Accès aux soins : les astuces pour se soigner à moindre coût
Selon une enquête Ifop, 37 % des Français renoncent aux soins malgré leurs besoins. Les causes de ces renoncements sont nombreuses : augmentation du coût de la vie, frais non couverts dans leur totalité, ou difficultés à prendre des rendez-vous. Pourtant, malgré ces contraintes, il existe des astuces pour se soigner à moindre coût.
Modifié le 05 février 2026
Se rendre dans des centres de santé ou des écoles de médecine
Les centres de santé sont des structures gérées par différents organismes publics ou privés, d’intérêt commun : collectivités territoriales, mutuelles, etc. Les professionnels du corps médical y sont salariés. Leurs consultations, conventionnées au secteur 1, sont accessibles à tout public, peu importe vos revenus.
Ces lieux de santé ont pour mission de dispenser des soins de premier recours. En plus des médecins généralistes et spécialistes, vous trouvez d’autres professionnels de santé, comme des kinésithérapeutes, des infirmiers, des dentistes, des psychologues, etc. Ces professionnels proposent des prestations prises en charge par la Sécurité Sociale (70 % du tarif) et votre mutuelle (30 %), sans dépassement d’honoraires. Vous réglez les soins en tiers payant.
Si vous habitez dans une ville universitaire, vous pouvez vous rendre dans des facultés de médecine en guise de solution alternative. Ces écoles vous proposent des soins à faible coût dans de nombreuses spécialités. Ils sont dispensés par des étudiants sous le contrôle de leurs enseignants.
Remarque : les étrangers en situation irrégulière ont le droit de bénéficier gratuitement de l’aide médicale de l’état sous certaines conditions.
Réaliser des dépistages et des bilans de santé dans des centres agréés
Des établissements agréés par la CPAM vous proposent de suivre régulièrement votre état de santé. L’Assurance Maladie prend totalement en charge certaines consultations. Pour celles nécessitant un reste à charge, votre complémentaire santé vous aide à les régler :
- Soins non couverts par le « 100% Santé » (optique, dentaire, audiologie, prothèses capillaires et fauteuils roulants).
- Franchise médicale sur les médicaments, actes paramédicaux ou transports sanitaires.
- Possibles dépassements d’honoraires.
- etc.
Les établissements agréés s’adressent particulièrement à des personnes sensibles, comme les seniors ou les personnes en situation de précarité.
Les dépistages : prévenir le développement de cancers ou d’infections sexuellement transmissibles
Les dépistages ont pour objectif de détecter certaines maladies graves à un stade précoce, comme les cancers ou les infections sexuellement transmissibles (IST). Les examens se déroulent dans des centres agréés.
Les tests de dépistage des cancers du sein et colorectal sont pris en charge par l’Assurance Maladie pour les personnes âgées de plus de 50 ans. Ils sont proposés tous les deux ans. Le dépistage de maladies sexuellement transmissibles bénéficie du même traitement pour les jeunes de moins de 26 ans.
Les bilans de santé : un rendez-vous bisannuel pour évaluer votre santé
Les examens de prévention de santé s’effectuent dans des centres d’examens de la Sécurité Sociale (CES) ou des centres agréés. Il suffit de prendre rendez-vous avec votre CPAM. Les personnes en situation de précarité (demandeurs d’emploi, RSA, etc.) sont prioritaires, car elles ne peuvent profiter d’un suivi médical régulier.
Les examens dépendent de l’âge, du sexe et des facteurs de risque du patient :
- Prélèvement sanguin.
- Analyses d’urine.
- Tests auditifs.
- Tests cardiorespiratoires.
Vous pouvez profiter de cette séance médicale gratuite pour vous informer sur différents thèmes sensibles (obésité, tabagisme, addiction, etc.) ou sur vos droits en santé.
Bon à savoir : Pourquoi respecter son parcours de soins coordonnés ?
Le parcours de soins coordonnés consiste à consulter votre médecin généraliste traitant avant de vous orienter vers des spécialistes. Sans cela, les consultations chez les spécialistes seront soumises à des majorations financières. Quelques professionnels de santé sont exemptés d’une consultation préalable chez le médecin traitant :
- Chirurgiens-dentistes.
- Sages-femmes.
- Gynécologues.
- Ophtalmologues.
- Psychiatres.
- Stomatologues.
Les astuces pour se soigner à moindre coût lorsque vous êtes jeune
Les jeunes démarrent dans la vie active en faisant des études ou en occupant des emplois précaires. Dans ces conditions, il n’est pas facile de garder un suivi médical régulier. Pourtant, certains établissements les aident à surmonter leurs maux physiques ou psychologiques. En particulier autour de leur vie de famille et de leur sexualité.
Les centres médicaux sociaux, pour bénéficier de soins et d’accompagnement social
Les centres médico-sociaux accueillent toutes les personnes en difficulté à l’échelle d’un département. Les jeunes âgés de 16 à 25 ans font partie du public cible au même titre que les personnes âgées ou handicapées. Ce service est surtout utile pour les étudiants, les jeunes en situation de précarité ou de conflit familial.
Dans ces établissements, souvent installés dans des quartiers prioritaires, ils bénéficient de consultations sans avance de frais, avec de nombreux professionnels. Ces derniers (médecins, infirmiers, psychologues, éducateur spécialisé, etc.) leur fournissent des conseils et des informations pour les accompagner dans leurs difficultés.
Le planning familial, pour traiter des problématiques en lien avec la sexualité
Les mineurs et les non-assurés sociaux ont un accès sans condition aux consultations médicales, examens de santé, traitements IST et contraceptifs. Tous les jeunes de moins de 26 ans ont le droit de se procurer une boîte de préservatifs intégralement remboursée et sans ordonnance.
Les jeunes femmes bénéficient de la pilule contraceptive 100% prise en charge par l’Assurance Maladie. Cela concerne les médicaments de 1ère ou de 2e génération (sur présentation d’une ordonnance). D’autres moyens de contraception sont également disponibles, comme le stérilet ou l’anneau vaginal. Des médecins généralistes et des sages-femmes sont à leur disposition pour des séances de gynécologie. Si la jeune femme tombe enceinte, ces professionnels prescrivent des tests de grossesse ou un suivi pour une IVG (Interruption volontaire de grossesse).
De nombreux établissements proposent des soins à moindre coût, à l’instar des centres de santé, des écoles de médecine, des centres médico-sociaux ou du Planning Familial. Les dépistages et les bilans sont intégralement pris en charge. L’impression de gratuité pour tous ces soins est rendue possible grâce aux moyens avancés par la Sécurité Sociale ou les complémentaires santé. Pour bénéficier d’une prise en charge optimale, profitez de nos complémentaires santé pour particuliers et seniors.
Sources de l’article : Accès aux soins : les astuces pour se soigner à moindre coût
- https://www.ifop.com/publication/limpact-du-reste-a-charge-sur-le-renoncement-aux-soins-medicaux/
- https://www.docteur-house.fr/centre-de-sante-definition/#:~:text=Qu’est%2Dce%20qu’,salari%C3%A9s%20par%20l’organisme%20gestionnaire
- https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_egos.pdf
- https://www.aide-sociale.fr/soins-medicaux-gratuits/
- https://www.assurance-maladie.ameli.fr/qui-sommes-nous/partenaires-solidarite/s-informer-sur-les-prestations-de-l-assurance-maladie/frais-de-sante-ce-qui-est-rembourse-et-ce-qui-est-pris-en-charge
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F170
Questions fréquentes sur l’accès aux soins pour tous
L’accès aux soins correspond à la capacité, pour l’ensemble des patients, de recevoir des soins de santé appropriés, dans les conditions prévues par le Code de la santé publique, sans discrimination, quelles que soient leur situation géographique, financière ou sociale. Il est un pilier fondamental de la santé de la population, car il permet de répondre aux besoins de santé dès leur apparition, d’éviter les retards de soins et de limiter les complications, notamment chez les personnes les plus fragiles.
Un accès équitable et continu aux soins de proximité, à la médecine générale comme aux spécialités médicales, améliore la qualité de vie et contribue à l’efficacité du système de santé, en réduisant les recours évitables à l’hospitalier et en favorisant la prévention.
La géographie des territoires, notamment les territoires ruraux ou périurbains, joue un rôle déterminant dans l’accessibilité des soins. Ces zones souffrent d’une moindre présence de professionnels de santé dans les établissements de santé ou en libéral, ce qui engendre des difficultés d’accès aux soins, voire un renoncement aux soins.
Pour garantir un accès aux soins équitable, il est indispensable d’adapter l’organisation territoriale de l’offre : développement de maisons de santé pluridisciplinaires, recours à la téléconsultation, déploiement de consultations avancées, mobilité accrue des praticiens et meilleure coordination ville-hôpital. Ces actions menées doivent permettre d’accueillir les patients au plus près de leur lieu de vie, selon les modalités de prise en charge adaptées.
Plusieurs défis structurels et organisationnels freinent encore une réponse adaptée aux besoins de santé :
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Une démographie médicale déséquilibrée, avec une concentration de médecins spécialistes et généralistes en zones urbaines ;
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Une prise en charge insuffisante des plus fragiles, confrontés à des obstacles économiques (reste à charge, absence de CMU), linguistiques ou sociaux ;
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Un manque de coordination entre les professionnels de santé, nuisant à la continuité des soins ;
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Une offre de soins qui ne suit pas toujours les évolutions démographiques ni les besoins croissants en soins dentaires, psychologiques ou de long terme.
Ces enjeux appellent à des politiques volontaristes, portées par les agences régionales de santé et la Haute Autorité de santé, ainsi qu’à un renforcement de l’attractivité des professions de santé dans les zones en tension.
Les acteurs de santé disposent de plusieurs leviers pour améliorer l’accès à une prise en charge équitable :
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S’installer dans les zones sous-dotées, en s’appuyant sur les dispositifs incitatifs prévus par le Code de la sécurité sociale ;
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Rejoindre ou créer des structures coordonnées comme les MSP (maisons de santé pluridisciplinaires) ou les CPTS (communautés professionnelles territoriales de santé) ;
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Déployer des pratiques innovantes, telles que la téléconsultation ou l’intervention directe dans les territoires via des consultations avancées ;
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Renforcer la prévention et l’éducation à la santé, notamment pour limiter les soins évitables ;
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Encourager une coopération efficace entre les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers…), condition essentielle à une bonne organisation des parcours de soins.
Ces engagements sont essentiels pour garantir un accès aux soins pour tous, quel que soit le territoire, et améliorer durablement la santé de la population.