« Il faut davantage bouger… et réussir à se poser »

Cardiologue spécialisé en psychocardiologie, président de l’Association Meditas Cardio (Mesures d’éducation thérapeutique appliquées au stress en cardiologie), le Dr Jean-Pierre Houppe est l’auteur de Prendre soin de son cœur, Éditions Dunod, 2015 (27 €).

Un travail très physique, sédentaire, pas de travail quel est le pire pour le cœur ?

Dr Jean-Pierre Houppe : Les trois sont mauvais ! La sédentarité évidemment. Mais le travail physique est mauvais aussi pour celui qui ne pratique pas d’activité physique en parallèle. Un patient agent de sécurité m’a raconté marcher 20 km/jour mais toujours en état de stress : les avantages pour sa santé étaient anéantis par ce contexte difficile. La surcharge de travail pose également un problème. On peut se croire adapté, mais travailler plus de 11 h/jour ou 55 h/ semaine crée un risque pour le cœur. L’inverse est tout aussi néfaste : la précarité augmente le stress et donc le risque d’infarctus. Beaucoup se plaignent de trop travailler, mais un arrêt brutal serait également déstabilisant.

Que proposer à ceux qui n’adhèrent pas aux pratiques de relaxation ?

Dr Jean-Pierre Houppe : Dans notre civilisation du stress, chacun multiplie les activités pour être toujours occupé, voire surmené, à tel point que les personnes ont du mal à se poser. On peut leur conseiller la marche en précisant que 3 km entrecoupés dans la journée ne sont pas suffisants : le bénéfice se trouve à partir de 20 minutes d’activité continue.

De bonnes méthodes et d’autres à bannir pour lutter contre le stress ?

Dr Jean-Pierre Houppe : Toutes les méthodes qui stoppent l’agitation permanente sont efficaces. Mais il n’y a pas de solution miracle puisque le stress est une réaction individuelle. À chacun sa méthode, le chemin peut être difficile. J’enseigne aux patients à savoir ne rien faire : être dans l’être et pas dans le faire. La fausse idée à combattre ? Croire que les méthodes de gestion de stress individuel vont tout régler. Si l’on est dans une entreprise qui prône le hard management (diriger par la pression), la méditation n’arrangera pas la situation. Il faut que l’entreprise soit partie prenante, qu’elle s’occupe du stress et de la souffrance au travail, et in fine du bonheur au travail. Or en France, on a du retard par rapport aux pays nordiques.


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