Travailleuses indépendantes : quel congé maternité ?
678 000 naissances ont été enregistrées en France en 2023, soit une diminution de 16 % environ en dix ans. L’alignement des conditions du congé maternité entre salariées et travailleuses indépendantes vous permet d’envisager une grossesse plus sereinement – même avec une entreprise à gérer. Comment en bénéficier ?
Modifié le 28 août 2025
Sommaire de l'article :
- Quelle durée de congé maternité pour une travailleuse non salariée ?
- Quel revenu de remplacement pendant votre maternité ?
- Une indemnité possible pour votre remplacement
- Jeunes mères : pourquoi souscrire une bonne complémentaire TNS ?
- Questions fréquentes sur le congé maternité des travailleuses non salariées
Quelle durée de congé maternité pour une travailleuse non salariée ?
Le congé maternité se divise en deux parties distinctes :
- Le congé prénatal avant l’accouchement.
- Le congé postnatal après la naissance.
La durée de ces périodes varie en fonction de certains critères, comme le nombre d’enfants attendus et le nombre d’enfants déjà présents dans la famille. Elle est, dans tous les cas, identique pour une travailleuse indépendante et une salariée :
Durée du congé maternité TNS
| Type de maternité | Congé prénatal | Congé postnatal | Durée totale |
|---|---|---|---|
| Premier enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| Deuxième enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| Troisième enfant (ou plus) | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés (ou plus) | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
Vous avez la possibilité de choisir un congé maternité plus court si votre activité l’exige. Pour bénéficier des indemnités journalières, toutefois, vous devrez vous arrêter totalement pendant huit semaines au moins, dont six après l’accouchement.
Verbatim :
« Faire des enfants était un projet de vie, mais je ne savais pas comment j’allais m’organiser. En fait, j’ai commencé à penser au congé maternité un an avant la naissance, au moment où une de mes collègues a accouché. J’ai alors pris conscience qu’il fallait, en tant que travailleur indépendant, mettre en place beaucoup de choses : songer très tôt à son remplacement par une personne de confiance, avoir des réserves financières, anticiper le retour au travail… »
Laurie Q. – Travailleuse indépendante.
Quel revenu de remplacement pendant votre maternité ?
En tant qu’indépendante, vous bénéficierez de deux principales formes de prestations compensatoires pendant la durée de votre congé maternité.
L’allocation forfaitaire de repos maternel a pour montant total la valeur mensuelle du plafond de la Sécurité sociale en vigueur à la date du premier versement, soit par exemple 3 864 € au pour l’année 2024. Elle est versée en deux parties :
- 50 % au début du congé.
- 50 % à la fin de la période obligatoire de cessation d’activité de huit semaines.
Si l’accouchement survient avant la fin du septième mois de grossesse, la totalité de l’allocation est versée après l’accouchement.
Les indemnités journalières forfaitaires constituent le second volet de votre protection sociale en tant que jeune mère. Elles sont versées pour chaque jour de cessation de votre activité professionnelle pendant votre congé maternité. Leur montant est similaire à celui des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. Il ne peut être supérieur à 1/730e de la valeur annuelle du plafond de la Sécurité sociale, soit par exemple 63,52 € au 1er janvier 2024.
Vos indemnités journalières peuvent être moins importantes. Le montant dépend de vos revenus cotisés. Il ne peut dépasser l’équivalent de la moitié d’une journée de travail, et ne compense donc pas entièrement votre interruption d’activité.
Verbatim :
« La Sécurité sociale des indépendants verse des allocations forfaitaires de maternité, mais elles ne suffisent pas à couvrir l’intégralité des dépenses mensuelles. Anticiper est primordial, notamment d’un point de vue financier. Il faut aussi veiller à ce que son compte bancaire soit suffisamment provisionné, afin d’être capable de payer ses charges au début du congé maternité. »
Laurie Q. – Indépendante.
Une indemnité possible pour votre remplacement
En plus des prestations déjà mentionnées, une indemnité de remplacement peut vous être versée pour chaque jour de cessation d’activité professionnelle pendant lesquels vous êtes effectivement remplacée. Elle a pour objectif de compenser le coût lié au recrutement d’un intérimaire pour faire tourner votre entreprise. Cette indemnité est soumise à deux conditions :
- Cesser complètement l’activité professionnelle pendant votre maternité.
- Vous faire remplacer par un salarié pendant toute la durée du congé.
Le montant de cette indemnité de remplacement est déterminé en fonction du coût réel du remplacement. Son montant journalier ne peut dépasser un plafond fixé à 1/56e de deux SMIC mensuels, soit par exemple 63,10 € à la date du 1er janvier 2024.
Verbatim :
« Une bonne complémentaire santé est indispensable. Je pense notamment aux visites avant et après l’accouchement (gynécologue, pédiatre…). Si elles ne sont pas correctement remboursées, on est vite confronté à d’importantes dépenses. Là aussi, il vaut mieux anticiper pour éviter les mauvaises surprises. Et au-delà de l’aspect financier, il faut être très rigoureux dans l’organisation du travail. Un impératif pour que les choses se passent bien en notre absence mais aussi pour faciliter la reprise après le congé maternité. »
Laurie Q. – Auto-entrepreneuse.
Jeunes mères : pourquoi souscrire une bonne complémentaire TNS ?
La Sécurité sociale prend en charge à 100 % une grande partie de vos frais de santé liés à la grossesse, comme les consultations prénatales obligatoires ou encore les échographies à partir du sixième mois. Certains postes de dépenses peuvent cependant rester à votre charge, comme :
- Les frais de séjour à partir du douzième jour d’hospitalisation.
- Les frais de confort à la maternité, comme une chambre individuelle ou pour l’accompagnant, la télévision…
- Les dépassements d’honoraires si vous choisissez une clinique privée non conventionnée.
Pour une parfaite tranquillité d’esprit pendant votre grossesse, n’hésitez pas à souscrire à une complémentaire santé adaptée.
Alptis propose une solution spécifiquement conçue pour les travailleurs non salariés, incluant une couverture étendue des frais de maternité. Ne vous contentez pas de l’essentiel pour vivre votre grossesse dans les meilleures conditions ! Alptis se tient aux côtés des jeunes parents dans les contrats complémentaires collectifs.
Sources de l’article : Travailleuses indépendantes : quel congé maternité ?
- https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381380
- https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/famille/maternite-paternite-adoption/duree-du-conge-maternite/conge-maternite-independante
- https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres-maladie-maternite-paternite/prestations-maternite-independantes-conjointes-collaboratric
- https://www.alptis.org/complementaire-sante/guide/rubrique/assurance-maladie/assurance-maternite-alptis-toujours-aux-cotes-des-jeunes-parents/
Questions fréquentes sur le congé maternité des travailleuses non salariées
Le congé maternité permet de suspendre temporairement son activité tout en bénéficiant d’une protection sociale. Pour les travailleuses indépendantes, la durée légale du congé est d’au moins 8 semaines, dont 2 semaines avant la naissance et 6 semaines après. Ce congé peut être prolongé jusqu’à 16 semaines, voire davantage en cas de grossesse multiple ou de complications médicales.
Durant cette période, toute activité professionnelle est interdite pour pouvoir percevoir les prestations maternité. Cela inclut également le télétravail ou la gestion partielle de l’activité.
Les indemnités journalières maternité sont calculées à partir du revenu annuel moyen des 3 dernières années civiles, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS).
En 2025, le montant maximal est d’environ 63,52 € brut par jour, si votre revenu mensuel moyen est au moins égal à 4 113,60 €. En dessous de ce seuil, ou en l’absence de revenu déclaré, vous pouvez bénéficier d’un montant réduit d’environ 6,39 € brut par jour, sauf en cas d’affiliation à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) ou d’affiliation volontaire.
Vous avez droit à deux types d’aides financières :
- Une allocation forfaitaire de repos maternel, versée en deux temps : la moitié au début du congé et le reste après l’accouchement.
- Des indemnités journalières, versées chaque mois pendant l’arrêt de travail, à condition de cesser totalement toute activité.
Pour en bénéficier, vous devez être affiliée depuis au moins 10 mois à la Sécurité sociale à la date présumée de l’accouchement et être à jour de vos cotisations sociales.
Vous devez :
- Déclarer votre grossesse dans les 14 premières semaines à votre caisse d’assurance maladie (CPAM ou caisse des indépendants).
- Fournir un certificat médical de grossesse.
- Effectuer la demande de congé maternité au moins un mois avant son début.
Les indemnités sont versées mensuellement, à partir de la date officielle de début du congé. Cette allocation s’accompagne d’un suivi de votre situation professionnelle : toute activité pendant le congé peut entraîner la suspension des droits.
Non. Pour être indemnisée, une interruption totale de l’activité est exigée. Cela inclut :
- L’absence de gestion de l’entreprise (même partielle).
- L’arrêt de toute tâche administrative, commerciale ou opérationnelle.
La règle s’applique même si votre entreprise continue à générer des revenus grâce à un collaborateur ou un système automatisé. Il est donc important de prévoir un arrêt complet ou un remplacement temporaire avant le début du congé.