pour un prêt immobilier, vous devez répondre avec précision au questionnaire posé par les assureurs, notamment sur les activités sportives. Le Code des assurances prévoit que toute omission ou déclaration inexacte peut entraîner la nullité du contrat en cas de mauvaise foi, ou une réduction d’indemnisation si l’erreur est constatée lors d’un sinistre.
Si vous pratiquez un sport à risque, comme l’escalade, l’alpinisme ou la plongée, cette information permet d’évaluer le risque accru lié à la pratique de votre sport. Déclarer le sport que vous pratiquez vous protège : en cas d’accidents lors de la pratique, les garanties de votre contrat pourront s’appliquer dans les conditions prévues. À l’inverse, ne rien déclarer peut fragiliser la prise en charge de votre prêt immobilier et, par conséquent, la protection de votre bien immobilier.
Il n’existe pas de liste légale des sports à risque et assurance. Chaque assureur définit ses propres critères selon la nature des activités sportives et la fréquence des accidents observés. Les assureurs peuvent considérer comme sport extrême ou activité à risque les sports aériens, les sports mécaniques, la plongée en profondeur, l’alpinisme ou certains cas de sports pratiqués en compétition.
L’impact sur l’assurance dépend de votre profil. Un demandeur pratiquant un sport jugé dangereux occasionnellement, sous la responsabilité d’un club et avec encadrement, ne sera pas analysé comme un adepte des sports pratiqués en compétition régulière. Selon les cas, les assureurs peuvent proposer :
- une acceptation sans surprime ;
- une surprime plus ou moins élevée selon le risque ;
- une exclusion ciblée concernant certaines garanties.
Le coût de votre assurance et les différentes prestations varient donc selon la pratique de votre sport. Il est important de vérifier précisément l’impact sur l’assurance avant de souscrire un prêt immobilier.
Depuis la loi Lemoine, vous pouvez résilier votre assurance emprunteur à tout moment et opter pour une nouvelle assurance de prêt, à condition de respecter l’équivalence de garanties exigée par la banque. Cette possibilité facilite la recherche d’une offre plus avantageuse, notamment si le risque lié aux activités sportives entraîne une surprime.
Pour savoir comment bien s’assurer, comparez plusieurs éléments : l’étendue des garanties de votre contrat (décès, perte totale et irréversible d’autonomie, incapacité), les exclusions prévues lors de la pratique du sport et le niveau de surprime. Une offre au tarif attractif peut prévoir plus de la surprime en contrepartie d’exclusions importantes.
Comparer les conditions générales et demander des simulations personnalisées permet d’identifier la bonne assurance pour votre profil. Si le risque est correctement déclaré, vous pouvez parfois pratiquer votre sport sans surprime, selon les critères retenus par l’assureur.
En cas d’accidents ou si vous êtes victime d’un accident grave lors de la pratique d’un sport déclaré, l’assureur vérifie les éléments communiqués à la souscription. Si le sport que vous pratiquez a été déclaré et accepté, les garanties s’appliquent selon les conditions prévues au contrat.
En revanche, si le risque n’a pas été signalé et qu’il est considéré comme déterminant par l’assureur, l’indemnisation peut être réduite proportionnellement au risque non déclaré, voire annulée en cas de mauvaise foi. L’impact sur l’assurance peut alors être significatif pour le remboursement du prêt immobilier.
Déclarer la pratique de votre sport, même s’il s’agit d’un sport jugé dangereux, reste la meilleure façon de sécuriser votre projet et de protéger durablement votre bien immobilier.
Oui. Si vous devenez adepte des sports présentant un risque accru ou si vous commencez un sport extrême après avoir souscrit un prêt immobilier, vous devez en informer votre assureur. Les assureurs peuvent alors proposer de modifier votre contrat, avec une adaptation des garanties ou du coût de votre assurance.
Si les nouvelles conditions ne vous conviennent pas, la résiliation à tout moment vous permet de rechercher une nouvelle assurance de prêt plus adaptée, sous réserve de respecter l’équivalence de garanties. Anticiper et déclarer tout changement dans les activités sportives évite les mauvaises surprises et vous permet de continuer à pratiquer votre sport en toute sérénité.