Les choses à faire (et à ne pas faire) en cas de forte pollution de l’air
La qualité de l’air en France s’améliore depuis les 20 dernières années, la pollution atmosphérique continue de poser problème dans les grandes villes. En 2015, la Commission d’enquête du Sénat a estimé le coût financier de l’exposition aux polluants entre 70 et 100 milliards d’euros par an. Ces frais recouvrent les frais médicaux, les hospitalisations pour pathologies respiratoires ou cardiaques, ou encore les journées de travail perdues. Qu’est-il recommandé de faire en cas de pollution ?
Modifié le 25 février 2026
Sommaire de l'article :
Qu’est-ce qui provoque une forte pollution de l’air ?
Un pic de pollution correspond à une quantité anormale de polluants dans l’air, qui peuvent représenter un risque pour la santé ou l’environnement. Ces épisodes se produisent dans des situations météorologiques particulières :
- Comme il n’y a pas de vent, les polluants s’accumulent et se transforment par réactions chimiques.
- En hiver et au début du printemps, l’air froid piège les polluants (particules fines, ammoniac issu des engrais agricoles, oxydes d’azote) au ras du sol.
- En été, les rayons UV du soleil dégradent les molécules de dioxygène pour former de l’ozone.
Les polluants sont classés en deux familles en fonction de leur origine. Les polluants primaires (monoxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, etc.) ne subissent aucune transformation physico-chimique, contrairement aux polluants secondaires (ozone, particules, etc.). En France, les quatre polluants les plus réglementés sont les particules grossières (PM10), l’ozone (O3), le dioxyde d’azote (NO2) et le dioxyde de soufre (SO2).
La pollution atmosphérique a des conséquences nuisibles sur la santé humaine. Santé Publique France suppose que les particules fines (PM2,5) auraient causé 40 000 décès entre 2016 et 2019. Les symptômes immédiats d’une inhalation de polluants sont des irritations oculaires, des crises d’asthme ou une aggravation de troubles cardio-vasculaires. L’exposition continue aux polluants favoriserait le développement de maladies chroniques, comme des cancers, des troubles neurologiques, des pathologies respiratoires et cardio-vasculaires, etc.
L’épisode de pollution se classe en deux niveaux en fonction de la concentration de polluants dans l’air, de la surface du territoire et du nombre d’habitants exposés. Le niveau d’information sert à protéger le public sensible, comme les personnes asthmatiques, âgées, souffrant de pathologies chroniques, les femmes enceintes et les enfants. Le niveau d’alerte entraîne des mesures de réduction des émissions.
Quelles sont les recommandations à faire en cas de pic de pollution ?
Pour préserver votre santé et celle de vos proches vulnérables, nous vous recommandons de suivre ces trois conseils pour vous protéger des pics de pollution.
Adapter votre mode de déplacement dans la ville
Pour limiter l’émission de particules fines, il vaut mieux utiliser les transports en commun ou son vélo à l’écart des itinéraires les plus fréquentés. Si la voiture vous est nécessaire, démarrez doucement et limitez votre vitesse pour réduire votre consommation en carburant. Évitez si possible les axes les plus fréquentés. En cas d’arrêt prolongé, pensez à couper le moteur.
Aérer votre logement durant des tranches horaires précises
Même si l’atmosphère extérieure est viciée, il n’est pas bon de confiner son logement toute la journée. Les polluants peuvent émaner de l’intérieur (tabac, monoxyde de carbone, solvants, allergènes, etc.) ou s’infiltrer par les bouches d’aération. Par conséquent, nous vous recommandons d’aérer votre logement deux fois par jour, entre 10 et 15 minutes. Comme l’atmosphère est moins chargée en particules lorsqu’il fait frais, ouvrez les fenêtres en fin de matinée en hiver ou durant la nuit en été.
Modifier votre alimentation en consommant des aliments antioxydants
Les particules fines des polluants engendrent un stress oxydant aux cellules humaines. Ce stress conduit au développement d’une réaction inflammatoire, à l’affaiblissement du système immunitaire et au déclenchement des pathologies, comme les cancers ou les maladies cardio-vasculaires. Pour se prémunir de ces maladies, n’hésitez pas à consommer des aliments antioxydants et riches en vitamine C.
Quelles sont les principales actions à éviter durant un épisode de pollution ?
Suivez rigoureusement ces gestes pour éviter d’aggraver la concentration de polluants dans l’atmosphère et de mettre votre santé (et celle des autres) en danger :
- Ne pratiquez pas de sport de haute intensité qui va vous essouffler et vous épuiser. Prenez soin de vous dépenser hors de la ville ou à des heures fraîches de la journée.
- N’utilisez pas de produits ou d’installations contribuant à l’émission des particules. Cela concerne le chauffage au bois ou des produits à base de solvants (peinture, essence, pesticides, etc.).
- Même si la chaleur est étouffante dans votre voiture, n’abusez pas de la climatisation et n’aérez pas votre habitacle dans des zones fortement polluées.
- N’encombrez pas les rues devant les écoles, même s’il s’agit d’un arrêt bref pour y déposer votre enfant. Accompagnez-le à vélo ou en transport en commun.
Bon à savoir : Est-il bon de porter un masque pour se protéger de la pollution ?
Les masques chirurgicaux n’ont aucune utilité pour se protéger des particules fines. Ces dernières sont plus petites que les bactéries ou les virus et peuvent passer à travers les filtres. Seuls les masques anti-poussière (de FFP1 à FFP3) sont recommandés pour les cyclistes ou les professionnels du BTP.
En cas d’épisode de pollution, faites en sorte d’adapter votre déplacement pour ne pas vous essouffler. Ne contribuez pas à rejeter encore plus de polluants dans l’atmosphère, au risque d’allonger l’épisode. Profitez des moments de fraîcheur pour purifier l’air de votre logement et vous ressourcer.
Sources de l’article : Les choses à faire (et à ne pas faire) en cas de forte pollution
Questions fréquentes – Les choses à faire (et à ne pas faire) en cas de forte pollution de l’air
En cas de pollution de l’air, il est essentiel de consulter les bulletins de surveillance de la qualité de l’air. Ces alertes permettent de connaître la qualité de l’air extérieur et d’adapter son comportement. Il est recommandé de limiter les activités physiques en plein air, comme le jogging ou les déplacements vers des endroits où la pollution est souvent plus élevée, notamment à proximité des grands axes routiers. Fermez les fenêtres pendant les pics de pollution et aérez votre logement aux heures les moins polluées.
L’air intérieur peut contenir une quantité importante de polluants de l’air issus de diverses sources : chauffage, produits ménagers, matériaux de construction. Ils peuvent également venir de l’extérieur, notamment par les bouches d’aération. Pour protéger votre santé, il est recommandé d’aérer les pièces au moins 10 minutes par jour, même en hiver.
Les effets néfastes de la pollution sur la santé sont bien documentés. L’exposition prolongée aux polluants atmosphériques, notamment les particules fines et le dioxyde d’azote, peut aggraver ou provoquer des maladies respiratoires (asthme, bronchite chronique), cardiovasculaires (AVC, infarctus), chroniques (certains cancers) ainsi que des troubles neurologiques. Certaines études montrent également un lien entre pollution de l’air et des troubles cognitifs. Prévenir les effets de la pollution passe par une réduction de l’exposition, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Pour réduire la pollution de l’air et limiter son exposition, plusieurs gestes simples peuvent être adoptés. Evitez les activités extérieures intenses lors des pics de pollution. Privilégiez les modes de transport doux (vélo, marche) dans des rues moins fréquentées, ou les transports en commun, qui émettent moins de particules que les véhicules individuels. A domicile, limitez les sources de pollution liées au chauffage ou aux produits chimiques.