Frontaliers suisses : quels remboursements santé avec la LAMAL ?
Vous êtes travailleur frontalier suisse ? Vous bénéficiez d’un droit d’option. Avant de choisir votre couverture santé, Alptis vous dévoile les prises en charge prévues par la LAMal pour déterminer si ce choix est judicieux selon votre profil.
Modifié le 25 février 2026
Assurance & Complémentaire santé frontalier suisse
Définition du principe de la LAMal
L’Assurance Maladie suisse fonctionne différemment de la Sécurité sociale française. En France, vous cotisez selon les revenus perçus. En Suisse, vous souscrivez une assurance santé dont le coût est fixé selon votre âge. Cette assurance est individuelle, chaque personne dispose de son propre contrat. Si vous avez des enfants, ils sont assurés à titre personnel.
Au-delà du principe de souscription, de paiement des cotisations, les remboursements sont, eux aussi, distincts.
Les dépenses de santé couvertes par la LAMal
Lorsque vous faites le choix de l’Assurance Maladie suisse, vous bénéficiez d’une prise en charge pour les dépenses de santé suivantes :
- Soins, traitements, examens sous forme ambulatoire.
- Analyses médicales, médicaments prescrits par un médecin.
- Séjour en division commune dans un hôpital.
- Mesures de prévention prescrites par un médecin.
- Partie des frais de cure, de transport, de sauvetage.
- Mesures de réadaptation prescrites par un médecin, non prises en charge par l’assurance invalidité (AI).
Des remboursements limités pour les soins dentaires
Concernant les soins dentaires, la LAMal n’assure pas de prise en charge. Elle intervient uniquement dans les cas suivants :
- Suite à un accident si des lésions du système de mastication sont constatées. La LAMal assure une prise en charge de vos frais dentaires si l’assurance accident n’est elle-même pas intervenue.
- Dans le cadre d’un traitement lié à une affection figurant sur une liste officielle.
- Dans le cadre d’une maladie grave affectant la mastication.
Aucun remboursement des lunettes par l’Assurance Maladie suisse
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2011, l’Assurance Maladie suisse ne rembourse plus les lunettes ni les lentilles de contact. Pour la responsable suppléante de l’unité de direction Assurance Maladie et accident, les lunettes ne traitent pas une maladie. Cela justifie l’absence de remboursement. Toutefois, une prise en charge reste envisageable en cas de maladie ou pour les enfants.
- Depuis le 1er juillet 2014, les enfants bénéficient, jusqu’à 18 ans, d’une prise en charge jusqu’à 180 francs suisses par an. Ils doivent présenter une ordonnance d’un ophtalmologue pour des lunettes ou lentilles de contact.
- Pour les adultes, une prise en charge des lunettes est possible jusqu’à 180 CHF par an. Un remboursement intervient uniquement si le patient souffre d’une pathologie, comme la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), la cataracte, le diabète, etc. Il est possible d’être pris en charge suite à une opération de l’œil (cataracte, glaucome, rétine).
Concernant les verres de contact, pour tous les âges, une prise en charge par la LAMal est possible jusqu’à 270 CHF par œil tous les 2 ans pour une amélioration de 2/10 par rapport aux lunettes dans des cas spécifiques. Et vous pouvez obtenir jusqu’à 630 CHF par œil en cas de lésion de la cornée, d’astigmatisme irrégulier, etc.
LAMal et grossesse : quel remboursement espérer ?
La couverture des femmes enceintes est, cette fois, très protectrice. La LAMal prend intégralement en charge les examens de contrôle, l’accouchement, les soins au nouveau-né, mais aussi le séjour à l’hôpital. De plus, l’Assurance Maladie suisse ne demande aucune participation aux soins médicaux entre la 13 ᵉ semaine de grossesse et la 8 ᵉ semaine après l’accouchement.
Complémentaire santé frontaliers suisses
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Participations et contributions financières avec la LAMal
En France, avec la Sécurité sociale, les patients sont tenus de payer une participation forfaitaire de 2 euros pour certaines consultations, analyses, actes, examens. Ils paient une franchise sur les boîtes de médicaments (1 euro), le transport sanitaire (4 euros), mais aussi les actes paramédicaux (1 euro).
Avec l’assurance santé suisse, les patients ont un reste à charge.
La franchise et la quote-part
Les assurés doivent payer une cotisation, mais aussi une quote-part annuelle.
- La franchise est de 300 CHF par an (les moins de 18 ans en sont dispensés).
- La quote-part est de 10 % des frais dépassant la franchise dans la limite de 700 CHF pour les adultes, 350 CHF pour les enfants. Ce montant ne peut excéder 1 000 CHF pour tous les enfants d’un même foyer lorsque tous les membres de la famille ont souscrit un contrat chez le même assureur.
Bon à savoir : La réduction de la prime d’assurance
Si la franchise ordinaire s’élève à 300 CHF, les assurés peuvent l’augmenter. En contrepartie, ils bénéficient d’une baisse du montant de leur cotisation d’assurance à la LAMal.
La contribution financière dans le cadre d’une hospitalisation
Au-delà de la participation payée par les patients, ces derniers s’acquittent d’une contribution de 15 CHF par jour en cas d’hospitalisation.
Cette contribution ne s’applique pas aux hospitalisations dans le cadre d’une grossesse, pour les moins de 18 ans ou pour les moins de 25 ans encore en formation.
Vous l’aurez compris, la prise en charge de la LAMal reste insuffisante dans la plupart des cas. C’est pourquoi Alptis vous propose une complémentaire santé dédiée aux travailleurs frontaliers suisses afin d’obtenir des remboursements plus élevés. Demandez un devis en ligne, c’est gratuit, sans engagement.
Sources de l’article : Frontaliers suisses : quels remboursements santé avec la LAMAL ?
- https://www.cleiss.fr/docs/regimes/regime_suisse_salaries.html
- https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2011/revue-medicale-suisse-277/fin-du-remboursement-des-lunettes-par-l-assurance-de-base
- https://centrevue.ch/wp-content/uploads/2020/06/LiMA-Droit-au-remboursement-des-lunettes-lentilles-2020.pdf
- https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/participation-forfaitaire-1-euro
- https://www.ameli.fr/assure/actualites/franchises-medicales-ce-qui-change-au-31-mars
Questions fréquentes sur les frontaliers suisses et les remboursements santé avec la LAMAL
Un frontalier suisse est une personne qui exerce un travail en Suisse tout en conservant sa résidence en France et qui retourne en principe à son domicile au moins une fois par semaine. Ce statut s’inscrit dans le cadre de la libre circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne.
En matière d’assurance maladie obligatoire, le frontalier doit être affilié soit au régime suisse (LAMal suisse), soit à l’assurance maladie obligatoire française. Il bénéficie d’une possibilité de choisir entre la LAMal ou la CMU (PUMA). Ce droit d’option doit être exercé dans un délai précis après le début de l’activité en Suisse, auprès des autorités compétentes du pays de résidence. Une fois le choix validé, il est en principe irrévocable, sauf changement de situation reconnu.
La LAMal frontalier suisse permet d’être couvert pour les soins reçus en Suisse et, grâce au document portable S1, de bénéficier de la prise en charge des soins reçus en France conformément à la législation française. Le frontalier assuré relève alors du régime suisse tout en ayant accès à la santé en France comme tout assuré du régime général.
Le remboursement des soins dépend du lieu où les soins sont effectués en Suisse ou en France.
En Suisse, l’assuré LAMal est soumis à une franchise annuelle choisie lors de l’adhésion. Tant que cette franchise n’est pas atteinte, la charge des soins reste à sa charge. Une fois dépassée, l’assurance prend en charge les soins, mais une quote-part de 10 % s’applique, dans la limite d’un plafond annuel fixé par le droit suisse. Ce mécanisme concerne notamment les consultations, les soins ambulatoires et les hospitalisations.
En France, après transmission du document portable S1 à la caisse primaire d’assurance maladie du lieu de résidence, le frontalier doit choisir un médecin traitant et s’inscrire dans le cadre du parcours de soins. Les soins reçus en France conformément à la législation française sont alors remboursés sur la base des tarifs de la Sécurité sociale. Le remboursement des soins reçus en France sera effectué par la caisse primaire, comme pour tout assuré relevant de l’assurance maladie française.
Pour les soins d’urgence lors d’un déplacement en Suisse ou dans un autre État de l’Union européenne, la carte européenne d’assurance maladie facilite la prise en charge des soins médicalement nécessaires.
La franchise LAMAL correspond au montant annuel que l’assuré LAMal doit régler avant toute prise en charge des soins effectués en Suisse. Le montant varie selon l’option choisie. Plus la franchise est élevée, plus la prime d’assurance peut être réduite, mais la charge des soins en début d’année sera plus importante.
Après atteinte de la franchise, la LAMal suisse intervient, mais l’assuré frontalier reste redevable d’une quote-part de 10 % sur les soins reçus, dans la limite d’un plafond légal annuel. Ce système est propre au régime suisse.
En France, le fonctionnement est différent. Il n’existe pas de franchise annuelle comparable. Les soins reçus en France sont pris en charge selon les règles de l’assurance maladie obligatoire française, avec application d’un ticket modérateur. Le reste à charge dépend alors du respect du parcours de soins et des garanties souscrites en complémentaire santé. Pour un frontalier assuré, comprendre ces différences est essentiel afin d’anticiper les soins coûteux ou les soins lourds, qu’ils soient effectués en Suisse ou en France.
Le choix entre la LAMAL ou la CMU repose sur plusieurs critères personnels. La cotisation LAMal est une prime fixe, indépendante du revenu fiscal de référence, alors que la cotisation à la PUMA est proportionnelle aux revenus du foyer fiscal.
Un travailleur en Suisse avec des revenus élevés peut trouver la LAMal plus lisible budgétairement. À l’inverse, si les soins reçus en France sont majoritaires et que l’ensemble de la famille dépend du système français, l’assurance maladie française peut sembler plus adaptée.
Il faut également tenir compte de la fréquence des soins en Suisse, notamment si vous consultez un médecin traitant en Suisse ou si votre activité implique des déplacements fréquents. Certains soins programmés effectués en Suisse peuvent nécessiter une autorisation préalable de votre CPAM lorsqu’ils sont réalisés hors du cadre habituel.
Avant d’exercer votre droit d’option, une simulation précise et personnalisée reste recommandée. Le frontalier doit formaliser son choix auprès des autorités compétentes, souvent avec une attestation ou une copie de contrat de travail obtenue auprès de son employeur.
Dès l’affiliation à la LAMal suisse, le frontalier doit transmettre le document portable S1 à la caisse primaire d’assurance maladie de son pays de résidence. Cette démarche ouvre les droits à la prise en charge des soins reçus en France conformément à la législation française.
En Suisse, les factures sont généralement adressées à l’assuré, qui les transmet ensuite à sa caisse d’assurance maladie. Le remboursement des soins intervient après traitement du dossier, selon les règles du régime suisse et dans la limite de la franchise et de la quote-part.
En France, une fois l’enregistrement effectué auprès de la caisse primaire d’assurance maladie, les consultations et soins ambulatoires suivent le circuit habituel. Les délais sont comparables à ceux d’un assuré relevant de la maladie française.
Il est conseillé de conserver systématiquement chaque justificatif de soins reçus, qu’ils soient effectués en Suisse ou en France, notamment pour les soins ambulatoires non urgents, les soins d’urgence ou les soins programmés. Une bonne organisation administrative facilite la prise en charge de vos soins et limite les risques de délai d’attente supplémentaire.