Convention collective et prévoyance obligatoire

La prévoyance collective constitue un dispositif essentiel pour protéger vos salariés contre les aléas de la vie professionnelle et personnelle. Destinée à compléter les insuffisances du régime de base de la Sécurité sociale, elle permet de maintenir le niveau de vie de vos employés en cas d’arrêt de travail, d’invalidité, ou de décès.

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Modifié le 05 janvier 2026

Convention collective et prévoyance obligatoire

Quel est le rôle de la prévoyance entreprise obligatoire ?

La prévoyance collective, dans le cadre d’une entreprise, est un dispositif permettant de protéger les salariés face à certains risques. Elle a deux grands objectifs :

  • Maintenir le niveau de vie de vos salariés en cas d’arrêt de travail : si jamais un de vos employés est victime d’un souci de santé ou d’un accident, le contrat de prévoyance prévoit le versement d’indemnités journalières. Celles-ci viennent compenser partiellement la perte de revenu durant la période d’incapacité.
  • Protéger les proches du salarié en cas de décès : en cas de décès d’un employé, ses proches bénéficient d’une aide financière qui peut prendre la forme d’un capital décès ou de rentes (rente de conjoint, rente éducation pour les enfants), pour surmonter cette épreuve sans être confrontés en plus à une détresse financière.

Quels sont les risques couverts par la prévoyance entreprise obligatoire ?

La convention collective de la prévoyance obligatoire peut couvrir 3 principaux risques :

  • L’incapacité temporaire de travail : Lorsqu’un salarié est dans l’incapacité d’exercer son travail temporairement, à cause d’un problème de santé ou bien d’un accident, la prévoyance verse des indemnités journalières. Ces dernières ont pour objectif de compenser la perte de revenu pendant cette période, et de participer au maintien du niveau de vie du salarié et de sa famille jusqu’à sa reprise du travail.
  • L’invalidité : Si l’incapacité se transforme hélas en invalidité, la prévoyance prend le relais sur le long terme, en versant cette fois une rente d’invalidité. Elle est calculée selon le degré d’incapacité du salarié, comme sur la base de son salaire antérieur. Ce mécanisme lui assure une stabilité financière jusqu’à sa retraite.
  • Le décès : Enfin, en cas de décès du salarié, la prévoyance offre une protection à ses proches en versant un capital décès, une rente pour le conjoint survivant, ou une rente éducation pour les enfants. Cela permet de faire face aux frais immédiats liés aux obsèques et d’assurer une certaine pérennité financière.

Ces protections peuvent être complétées par des modules optionnels afin d’offrir des niveaux de garantie à la carte à vos employés, ou des garanties innovantes comme des indemnités journalières en cas de congé maternité/paternité, ou une rente pour chaque personne à charge, etc. C’est le cas de notre solution prévoyance collective, et des solutions sur mesure d’Alptis pour les entreprises de plus de 100 salariés.

Quelles sont les obligations des employeurs en prévoyance ?

La prévoyance de l’entreprise, qui vient compléter celle proposée par l’Assurance maladie, est obligatoire pour les cadres, et souvent aussi pour les salariés non cadre, en fonction du secteur d’activité, en raison des conventions collectives ou des accords de branche.

La prévoyance des cadres : une obligation bien définie

L’une des obligations les plus connues en matière de prévoyance concerne les cadres. En vertu de la Convention collective nationale des cadres de 1947, qui a été plus récemment reprise par l’Accord national interprofessionnel (Ani) de 2017, les employeurs doivent assurer leurs cadres ou assimilés, via une cotisation égale à 1,50 % de la tranche de rémunération inférieure au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Cette cotisation doit être affectée prioritairement au risque « décès ». Ne pas respecter cette obligation entraîne des sanctions financières sévères. En effet, si un cadre décède et qu’aucune prévoyance n’a été mise en place par la société, l’employeur doit alors verser une indemnité d’au moins trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (139 104 € en 2024) à la famille du défunt.
La convention collective dont dépend l’entreprise peut également imposer des minima de couverture supplémentaires, soit en termes de cotisation, soit en termes de prestations. Ce sont ces minima que l’entreprise doit mettre en place. Ne pas respecter les obligations conventionnelles entraîne un risque financier. Le salarié, ou ses bénéficiaires, pourraient se retourner contre l’entreprise et exiger le versement d’une indemnité correspondant au minimum prévu dans la convention collective.

Les conventions collectives et la prévoyance pour les non-cadres

Les obligations en matière de prévoyance complémentaire ne concernent pas uniquement les cadres. Les conventions collectives et les accords de branche imposent aux employeurs, dans de très nombreux secteurs d’activité, la mise en place d’une prévoyance entreprise obligatoire pour leurs salariés non cadres. C’est le cas pour environ 80 % des salariés du secteur privé, couverts ainsi par un accord de branche en prévoyance. Les niveaux de prestation varient cependant beaucoup d’une convention à l’autre. Certaines imposent une couverture complète incluant l’incapacité, l’invalidité et l’absence durable, tandis que d’autres peuvent se limiter à un seul ou à deux de ces risques.

La prévoyance facultative : un atout pour l’employeur

Dans les cas où la convention collective n’impose aucune prévoyance pour les non-cadres, l’employeur reste libre de souscrire un contrat de prévoyance collective, considéré comme un avantage pour une entreprise désireuse d’attirer de nouveaux talents, ou voulant mieux fidéliser ses équipes. Offrir une couverture prévoyance à l’ensemble de vos employés, y compris en l’absence d’obligation, témoigne d’une attention particulière portée à leur bien-être, ce qui peut être un levier de motivation et de satisfaction.