Protection sociale : embauche du premier salarié
87 % des entreprises françaises comptent moins de dix salariés. Dans ces petites structures, l’arrivée des premiers collaborateurs s’accompagne de nombreuses obligations pour l’employeur. Mutuelle obligatoire, retraite complémentaire, déclaration sociale nominative… Comment gérer l’embauche et la protection sociale de votre premier salarié ?
Modifié le 23 décembre 2025
Immatriculer votre salarié aux régimes de protection sociale
La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) est une déclaration unique regroupant de nombreuses formalités administratives. Elle doit être impérativement transmise à l’URSSAF dans les huit jours précédant la prise de fonction du premier salarié. Elle entraîne une affiliation automatique du salarié aux différents régimes de protection sociale.
La DPAE inclut à la fois :
- La déclaration de première embauche auprès du régime général de la Sécurité sociale et de l’assurance chômage.
- L’immatriculation du salarié à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).
- L’adhésion au service de santé au travail.
- La demande de visite d’information et de prévention. La visite d’information et de prévention est obligatoire pour tout nouveau salarié sauf si ce dernier a déjà effectué auparavant une visite médicale. Dans tous les cas, l’entreprise conserve l’obligation de déclarer l’embauche du salarié auprès du service de santé du travail, en vue de l’éventuelle visite médicale obligatoire.
- Le prérenseignement de votre déclaration annuelle des données sociales (DADS).
Le nouveau salarié doit également être affilié à son régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco. Cette formalité sera réalisée automatiquement au moment de votre première déclaration sociale nominative ou « DSN » (voir ci-dessous).
Souscrire une mutuelle d’entreprise obligatoire
L’embauche du premier salarié doit être accompagnée de la souscription d’une mutuelle d’entreprise. Tous les employeurs ont l’obligation de proposer une couverture santé complémentaire à leurs salariés depuis le 1er janvier 2016. Avant de signer un contrat, n’oubliez pas :
- De vous renseigner sur les éventuelles obligations prévues par la convention collective applicable à votre entreprise. En effet, certains accords collectifs imposent des garanties minimales ou des conditions particulières.
- De respecter le panier de soins minimal fixé par la réglementation. Par exemple, le contrat doit garantir aux salariés le remboursement intégral du ticket modérateur sur les actes pris en charge par la Sécurité sociale. Il prend aussi en charge le forfait journalier hospitalier ou un forfait de 100 € tous les deux ans pour les montures de lunettes.
- De comparer plusieurs contrats proposés par les organismes assureurs. Faites le point sur les garanties proposées, les cotisations, les modalités de prise en charge, les services annexes.
Lorsque la mise en place de la mutuelle d’entreprise s’effectue par une décision unilatérale de l’employeur (DUE), celle-ci devra être portée à la connaissance des salariés par voie d’affichage et de remise individuelle.
Le premier salarié, tout comme les suivants, a l’obligation d’adhérer à la mutuelle d’entreprise. Certains cas de dispense existent cependant :
- Le salarié est déjà couvert par la mutuelle d’entreprise de son conjoint.
- Il bénéficie de la complémentaire santé solidaire (CSS).
- Il travaille à temps partiel.
- Il est en CDD d’une durée inférieure à 3 mois.
- Il est apprenti.
Bon à savoir : Quid de la prévoyance collective ?
La prévoyance collective permet à vos salariés de se prémunir contre les risques liés à un arrêt de travail prolongé, une invalidité, un décès. Elle est obligatoire uniquement pour les cadres, au titre du risque décès, ou pour tous les salariés si votre convention collective l’impose. Vérifiez donc attentivement ce point !
Informer le nouveau salarié de sa protection sociale
En tant qu’employeur, vous avez la responsabilité d’informer le nouveau salarié sur plusieurs points clés. Cela inclut :
- L’éventuel accord collectif ou convention collective applicable à l’entreprise. Ces textes définissent les conditions générales de travail au sein de la structure. Ils encadrent les relations entre l’employeur et les salariés. Vous devez en remettre une copie au salarié au plus tard un mois après son embauche.
- Si votre entreprise propose déjà un dispositif d’épargne salariale, le fonctionnement de ce dernier doit être expliqué en détail au salarié. Un livret d’épargne salariale lui sera également remis. Ce dispositif permet aux salariés de se constituer une épargne en bénéficiant d’avantages fiscaux et sociaux.
- L’employeur doit fournir une notice d’information à destination des salariés bénéficiant de la complémentaire santé mise en place. Si l’entreprise a mis en place un régime de prévoyance collective, le salarié doit également recevoir un document présentant les garanties du contrat.
Réaliser la première déclaration sociale nominative
Parmi les formalités à accomplir figure aussi la réalisation de la déclaration sociale nominative (DSN). Cette démarche mensuelle dématérialisée centralise la transmission des informations relatives à la paie et aux cotisations sociales de vos salariés.
La DSN vous permet de communiquer de manière électronique et sécurisée :
- Les informations relatives à la paie du salarié, soit notamment le salaire brut, les cotisations salariales et patronales, les primes ou indemnités diverses.
- Les événements survenus sur la période de déclaration, comme les arrêts maladie, les accidents du travail, les congés maternité ou les départs de l’entreprise.
Pour réaliser la DSN, vous devrez vous appuyer sur un logiciel de paie compatible. Ce dernier se charge de collecter les données nécessaires, de les formater puis de les transmettre de manière sécurisée aux organismes sociaux.
Vous souhaitez un accompagnement expert pour mettre en œuvre la protection sociale de votre premier salarié ? Alptis vous aide à rédiger et éditer facilement la décision unilatérale de l’employeur (DUE). Découvrez également l’ensemble de nos garanties en complémentaire santé et prévoyance collective.
Sources de l’article : Protection sociale : embauche du premier salarié
- https://fr.statista.com/statistiques/513461/nombre-entreprises-par-nombre-salaries-france/
- https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F33754https://www.urssaf.fr/portail/home/employeur/employer-du-personnel/les-formalites-liees-a-lembauche.html
- https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F33754
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F20740
- https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F78
Questions fréquentes sur l’embauche du premier salarié
Lorsque l’on embauche un salarié pour la première fois, certaines formalités sont incontournables. Il faut débuter par la déclaration préalable à l’embauche (DPAE), à envoyer à l’Urssaf au plus tôt 8 jours avant l’arrivée du salarié, et impérativement avant sa prise de poste. Cette déclaration est une étape clé du service première embauche.
L’employeur doit également inscrire le nouveau salarié sur le registre unique du personnel et vérifier s’il doit passer une visite médicale d’embauche. En parallèle, il est indispensable de consulter la convention collective applicable, car elle peut imposer certaines obligations spécifiques dès le contrat de travail initial.
Même pour un contrat de courte durée, ces démarches sont obligatoires. Leur bon respect permet de sécuriser la procédure d’embauche et d’éviter tout litige futur.
Le contrat de travail du salarié doit obligatoirement faire l’objet d’un écrit lors de l’embauche. Le contrat à durée indéterminée (CDI) est la forme par défaut, idéale pour un besoin durable. À l’inverse, le contrat à durée déterminée (CDD) est limité à des cas précis (remplacement, surcroît d’activité, emploi saisonnier…).
Le contrat doit mentionner les éléments essentiels : intitulé du poste, durée du travail du salarié, rémunération, période d’essai, et clauses particulières comme la mobilité ou la non-concurrence. Dès la signature, le salarié doit pouvoir bénéficier de toutes les informations utiles concernant ses droits : couverture santé, régime de prévoyance, durée du travail…
La rédaction soignée du premier contrat est une garantie pour les deux parties, surtout si l’entreprise embauche son premier salarié.
Il existe plusieurs aides à l’embauche du premier salarié, qui varient selon la situation géographique, la taille de l’entreprise ou la nature du contrat. Certaines exonérations de charges s’appliquent dans les zones de revitalisation rurale (ZRR) ou les quartiers prioritaires (QPV). D’autres aides spécifiques peuvent être proposées par les conseils régionaux ou les chambres consulaires.
À noter également : selon les périodes, l’État peut relancer des dispositifs comme l’aide « Embauche PME ». Pour savoir si vous êtes éligible, il est conseillé de consulter les services de Pôle emploi, la DREETS ou directement votre espace en ligne sur urssaf.fr.
Ces aides permettent de sécuriser le recrutement d’un premier salarié, tout en maîtrisant le budget de l’entreprise.
Dès le début du contrat, l’employeur doit établir un bulletin de paie conforme. Ce document doit comporter toutes les mentions obligatoires : nombre d’heures, congés, rémunération brute et nette, taux de cotisations sociales…
La déclaration des cotisations s’effectue via la Déclaration Sociale Nominative (DSN), transmise chaque mois à l’administration. Le salarié est affilié au régime général de la Sécurité sociale, sauf s’il dépend d’un autre régime (ex : salarié agricole).
Pour simplifier ces démarches, l’employeur peut choisir de confier la gestion de la paie à un prestataire spécialisé. En tout état de cause, la paie est un aspect sensible à traiter avec rigueur dès la première embauche.
Lors de l’embauche, le salarié doit recevoir un contrat de travail écrit, ainsi qu’une notice d’information sur la mutuelle obligatoire et, si applicable, sur la prévoyance collective. Il doit aussi être informé des consignes de sécurité et des règles internes à l’entreprise.
L’accès à la convention collective, le cas échéant, doit être garanti. L’employeur doit également afficher certaines informations obligatoires : coordonnées de l’inspection du travail, horaires, numéros d’urgence, etc.
Ces documents et informations sont essentiels pour instaurer une relation de travail claire et conforme à la réglementation, dès l’arrivée du nouveau salarié.